On ne sort pas beaucoup, dans la petite enfance. Pas assez. Les trois ou quatre premières années de la vie, L’univers se déroule au raz des tapis, sème des paillettes à l’aube, par le jour des volets, longe les rideaux interminables, s’enfouit dans le velours des canapés, se parfume de talc, vanille le plastique, pique les yeux à l’heure du bain, interroge les ballons, révèle le goût métallique des petites voitures et dévoile dans les livres les sortilèges des images. Un jour ou l’autre les mères, lasses des placards encombrés, viennent d’un pas ferme vous balayer tout ça. Grandir, c’est se détacher. Longs mois de cauchemars à se demander ce qui est advenu de la poupée unijambiste et du pauvre nounours borgne, et du camion sans roues qui traçait sa route en labourant le parquet. De ce naufrage qui...
Actualités - Opinion
Impression Sous-bois
Par ABOUDIB FIFI, le 04 novembre 2006 à 00h00
On ne sort pas beaucoup, dans la petite enfance. Pas assez. Les trois ou quatre premières années de la vie, L’univers se déroule au raz des tapis, sème des paillettes à l’aube, par le jour des volets, longe les rideaux interminables, s’enfouit dans le velours des canapés, se parfume de talc, vanille le plastique, pique les yeux à l’heure du bain, interroge les ballons, révèle le goût métallique des petites voitures et dévoile dans les livres les sortilèges des images. Un jour ou l’autre les mères, lasses des placards encombrés, viennent d’un pas ferme vous balayer tout ça. Grandir, c’est se détacher. Longs mois de cauchemars à se demander ce qui est advenu de la poupée unijambiste et du pauvre nounours borgne, et du camion sans roues qui traçait sa route en labourant le parquet. De ce naufrage qui...


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