Après un intermède à l'ESCP EAP à Paris pendant près d'un an et demi comme directeur adjoint, Stephan Attali est de retour au Liban pour participer, comme il le dit, « au développement stratégique de l'ESA ». Il a un contrat renouvelable qui ne devrait toutefois pas excéder cinq ans. Le président de la Chambre de commerce de Paris (CCP) lui a confié une lettre de mission bien définie qui a été rédigée avec les partenaires de l'ESA, à savoir l'ambassadeur de France à Beyrouth et le gouverneur de la Banque centrale.
Une première échéance de sa mission libanaise : un plan d'orientation stratégique de l'ESA pour les dix prochaines années à remettre en mars au conseil de surveillance de l'École. Son objectif premier est de faire de l'ESA un pôle académique régional et de développer cet outil au service du Liban pour attirer les étudiants arabes vers ce pays. Il mise sur la différenciation de l'ESA dans un paysage universitaire foisonnant. « La force de l'École tient dans ses valeurs, dans le message qu'elle délivre et surtout dans cet enseignement innovant grâce à l'expertise qui nous vient de l'extérieur à travers un corps professoral relevant de nos partenaires académiques tels HEC et l'ESCP EAP », a-t-il dit, ajoutant que la mission de l'ESA est de permettre aux Libanais d'avoir accès à ces experts internationaux du plus haut niveau.
Lancée, il y a douze ans, avec un seul programme de formation, l'ESA présente aujourd'hui un panorama relativement complet de six formations, fait-il valoir.
Dernière réalisation en date, la création d'un mastère en finance islamique (XIFM) en coopération avec Rotterdam School of Management. Ce diplôme est le premier en son genre dans la région. « Implantée dans un pays émergent, l'ESA se devait de s'intéresser à ce qu'on appelle aujourd'hui la finance alternative et de comprendre comment sont en train d'évoluer les formes nouvelles de conception du capitalisme », souligne-t-il
À la question de savoir si l'accès à l'ESA restera limité aux seuls étudiants francophones, le directeur général de l'École affirme qu'une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour faciliter l'accès aux personnes qui ne maîtrisent pas le français a déjà été entamée, rappelant en revanche que les cours de mastère en finance islamique sont donnés en langue anglaise.
S'appuyant sur son expérience professionnelle, Stephan Attali parle du Liban comme un cas unique dans la région au niveau des compétences de ses ressources humaines.
« Ce n'est pas un hasard que le Liban a toujours investi dans la formation académique », dit-il.

