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Actualités - OPINION

Apparitions: qu’en pense l’Église? Père Simon BTEICHE

Sur le principe, l’Église admet tout à fait que la Mère de Dieu (ou d’autres saints) puisse se manifester aux hommes et leur délivrer un message. Elle est disposée à en tenir compte avec son sens. Mais elle pense aussi que toutes les apparitions ne sont pas vraies, soit qu’il y ait illusion individuelle ou collective, soit qu’il y ait intervention du mauvais. Dès lors se pose le problème des critères de reconnaissance des apparitions. Éclairée par l’Esprit-Saint Quand on aborde les critères de reconnaissance des apparitions, il faut toujours se souvenir en premier lieu qu’une apparition, même reconnue, n’est jamais un dogme de foi. On peut avoir la foi catholique et ne pas croire aux apparitions de Lourdes, de Medjugorje, de Bichwet, de Fatima… elles n’ont pas à être mises sur le même plan qu’un dogme. Le pape Benoît XIV (1740-1758), dont la parole a toujours fait autorité en ce domaine, explique: «Il faut savoir que l’approbation donnée par l’Église à une révélation privée n’est pas autre chose que la permission accordée, après un examen attentif, de faire connaître cette révélation pour l’instruction et le bien des fidèles. À de telles révélations, même approuvées par l’Église, on ne doit pas accorder un assentiment de foi catholique (c’est-à-dire les croire comme on croit les dogmes): il faut seulement, selon les lois de la prudence, leur donner l’assentiment de la croyance humaine pour autant que de telles révélations soient probables et “croyables” pour la piété.» Le pape Pie X (1903-1914) expliquait que l’Église ne se portait jamais «garante de la vérité du fait». Simplement, elle n’empêche pas de croire des choses qui semblent vraies, après études sérieuses. Elle peut même favoriser et en tenir compte sérieusement dans sa pastorale. Mais il y a la foi de l’Église, qui est quelque chose d’absolument unique, et la foi dans les révélations privées, qui est quelque chose de respectable, de non critiquable, mais qui ne se situe pas sur le même plan. Pour autant, si l’Église s’engage sur une apparition, même si elle ne met pas en cause son infaillibilité sur ce terrain, ce n’est pas non plus par hasard. On doit croire que l’Esprit-Saint guide l’Église dans son gouvernement, spécialement en ce domaine, et on doit au moins le respect à ce qu’elle dit. L’approuver dans son cœur, quand on aime l’Église, n’est pas une attitude étrange ni anormale. Les choses sont plus complexes qu’on ne le croit d’habitude. Il faut être attentif à ce que dit réellement l’Église. Pour résumer, on pourrait dire qu’il y a des apparitions solennellement reconnues, des apparitions reconnues indirectement, des lieux d’apparition sans reconnaissance en tant que telle, mais avec un accueil pastoral, des lieux pour lesquels il y a eu des mises en garde, mais où il y a quand même un accueil pastoral, des lieux où il y a eu des mises en garde nettes sans accueil pastoral ; enfin des apparitions déclarées fausses. Cela montre tout le soin et le désir de précision qui animent l’Église, et la confiance qu’on peut lui faire en ce domaine. Père Simon BTEICHE Article paru le Vendredi 20 Avril 2007
Sur le principe, l’Église admet tout à fait que la Mère de Dieu (ou d’autres saints) puisse se manifester aux hommes et leur délivrer un message. Elle est disposée à en tenir compte avec son sens. Mais elle pense aussi que toutes les apparitions ne sont pas vraies, soit qu’il y ait illusion individuelle ou collective, soit qu’il y ait intervention du mauvais. Dès lors se pose le...