Une série télévisée algérienne, diffusée durant le mois de Ramadan, a remporté un grand succès populaire soulevant toutefois une vive polémique en raison de scènes jugées «immorales» et «impudiques», dans un pays fortement marqué par l’intégrisme islamique. La presse algérienne s’est fait l’écho du mécontentement de téléspectateurs, choqués par l’histoire du film : Chafika, une jeune femme d’origine modeste, tombe amoureuse de Salim, issu d’une famille riche, avant de sombrer dans la drogue et la prostitution. Les habitants d’Oran, la capitale de l’ouest algérien, ont dénoncé l’image donnée de leur ville, où se passent les scènes de drogue et de prostitution, qui en font, selon eux, le «sanctuaire» de ces deux maux. La très sérieuse et austère radio d’État s’en est même mêlée, n’hésitant pas à affirmer que les Oranais étaient très en colère contre l’image et la réputation de leur ville véhiculées par le film. Des députés ont été jusqu’à réclamer une réunion du Parlement pour interdire la série. Celle-ci a connu un véritable succès, et «convaincu par sa liberté de ton, de la profondeur des misères sociales décrites», selon la presse qui y a trouvé cependant certaines scènes «vulgaires» et le jeu de certains acteurs «caricatural». Cette «vulgarité» aurait été ressentie dans des répliques au ton un peu vert et lors de séquences montrant des femmes et des hommes consommant ensemble de l’alcool et de la drogue dans un appartement d’Oran. Identification Ces scènes «torrides» ont été immédiatement assimilées par certains à des orgies. Des milieux islamistes y ont vu «un appel à la débauche», un «comportement indécent et inacceptable», lorsque Chafika s’enfuit de chez elle pour suivre son amoureux ou le rencontrer en tête-à-tête dans un café ou un hôtel. Mais la série a été accueillie avec un engouement sans précédent par les femmes et les jeunes filles qui, à chaque début de soirée, achevaient à la hâte leurs tâches ménagères pour suivre la série diffusée après le «f’tour» (rupture du jeûne de Ramadan). Des spécialistes ont expliqué cette ferveur par l’identification des femmes à Chafika, qui a personnifié le sort de milliers d’Algériennes, considérées comme des mineures quel que soit leur âge et obligées de subir le diktat des hommes de la famille. Chafika, l’aînée, se voit interdire par son frère Ahmed, son cadet de plusieurs années, de voir Salim. Il la passe à tabac, jusqu’à la plonger dans le coma, lorsqu’il la surprend avec son amant. La condition féminine en Algérie est ainsi vigoureusement dénoncée. Le film a séduit malgré des scènes de violence où Chafika est, en particulier, brûlée à l’aide de cigarettes par celui qui la force à se prostituer et à se droguer. Cette histoire est tirée de faits réels, retraçant la vie à Alger de Chafika, d’origine modeste, et de Salim, jeune veuf d’une famille aisée. Une idylle naît de leur rencontre. Chafika part de chez elle avec Salim, mais un contretemps la fait tomber entre les mains de Boualem, proxénète et trafiquant de drogue qui l’emmène à Oran. La série se termine brutalement, après des retrouvailles entre les deux amoureux. Djamila Arras, la scénariste, a promis qu’il y aurait une suite, ardemment souhaitée par les téléspectatrices impatientes de connaître le sort de leur nouvelle idole.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une série télévisée algérienne, diffusée durant le mois de Ramadan, a remporté un grand succès populaire soulevant toutefois une vive polémique en raison de scènes jugées «immorales» et «impudiques», dans un pays fortement marqué par l’intégrisme islamique. La presse algérienne s’est fait l’écho du mécontentement de téléspectateurs, choqués par l’histoire du film : Chafika, une jeune femme d’origine modeste, tombe amoureuse de Salim, issu d’une famille riche, avant de sombrer dans la drogue et la prostitution. Les habitants d’Oran, la capitale de l’ouest algérien, ont dénoncé l’image donnée de leur ville, où se passent les scènes de drogue et de prostitution, qui en font, selon eux, le «sanctuaire» de ces deux maux. La très sérieuse et austère radio d’État s’en est même mêlée,...