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Le piratage de jeux vidéo relancé par une vague d’émulateurs et de jailbreaks

La hausse des prix ou encore le tollé provoqué par un argumentaire de Sony concernant la propriété des jeux achetés alimentent la sympathie d’une partie des joueurs pour les hackers.

Le piratage de jeux vidéo relancé par une vague d’émulateurs et de jailbreaks

Une console de jeu Nintendo Switch 2 sur un bureau. Photo d’illustration retouchée Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour

Depuis fin septembre, l’actualité du jeu vidéo est rythmée par les annonces de nouveaux émulateurs et de jailbreaks.

Pour les non-initiés, un émulateur est un logiciel qui reproduit le fonctionnement d’une console sur un autre appareil (console d’une autre marque, ordinateur, etc.). Un jailbreak est une méthode qui contourne les protections logicielles d’un appareil pour y exécuter des programmes non autorisés par son fabricant. Il peut donc servir à faire tourner un émulateur sur une console qui ne le permet pas normalement.

Leur légalité dépend des pays et des usages : l’émulation en soi n’est pas illégale, mais le contournement des protections techniques ou l’utilisation de copies non autorisées de jeux – vendues moins cher ou distribuées gratuitement – peuvent l’être. Ces outils sont aussi exploités par ceux qui cherchent à contourner les restrictions de l’industrie pour pirater des jeux.

Le 29 septembre, un jailbreak baptisé Relapse a été publié. Selon le média spécialisé Tom’s Hardware, il est compatible avec les PlayStation 5 (PS5 Pro comprise) fonctionnant sous des versions du logiciel système comprises entre 7.00 et 13.60. Les consoles mises à jour vers des versions plus récentes en sont exclues.

Le 5 octobre, Tom’s Hardware a aussi rapporté la sortie de XPSemu, un portage de Xemu, un émulateur de la première Xbox, pour PS5 jailbreakée. Les premiers tests ont notamment montré Halo 2, jeu phare de la Xbox, avec une animation très fluide (sur un émulateur, la qualité du jeu peut généralement être dégradée, NDLR). Ces démonstrations ont largement circulé sur les réseaux sociaux.

Le 14 octobre, le même média a signalé le retrait d’Overdrive, une boutique non officielle proposant plus de 1 600 jeux PS4 et PS5 en téléchargement gratuit sur des consoles jailbreakées. Des copies sont rapidement réapparues sur GitHub, une plateforme qui héberge et partage du code et permet de reprendre des projets existants pour les modifier ou les remettre en circulation.

Le 16 octobre, selon Windows Central, un portage d’Eden, un émulateur de la première Nintendo Switch, a été montré sur Xbox Series X, avec des vidéos de Super Mario Odyssey et de Super Mario Bros. Wonder. Il s’installe via le mode développeur officiel de la Xbox, un environnement fourni par Microsoft pour créer et tester des applications, et ne nécessite donc pas de jailbreak. Son développeur précise qu’il s’agit d’un travail en cours, avec des bugs et des performances variables selon les jeux. Le code est disponible sur GitHub.

Réaction à plusieurs facteurs

Cette actualité intervient alors que Nintendo, réputé très protecteur de ses licences, a lancé une nouvelle offensive contre les émulateurs de la Switch cet été. Le 21 août, selon TorrentFreak, l’entreprise a adressé à GitHub sept notifications de retrait au titre du DMCA (Digital Millennium Copyright Act, loi américaine de 1998 sur le droit d’auteur), entraînant la suppression de plus de 400 dépôts de code liés à l’émulation de la Switch.

Cette nouvelle vague de sorties d’émulateurs et de jailbreaks est loin d’être la première ou la plus importante de l’histoire de cette industrie. Le hacking suit généralement son propre calendrier, rythmé par les défis que se lancent les hackers et par la sortie de nouvelles générations ou versions de consoles. Selon les discussions au sein des communautés de joueurs sur les réseaux sociaux, plusieurs éléments d’actualité pourraient avoir alimenté une certaine sympathie des joueurs pour cette vague.

Le premier est la hausse des prix. Certains jeux sont vendus 80 euros, et plusieurs consoles ont vu leur prix augmenter depuis 2025, dans un contexte de forte demande de composants électroniques liée au développement de l’intelligence artificielle.

Le deuxième est la fin des supports physiques. Sony a annoncé cet été la fin programmée, en janvier 2028, de la production de disques physiques pour les nouveaux jeux PS5, ce qui a irrité une partie des joueurs. Les autres fabricants de consoles n’ont pas franchi ce pas, mais une majorité des jeux vendus sont déjà dématérialisés.

Le troisième est le débat sur la propriété des jeux numériques. Le 1er septembre, devant un tribunal américain, les avocats de Sony ont fait valoir que les joueurs savent qu’ils achètent une licence d’utilisation et non la propriété d’un jeu numérique, dans le cadre d’une plainte collective déposée par quatre consommateurs.

Depuis fin septembre, l’actualité du jeu vidéo est rythmée par les annonces de nouveaux émulateurs et de jailbreaks.Pour les non-initiés, un émulateur est un logiciel qui reproduit le fonctionnement d’une console sur un autre appareil (console d’une autre marque, ordinateur, etc.). Un jailbreak est une méthode qui contourne les protections logicielles d’un appareil pour y exécuter des programmes non autorisés par son fabricant. Il peut donc servir à faire tourner un émulateur sur une console qui ne le permet pas normalement.Leur légalité dépend des pays et des usages : l’émulation en soi n’est pas illégale, mais le contournement des protections techniques ou l’utilisation de copies non autorisées de jeux – vendues moins cher ou distribuées gratuitement – peuvent l’être. Ces outils sont aussi...