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Actualités - Chronologie

L'ancien dictateur a dirigé le pays d'une main de fer, jusqu'à sa mort en 1985 L'épouse d'enver Hoxha témoigne : je suis bouleversée

TIRANA, 7 Avril (AFP). — La veuve de l’ancien dictateur albanais Enver Hoxha, Nexhmije, a été témoin de la révolte et du chaos en Albanie, dont elle a pu observer des démonstrations à proximité du modeste logement où elle vit depuis sa libération de prison en janvier.
Tout près de son petit immeuble à l’aspect misérable, il y a seulement trois semaines, les pillards attaquaient bâtiments et envahissaient entrepôts de céréales. Dimanche, on entendait encore des tirs d’armes volées dans des dépôts militaires tout proches, éléments-clés d’une armée de partisans hier bâtie à grands frais par Hoxha en vue de se protéger d’ennemis imaginaires qui ne sont jamais venus.
«Je suis bouleversée par ce qui s’est passé ici», déclare Mme Hoxha, aujourd’hui âgée de 77 ans, depuis le seuil de son appartement, une catégorie de logement où vivent la plupart des Albanais pour quelque 40 dollars par mois.
Nexhmije Hoxha, vêtue d’une simple robe d’intérieur au motif floral coloré, s’excuse de sa tenue et tend une main ferme à son visiteur. Malgré son nouvel environnement, cette femme grande et belle, hier adulée par la nation toute entière, paraît imperturbable.
Au moins, ironise-t-elle, cela vaut mieux que la cellule occupée pendant plus de cinq ans dans la prison principale de Tirana.
Condamnée à onze ans de prison pour abus de pouvoir et détournement de fonds publics, dans ce qui constituait le premier grand procès intenté à un ancien dignitaire après la chute du communisme en Albanie en 1992, elle avait été libérée en janvier dernier.

Vrais patriotes

Interrogée sur ce que son mari, qui dirigea cet Etat d’une poigne de fer jusqu’à sa mort en 1985, aurait pensé de la situation actuelle, elle hésite: «Je ne pourrais pas répondre à sa place». «Il était un véritable homme politique. Il aurait su exactement quoi faire. C’était un homme très déterminé», répond-elle soudain avec émotion.
Sous le régime plus modéré de son successeur, Ramiz Alia, Nexhmije et sa famille ont bénéficié d’un statut et d’un niveau de vie privilégiés, vivant dans une grande villa du centre de Tirana jusqu’en 1991.
Le régime communiste finalement s’effondra en 1992 avec la victoire aux deuxièmes élections multipartites du pays du Parti démocratique du président Sali Berisha, qui introduisit réformes économiques et privatisations.
C’est pourtant l’avènement d’un capitalisme effréné qui a conduit à l’insurrection, en particulier dans le sud du pays.
Une rébellion que soutient Mme Hoxha: «Les gens dans le sud sont de vrais patriotes. Ils sont de véritables démocrates», assure-t-elle.
Comme tant d’autres, elle rend M. Berisha responsable de la crise actuelle puis son gouvernement a permis le développement de sociétés financières promettant aux épargnants des taux d’intérêt élevés, malgré les mises en garde de conseillers financiers internationaux.
TIRANA, 7 Avril (AFP). — La veuve de l’ancien dictateur albanais Enver Hoxha, Nexhmije, a été témoin de la révolte et du chaos en Albanie, dont elle a pu observer des démonstrations à proximité du modeste logement où elle vit depuis sa libération de prison en janvier.Tout près de son petit immeuble à l’aspect misérable, il y a seulement trois semaines, les pillards attaquaient bâtiments et envahissaient entrepôts de céréales. Dimanche, on entendait encore des tirs d’armes volées dans des dépôts militaires tout proches, éléments-clés d’une armée de partisans hier bâtie à grands frais par Hoxha en vue de se protéger d’ennemis imaginaires qui ne sont jamais venus.«Je suis bouleversée par ce qui s’est passé ici», déclare Mme Hoxha, aujourd’hui âgée de 77 ans, depuis le seuil de son...