Le secrétaire d'État américain Marco Rubio serre la main du Premier ministre libanais Nawaf Salam (à gauche) au département d'État à Washington, DC, le 28 septembre 2026. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
À l'issue de son entretien avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio, lundi à Washington, le Premier ministre Nawaf Salam a souligné l'importance d'établir un « calendrier clair » pour la mise en œuvre de l'accord-cadre signé fin juin entre le Liban et Israël, alors que les négociations entre les deux pays piétinent depuis plusieurs mois et que les frappes israéliennes s'intensifient de nouveau au Liban-Sud.
Selon un communiqué du Grand Sérail, Nawaf Salam a notamment pointé l’importance du « principe de réciprocité » des dispositions prévues dans cet accord et appelé à « avancer vers la mise en œuvre du cadre tripartite » afin que son contenu se traduise « en actions concrètes et en résultats tangibles sur le terrain ». Le Premier ministre « a également insisté sur l’importance d’établir un calendrier clair pour l’exécution des engagements prévus par ce cadre, de manière à garantir des avancées parallèles concernant le retrait israélien, l’extension de l’autorité de l’État et le monopole de celui-ci sur les armes », cite le texte.
Le chef du gouvernement a par ailleurs plaidé pour la création d’un « mécanisme crédible de vérification » chargé de contrôler le respect des engagements de l'accord afin d’« éviter que les retards d’une partie ne servent de prétexte au blocage du processus ». Il a par la même occasion réaffirmé que le Liban souhaitait « un partenariat renouvelé avec les États-Unis » afin de soutenir « le projet de reconstruction de l’État et le renforcement de ses institutions légitimes et le renforcement de l’armée libanaise pour étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays ».
Le rencontre s'est « bien déroulée », selon Salam
La mise en œuvre de l'accord-cadre de juin, qui prévoit principalement un retrait progressif d'Israël des territoires que ses troupes occupent dans le sud du Liban en parallèle du désarmement du Hezbollah, est au point mort depuis la dernière session de pourparlers à Rome début août. De nouvelles négociations pourraient se tenir dans la capitale italienne début octobre, bien qu'aucune date n'a encore été officialisée, alors que la mise en oeuvre des « zones pilotes », au cœur du dispositif, n’en est toujours qu’à sa première phase, qui concerne seulement trois villages du Liban-Sud, où l'armée israélienne poursuit quotidiennement ses frappes et ses destructions à travers les plus de 600 km² de territoires occupés.
Cette réunion au Département d’État, à laquelle assistaient également le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadé Mouawad, ou encore l’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, « s’est bien déroulée », selon les mots du Premier ministre, interrogé par la chaîne libanaise MTV.
Pour sa part, Marco Rubio a réaffirmé « l’engagement des États-Unis à soutenir le Liban et ses institutions légitimes, à poursuivre leur appui à l’armée libanaise et au renforcement de ses capacités », toujours selon le communiqué du Grand Sérail. Il a lui aussi souligné « l’importance d’avancer dans la mise en œuvre du cadre tripartite de manière à garantir la stabilité et la sécurité. »
La question du soutien à l’armée libanaise, chargée depuis l’an dernier de mettre en œuvre le monopole de l’État sur les armes, notamment en démantelant l'arsenal du Hezbollah, est au coeur de la tournée diplomatique actuelle des dirigeants libanais aux États-Unis. Une semaine plus tôt à Paris, les représentants de 17 pays s’étaient réunis pour une conférence préparatoire consacrée au soutien à la troupe en présence du président Joseph Aoun, qui avait alors appelé les partenaires internationaux du Liban à accélérer les préparatifs d’une conférence internationale de soutien à l’armée, en appelant, lui aussi, l'établissement d'une « feuille de route » et d'un « calendrier clair ».
Rencontres avec le FMI et la Banque mondiale
La visite de Nawaf Salam à Washington, après sa participation à la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, comprend également plusieurs réunions avec de hauts responsables de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), consacrées aux réformes engagées par le Liban et à sa coopération avec les deux institutions.
Le Premier ministre et le ministre des Finances Yassine Jaber doivent notamment rencontrer ce lundi le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, une entrevue qui ne figurait pas initialement au programme, ou encore le directeur exécutif de la Banque mondiale, Abdulaziz al-Mulla.
Dimanche, Yassine Jaber avait indiqué que ces entrevues visaient à « faire progresser les discussions avec le FMI et à renforcer le partenariat avec la Banque mondiale, dans le prolongement des réformes déjà engagées par le Liban ». Il avait notamment cité l’adoption d’une loi sur la restructuration du secteur bancaire, tandis que les travaux se poursuivent pour finaliser la loi sur le trou financier.

Le point de 19h : Salam insiste auprès de Washington pour un calendrier de mise en œuvre de l’accord-cadre, le Qatar tente de renouer le dialogue entre Washington et Téhéran