On sait déjà – mais il est bon d’y insister – qu’un hommage/rétrospective au cinéaste Jean-Paul Rappeneau est en cours (compte tenu des congés de fin d’année) au Ciné-club du Centre culturel français. Le cycle a débuté avec quatre films de Rappeneau (y compris, le 9 janvier, le très beau «Hussard sur le toit») et se poursuivra avec une «Carte blanche» au metteur en scène, qui permettra de voir trois films «coups de cœur» lui ayant donné «envie de devenir cinéaste». Nous utilisons ci-après de larges extraits de l’excellent dossier présenté par la Mission culturelle française. En remarciant tout spécialement Nayla Abi-Karam, du CCF. Un cinéaste inspiré l Dominique Païni, directeur de la Cinémathèque française de Paris, a présenté Jean-Paul Rappeneau comme suit: «Il n’y a pas de doute, Rappeneau aime les acteurs. Mais il ne les aime pas sans lucidité. Rappeneau a l’œil perçant d’un véritable amateur... C’est lorsque Deneuve, Adjani et Montand étaient au maximum de leur rapidité – corps et diction – qu’il les a utilisés au mieux de l’emballement de son style, qui emporte tout sur son passage... Les films de Rappeneau ne relèvent donc pas d’une vague vitesse, mais d’une rapidité délibérée... On le dit timide. Je le définirai également comme un “paisible contrarié” mais qui aime, au fond, forcer sa nature... Le cinéaste est irrésistiblement attiré par la turbulence et le tourbillon dont il se plaît à faire oublier les raisons : ainsi Rappeneau est à part dans le cinéma français». l À titre personnel – pour l’avoir rencontré au Festival de San Sebastian, en Espagne, et à Beyrouth – j’ajouterai que Rappeneau est un homme courtois, à l’accueil amical, et qu’il parle de ses films avec l’esprit et l’intelligence que révèle une œuvre originale et extrêmement attachante. En vérité, d’autres cinéastes de son talent et de sa sensibilité ne feraient pas de mal au cinéma français ! Le programme l Mercredi 9 janvier 2002, Le hussard sur le toit (95), avec Olivier Martinez, François Cluzet, Jean Yanne, Pierre Arditi, Gérard Depardieu et Juliette Binoche. D’après le superbe roman de Jean Giono, une envolée lyrique vers l’aventure, les malheurs de la guerre, et aussi les mystères amoureux et autres. Un film important, qui témoigne – magnifiquement – d’une ambition rare dans le cinéma de l’Hexagone. l Et maintenant, la Carte blanche au cinéaste. Mecredi 16, Rue de l’estrapade (52), un film de Jacques Becker, avec Daniel Gélin, Anne Vernon, Louis Jourdan et Jean Servais. A priori, le scénario n’a rien d’original : une histoire de couple, une tentation d’adultère avorté (chez l’épouse trompée). Mais Jacques Becker savait filmer, mieux que personne, la vérité intime des êtres. Comme le dit un des personnages du film, «l’amour est grave, on s’en amuse pourtant mais sans jamais le dégrader». Selon la morale de l’époque... l Mercredi 23, Madame de... (53), un film de Max Ophuls, avec Danielle Darrieux, Charles Boyer et Vittorio de Sica. Cette fois, le film est célèbre (il le reste), un des plus réputés de Max Ophuls. Roman de Louise de Vilmorin, scénario et dialogues de Marcel Achard... et quelle interprétation ! Une histoire de malentendus, de faux-semblant amoureux, le tout filmé avec une élégance raffinée. Un régal. l Mercredi 30, Le feu follet (63), un film de Louis Malle, avec Maurice Ronet, Jeanne Moreau, Alexandra Stewart. On connaît le film, souvent montré à Beyrouth. Témoignage rigoureux d’un désespoir sans issue, miroir d’une époque perdue (comme tant d’autres). D’après le roman de Drieu La Rochelle. Dossier établi par G.-P.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On sait déjà – mais il est bon d’y insister – qu’un hommage/rétrospective au cinéaste Jean-Paul Rappeneau est en cours (compte tenu des congés de fin d’année) au Ciné-club du Centre culturel français. Le cycle a débuté avec quatre films de Rappeneau (y compris, le 9 janvier, le très beau «Hussard sur le toit») et se poursuivra avec une «Carte blanche» au metteur en scène, qui permettra de voir trois films «coups de cœur» lui ayant donné «envie de devenir cinéaste». Nous utilisons ci-après de larges extraits de l’excellent dossier présenté par la Mission culturelle française. En remarciant tout spécialement Nayla Abi-Karam, du CCF. Un cinéaste inspiré l Dominique Païni, directeur de la Cinémathèque française de Paris, a présenté Jean-Paul Rappeneau comme suit: «Il n’y a pas de doute,...