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Lifestyle - Photo-Roman

Les Français ont-ils le droit de se plaindre devant un Libanais ?

Jad, trentenaire installé à Paris après avoir laissé derrière lui le pays du Cèdre, voit les manifestations lycéennes raviver le souvenir de la thaoura. Mais il peine à comprendre leur colère : « Ils ont tout et rien ne leur plaît. »

Les Français ont-ils le droit de se plaindre devant un Libanais ?

À Paris, les revendications des lycéens ravivent chez Jad le souvenir des manifestations à Beyrouth et des espoirs déçus. Photo Gilles Khoury/L’Orient-Le Jour

C’est une odeur qu’il connaît par cœur mais qu’il ne pensait pas un instant retrouver à Paris, où il avait immigré cinq ans plus tôt, laissant derrière lui ce que le Liban avait fait de sa vie. Ce matin de la fin octobre, en quittant son studio du 20ᵉ arrondissement pour prendre le métro, Jad avait reconnu cette odeur qui pique les yeux : celle du gaz lacrymogène. En octobre 2019 à Beyrouth, lorsqu’il descendait retrouver ses amis de la thaoura au centre-ville, cette même odeur lui enflammait les yeux dès que la nuit tombait, sans jamais entamer son espoir. Sept ans auparavant, il rejoignait chaque jour la foule avec la conviction qu’enfin quelque chose serait possible. Sa colère avait trouvé une voie. Il se sentait capable d’avoir un pouvoir sur son avenir. Ce matin-là pourtant devant les lycéens parisiens mobilisés, cette même odeur...
C’est une odeur qu’il connaît par cœur mais qu’il ne pensait pas un instant retrouver à Paris, où il avait immigré cinq ans plus tôt, laissant derrière lui ce que le Liban avait fait de sa vie. Ce matin de la fin octobre, en quittant son studio du 20ᵉ arrondissement pour prendre le métro, Jad avait reconnu cette odeur qui pique les yeux : celle du gaz lacrymogène. En octobre 2019 à Beyrouth, lorsqu’il descendait retrouver ses amis de la thaoura au centre-ville, cette même odeur lui enflammait les yeux dès que la nuit tombait, sans jamais entamer son espoir. Sept ans auparavant, il rejoignait chaque jour la foule avec la conviction qu’enfin quelque chose serait possible. Sa colère avait trouvé une voie. Il se sentait capable d’avoir un pouvoir sur son avenir. Ce matin-là pourtant devant les lycéens parisiens...
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