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Actualités - CHRONOLOGIE

LECTURE Pour le Dr Georges Zreik, l’important c’est « La Rose des vents »(photo)

La terre, sa mondialisation et la perspective d’un futur standardisé lui ont donné le vertige. Pressentant de quoi sera probablement fait demain, il s’y est plongé d’avance en se réservant une plage encore personnalisée, humanisée et proche de la nature. Son nom, Georges Zreik, (51 ans), chirurgien libanais, né et vivant en Côte d’Ivoire, qui vient de publier à Abidjan un premier roman intitulé La Rose des vents où il est présenté comme un mèdecin, «passionné de la vie à laquelle il dédie ce premier ouvrage». Ce titre sera en librairie à Beyrouth au cours de cette semaine. Un ouvrage original et prenant qui révèle une plume trempée tantôt dans l’encre de la rigueur scientifique, tantôt dans celle toute en images et sensibilité de la poésie. Et l’auteur propose avec bonheur un voyage dans le temps. Non pas passé mais à venir. Son histoire, qu’il situe entre 2061 après J-C et 32 O87, a pour scène deux continents. L’un, où l’on a mis au point une machine bien huilée pour contrôler les êtres et les choses, s’appelle « le plat pays» et l’autre, où l’on vit encore au rythme de la nature, qui a pour nom « le pays rond ». La ville de «Cramoisia», centre nerveux du premier, utilise toute son énergie, son savoir et sa technologie pour avoir la situation (politique, économique, sociale et culturelle) bien en main. Les maîtres implacables de ce monde se présentent ainsi «à partir de nos analyses, nous pourrons appréhender la logique ou les valeurs d’un homme ; nous pourrons déceler et anticiper la plupart des événements. Notre “ Ordre ” les accompagnera dès leurs premiers balbutiements et pourra les guider dans une totale discrétion : il laissera “ le temps au temps de rendre ces événements naturels et spontanés dans leur survenue et leur enchaînement ”». Une fleur défie la mondialisation Sous d’autres cieux, plus cléments et plus humains, et plus précisément en pays de «Zade», et où le hasard n’est pas banni, un jeune botaniste, amoureux fou de la vie, découvre, au gré d’une promenade, une rose qui, à sa grande surprise, produit sur toute personne qui en coupe la tige un effet jusque-là inconnu : elle la submerge d’enthousiasme et lui communique un élan exceptionnel. Son effet étant à l’origine fugace, le botaniste nommé F.K. arrive après moult recherches, greffes et boutures à stabiliser cet effet si bénéfique. Sa découverte fait sensation partout sauf en «Cramoisia» où une fois implantée, elle perd toute sa magie. Elle constitue ainsi un défi à cette ville qui se veut superpuissance, car elle échappe à ses calculs et autres manipulations sophistiquées. Voilà qu’une frêle rose, «blanche à faire pâlir la pureté et resplendissante à faire ternir la beauté», vient menacer l’ordre établi. Il ne restait plus à «Cramoisia» qu’à partir en guerre contre la fleur, son environnement exempté de toute contrainte et son créateur, un esprit libre. Une guerre économique qui déclare La rose des vents une drogue, imposant des contraintes à son implantation et limitant sa diffusion. F.K. qui avait semé l’amour et qui voulait le partager avec le monde entier voit soudain surgir haine, malentendus et déstabilisation. Il se jette alors dans une bataille pour la paix. Mais en vain, car ce n’est pas de cet œil altruiste que la mondialisation envisage l’élimination des frontières. Et pourtant, il avait voulu faire partager à tous les êtres, et sans condition aucune sa merveilleuse aventure.Toute sa philosophie et celle de sa communauté se référaient à l’un de leurs auteurs préférés qui s’exprimait ainsi : «Vos enfants ne sont pas vos enfants». «Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas». Le Dr Zreik qui vit sur le continent africain a retenu la leçon de l’auteur de cette pensée, Gibran Khalil Gibran. Peut-être aussi, rêve-t-il, comme son héros F.K., d’un coin de paradis qui serait son pays d’origine et qui serait peuplé de «grandes âmes». En attendant, sa Rose des vents lui a valu le prix Bernard Dadié, décerné par le jury du troisième Salon international du livre d’Abidjan. I.M.
La terre, sa mondialisation et la perspective d’un futur standardisé lui ont donné le vertige. Pressentant de quoi sera probablement fait demain, il s’y est plongé d’avance en se réservant une plage encore personnalisée, humanisée et proche de la nature. Son nom, Georges Zreik, (51 ans), chirurgien libanais, né et vivant en Côte d’Ivoire, qui vient de publier à Abidjan un...