Derrière la Chambre de commerce et d'industrie de Saida, se cache le bâtiment du South BIC (Business Incubation Centre). Grand et presque vide. Karim Hammoud, directeur de cette nouvelle pépinière d'entreprises, affirme pourtant qu'elles sont nombreuses sur la liste d'attente. Inaugurée par le ministre de l'Économie et du Commerce, Mohammad Safadi, et l'ambassadeur de la Délégation de la Commission européenne, Patrick Laurent, cette structure d'aide aux petites et moyennes entreprises du Sud-Liban est la troisième du genre après le groupement spécialisé dans les technologies et l'industrie de la santé Berytech à Beyrouth et celui plus multisectoriel de Tripoli. Il est financé conjointement par le ministère de l'Économie et du Commerce, l'UE, la Fondation Hariri et la ville de Saïda. Son objectif : aider les sociétés naissantes à voler de leurs propres ailes en leur fournissant le gîte, et presque le couvert, à des tarifs défiant toute concurrence. Pour un loyer mensuel de 5 dollars le m2, le BIC fournit des locaux neufs, l'électricité en continu, le téléphone et Internet. Il n'en fallait pas plus pour convaincre Mohammad Habbal, directeur général de la société Comfort Products, de postuler, armé de son business plan. Il sera le premier à poser ses meubles dans les locaux du BIC, suivi peu après par le fabricant de pâtisserie orientale Bab Chahira. « Nous cherchions des locaux suffisamment grands et à la propreté irréprochable », explique M. Habbal, fabricant de couches pour nourrissons. Déjà exportateur régional, il compte bénéficier de l'installation pour atteindre les normes de qualité et d'hygiène requises par le marché européen. Formé sur le modèle éprouvé des groupements d'entreprises irlandaises, le centre fournit également une aide juridique et en marketing, et facilite les procédures d'emprunts bancaires. Tout cela pendant trois ans, afin de laisser la place aux nouveaux venus une fois l'activité devenue rentable. « À terme, nous souhaiterions accueillir un dizaine d'entreprises de tous les secteurs », affirme Karim Hammoud.
Agence pour l'emploi
Le BIC est de fait divisé en différents départements aussi variés que l'alimentaire ; l'artisanat avec des aides aux industries para-agricoles, les technologies, des formations en business et en informatique, et même une agence pour l'emploi. « Nous mettons gratuitement en relation les demandeurs d'emploi avec les entreprises de la région qui recrutent », explique Maya Hankir, coordinatrice de l'agence.
Depuis sa création en 2008 sous la coupe de la Chambre de commerce et d'industrie de Saïda, elle a permis l'embauche de plus de 40 personnes et dispose aujourd'hui d'un portefeuille de 200 entreprises. Encore modeste, cette pépinière d'entreprises est un signe engageant pour le ministre, qui souhaite que l'initiative fasse des émules dans le secteur privé. « Les Libanais ont l'esprit entrepreneur, en particulier les jeunes, observe Mohammad Safadi. Les centres tels que celui-ci donnent une réalité commerciale à leurs idées. Il faut maintenant que davantage de financements privés s'impliquent dans le développement local. » Le partenariat entre le ministère et la Commission européenne - qui finance le BIC de Saïda à hauteur de 700 000 euros - n'est néanmoins pas terminé, avec l'annonce de la création d'un quatrième centre dans la plaine de la Békaa. Ce projet fait presque oublier l'échec d'Agripole, pépinière du même type créée en juillet 2007 à Zahlé conjointement par l'AUB, l'ESIA-M et l'ONG al-Wafic. Des désaccords entre les partenaires avaient entraîné la fermeture de la structure l'année suivante. Les bilans des pépinières de Beyrouth et Tripoli sont, eux, plutôt encourageants. Berytech, ouvert en avril 2007, a plus de 150 créations d'emplois et la formation de 100 entrepreneurs à son actif. « Nous soutenons les niches industrielles à forte compétitivité, telles que la mécanique de précision ou l'informatique », explique Patrick Laurent. Avec pour objectif d'équilibrer la forte domination des services financiers dans l'économie libanaise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Derrière la Chambre de commerce et d'industrie de Saida, se cache le bâtiment du South BIC (Business Incubation Centre). Grand et presque vide. Karim Hammoud, directeur de cette nouvelle pépinière d'entreprises, affirme pourtant qu'elles sont nombreuses sur la liste d'attente. Inaugurée par le ministre de l'Économie et du Commerce, Mohammad Safadi, et l'ambassadeur de la Délégation de la Commission européenne, Patrick Laurent, cette structure d'aide aux petites et moyennes entreprises du Sud-Liban est la troisième du genre après le groupement spécialisé dans les technologies et l'industrie de la santé Berytech à Beyrouth et celui plus multisectoriel de Tripoli. Il est financé conjointement par le ministère de...