Rechercher
Rechercher

Actualités - OPINION

Vie politique - Tentatives en cours pour dresser une liste restrictive de candidats La présidentielle, priorité absolue pour l’opposition chrétienne

L’échéance présidentielle de l’automne prochain est une priorité absolue pour l’opposition chrétienne, et tout particulièrement pour les Assises de Kornet Chehwane, qui y voient naturellement une étape décisive pour un changement radical au niveau du pouvoir. C’est apparemment en raison de cette relative proximité du scrutin et de l’impératif de prudence qu’il impose que les Assises se sont abstenues, lors de leur dernière réunion, d’avaliser les positions en flèche adoptées par le récent congrès du Mouvement de réforme des Kataëb, un courant que dirige l’ancien président Amine Gemayel, membre éminent de Kornet Chehwane, sur l’ensemble des questions intéressant l’opposition, à commencer par la tutelle syrienne sur le Liban. Il semble, à ce propos, que KC soit partagé en deux opinions : l’une considère que les points soulevés par les partisans de M. Gemayel expriment fidèlement les orientations du rassemblement tout entier et qu’ils devraient par conséquent être avalisés. L’autre, sans être nécessairement en désaccord avec ce point de vue sur le fond, estime que le timing n’est pas propice à l’ouverture de plusieurs fronts à la fois, la priorité devant être précisément accordée aux préparatifs en vue de l’élection présidentielle. Tous les efforts, considèrent les tenants de cette deuxième tendance, devraient tendre en direction de cette échéance et rien ne doit être fait pour les entraver. À leurs yeux, il est par exemple illusoire d’espérer un quelconque changement au niveau des relations libano-syriennes pendant les quelques mois qui restent du mandat actuel. Soulever à l’heure actuelle cette question n’est donc que perte de temps. En revanche, c’est avec l’avènement d’un nouveau mandat qu’il sera possible d’envisager l’établissement de fondements meilleurs pour des relations plus équilibrées entre Beyrouth et Damas et aussi pour redéfinir une position vis-à-vis du rôle du Hezbollah au Liban-Sud, au vu des développements du processus de paix. Cette tendance prudente a donc prévalu à la réunion de KC, comme le démontre le communiqué final, qui met l’accent sur la nécessité de se lancer entièrement dans la bataille électorale, d’abord en prévision des municipales, prévues normalement au printemps prochain, puis surtout de la présidentielle. Lors de leur prochaine rencontre, les membres de Kornet Chehwane vont d’ailleurs examiner plus avant leur participation aux municipales et étudier les possibilités de présenter des listes unifiées dans certaines villes et localités du pays et, éventuellement, les alliances qu’il conviendra de contracter. Mais pour KC, les municipales ne sont que le hors-d’œuvre, la présidentielle étant le plat de résistance. L’enjeu en est aussi simple que vital : soit on s’inscrira dans la continuité, avec toutes les déceptions que l’on suppose, soit on verra accéder à la présidence un homme qui sera capable de tourner la page, notamment en mettant sur pied le grand chantier de la réconciliation nationale. On apprend, à ce sujet, que des contacts sont en cours entre un certain nombre d’hommes politiques et de pôles d’influence afin de se mettre d’accord sur une liste plus ou moins restrictive de noms de candidats à la présidence de la République. Pour les parties concernées, ces candidats devront avoir les qualités qui leur permettraient de rétablir le Liban dans sa dignité, sa souveraineté et sa prospérité. Certes, ceux qui cherchent à établir cette liste savent très bien le poids que l’électeur régional et même international jouera en fin de compte dans le choix du nouveau chef de l’État. Mais ils savent aussi qu’une vaste entente sur une liste de noms pourrait contraindre l’électeur étranger à se concentrer sur cette liste et à s’abstenir de désigner un outsider de « seconde zone », incapable de mener à bien l’entreprise de sauvetage nécessaire. Les parties concernées reconnaissent que l’électeur régional et international a toujours eu le mot de la fin dans les scrutins présidentiels au Liban et qu’il ne s’agit nullement d’une nouveauté de la République de Taëf. Mais il existe néanmoins une différence de taille, souligne-t-on : tant à l’époque du Mandat français que sous le régime de l’indépendance, le choix se portait toujours en dernier ressort sur un membre de l’élite politique. Ce n’était plus le cas au cours des dernières années, tout simplement parce que l’élite est, de manière générale, de nature plutôt insoumise. Aujourd’hui, la question est donc de savoir dans quelle mesure l’électeur extérieur verrait d’un bon œil l’installation à Baabda d’un président qui, sans lui être hostile, ne lui serait pas non plus acquis en toutes circonstances. Émile KHOURY

L’échéance présidentielle de l’automne prochain est une priorité absolue pour l’opposition chrétienne, et tout particulièrement pour les Assises de Kornet Chehwane, qui y voient naturellement une étape décisive pour un changement radical au niveau du pouvoir.
C’est apparemment en raison de cette relative proximité du scrutin et de l’impératif de prudence qu’il impose que...