Pour le parfum du jasmin qui nous surprend au tournant d’une rue,
Pour le bol de gardénias au salon annonçant le printemps,
Pour les cerises noires qui nous laissent la langue toute rouge,
Pour les amandes qu’on plonge dans le sel avant des les croquer encore vertes,
Pour la musique du chant du muezzin à la lueur du
crépuscule,
Pour le coucher du soleil sur les ruines d’une citadelle,
Pour le baiser échangé sur un port de pêcheurs,
Pour la fraîcheur d’un poisson, presque encore frétillant, accompagnant le mezzé,
Pour l’odeur de la pastèque après la sieste et celle des concombres pelés à l’heure du kess,
Pour le zaatar de la mankouché du fern de quartier,
Pour les volutes de narguilé entre les joggeurs et les promeneurs d’un bord de mer,
Pour la capsule de la bouteille de Pepsi avec laquelle on a joué enfant,
Pour les pignons que l’on fracassait avec une grosse pierre pour les manger,
Pour la procession d’enfants endimanchés le jour des Rameaux, tout fiers de leur bougie enguirlandée,
Pour les klaxons assourdissants, annonçant le cortège de la
mariée,
Pour les chalutiers qui forment, la nuit, une guirlande de lumière sur la mer,
Pour les dfadalo, mabrouk, naïman, intraduisibles dans une autre langue,
Pour les pique-niques sous un cèdre centenaire,
Pour le taboulé qui nous laisse un brin de persil entre les dents,
Pour le miel de nos montagnes avec la achta,
Pour que vive le Liban que
j’aime,
J’ai choisi d’y rester. J’ai choisi d’y croire. J’ai choisi d’y vivre.
Pas demain quand tout ira mieux.
Mais dès aujourd’hui.
Tatiana KHLAT
Pour le parfum du jasmin qui nous surprend au tournant d’une rue,
Pour le bol de gardénias au salon annonçant le printemps,
Pour les cerises noires qui nous laissent la langue toute rouge,
Pour les amandes qu’on plonge dans le sel avant des les croquer encore vertes,
Pour la musique du chant du muezzin à la lueur du
crépuscule,
Pour le coucher du soleil sur les ruines d’une citadelle,
Pour le baiser échangé sur un port de pêcheurs,
Pour la fraîcheur d’un poisson, presque encore frétillant, accompagnant le mezzé,
Pour l’odeur de la pastèque après la sieste et celle des concombres pelés à l’heure du kess,
Pour le zaatar de la mankouché du fern de quartier,
Pour les volutes de narguilé entre les joggeurs et les promeneurs d’un bord de mer,
Pour la capsule de la bouteille de Pepsi avec laquelle on...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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