Vue sur des bâtiments endommagés et détruits, alors que des engins lourds israéliens rasent des habitations à Mansouri, depuis Henniyé, dans le sud du Liban, le 19 septembre 2026. REUTERS/Mohamed Azakir
L'info du jour
Face à une communauté internationale appelée à accompagner le Liban dans une période décisive, le Premier ministre Nawaf Salam a porté vendredi à la tribune de l’ONU un message centré sur la souveraineté de l’État. « Personne ne parle au nom du Liban et personne ne négocie en son nom », a-t-il martelé, réclamant le retrait israélien de l’ensemble du territoire, réaffirmant le monopole de l’État sur les armes et plaidant pour une solution qui éviterait le « vide » au Liban-Sud après le retrait de la Finul. Il a aussi défendu les réformes engagées par son gouvernement et rappelé que la stabilité de la région reste selon lui indissociable du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
Pourquoi c’est important
Le discours de Nawaf Salam intervient alors que plusieurs dossiers qui touchent directement à la souveraineté du Liban se jouent simultanément. Le gouvernement poursuit la mise en œuvre du monopole d’État sur les armes et cherche à renforcer les capacités de l’armée libanaise, tandis qu’Israël maintient des positions dans le Sud et que les tensions et les frappes se poursuivent malgré le cessez-le-feu. Rappelons que le mandat de la Finul doit prendre fin le 31 décembre 2026, sans qu’un dispositif appelé à lui succéder n’ait encore été arrêté.
Le processus prévu par l'accord-cadre libano-israélien conclu le 26 juin 2026 sous médiation américaine avance difficilement. La septième ronde de négociations, tenue à Rome du 4 au 6 août, n’a pas permis de régler les principaux désaccords, notamment sur le retrait israélien et les garanties liées à la mise en œuvre des engagements. Le canal de négociation est depuis resté largement à l’arrêt. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’appel de Nawaf Salam à « achever la traduction de l’accord-cadre en mesures concrètes, selon un calendrier clair et avec un mécanisme de vérification ». La question de la Finul ajoute une contrainte supplémentaire. Son départ prévu à la fin de l’année intervient alors que le dispositif de sécurité dans le Sud reste en pleine recomposition. Beyrouth réclame donc une présence internationale.
Pour retrouver les principales phrases de son discours et les points clés abordés par Nawaf Salam à l’ONU, L’Orient-Le Jour revient ici sur les déclarations fortes du Premier ministre libanais.
Ce sur quoi garder un œil :
Une nuit calme, puis une nouvelle journée de violences au Liban-Sud. Après une nuit sans frappes aériennes ni dynamitages dans la zone occupée, l’armée israélienne a encerclé vendredi matin une ferme à Kfarchouba où se trouvaient plusieurs bergers. Des tirs d’artillerie et de mitrailleuse ont ensuite touché plusieurs secteurs, avant des frappes aériennes sur Bani Hayyane et les abords de Zaoutar el-Charqiyé, ainsi que des opérations et des dynamitages notamment à Deir Mimas et Deir Seriane.
Dans le reste de l’actualité :
- Air France confirme ce que nous vous annoncions il y a quelques jours : la compagnie française prévoit de reprendre samedi ses vols vers Beyrouth, suspendus depuis plus de six mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. La reprise a été officiellement confirmée vendredi à l’AFP. Les vols à destination et en provenance de Riyad restent en revanche suspendus jusqu’au 28 septembre 2026 inclus, tandis que ceux vers Dubaï le sont jusqu’au 13 octobre inclus.
- Joseph Aoun tacle Israël… et le Hezbollah. Le président libanais a rappelé à Israël que « même la guerre a des règles » et que l’État hébreu « n’est pas une exception » face au droit international humanitaire. Il a par ailleurs salué les sacrifices de l’armée, y compris « pour ceux qui se tiennent contre elle et contre l’État », dans une référence implicite au Hezbollah.
- Makhzoumi s’en prend au Hezbollah et à l’Iran après sa rencontre avec Geagea. Le député de Beyrouth, reçu à Meerab par le chef des Forces libanaises Samir Geagea, a affirmé que le Hezbollah « n’a aucun droit de décider du destin du Liban » et appelé à son désarmement, l’accusant d’avoir « entraîné le Liban dans des guerres au service des calculs de l’Iran ». S’adressant au « régime iranien », il a lancé : « Vous n’avez aucune tutelle sur le Liban. »
- La police libanaise alerte contre des arnaques à l’or. Le chef de la division des relations publiques des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Joseph Moussallem a mis en garde contre des réseaux qui vendent du cuivre ou de faux lingots et pièces en les faisant passer pour de l’or, parfois dans des emballages scellés pour empêcher les acheteurs de vérifier leur contenu. Plusieurs réseaux ont déjà été arrêtés, selon lui, tandis que les FSI appellent les acheteurs à privilégier les bijouteries et établissements de confiance et à exiger une facture.
- Deux secousses enregistrées près de Zahlé : Deux secousses sismiques de faible magnitude ont été enregistrées vendredi après-midi dans la région de Tell el-Akhdar, à Zahlé, a indiqué le Centre national de géophysique, relevant du Conseil national de la recherche scientifique. La première, d’une magnitude de 2,8, a été enregistrée à 17h22, heure locale, suivie trois minutes plus tard d’une seconde secousse de magnitude 2,5, selon le centre.
- L’Iran propose de rouvrir Ormuz sous sept jours. Téhéran a transmis aux États-Unis ses conditions pour une réouverture du détroit, a annoncé le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tandis que les vols des compagnies iraniennes vers la ville sainte irakienne de Najaf ont été suspendus vendredi en raison des nouvelles sanctions américaines. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre qatari Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani s’est par ailleurs entretenu avec le président iranien Massoud Pezeshkian.
- Léon XIV donne le ton de sa visite en France : laïcité, IA et fin de vie. Reçu vendredi à l’Élysée pour sa première visite en France, le pape a défendu une laïcité qui « ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public » et appelé à un « discernement éthique » face à l’intelligence artificielle, dénonçant le risque d’un « paradis des machines ». Il a également fustigé les « dérives » bioéthiques, notamment la gestation pour autrui, les manipulations génétiques et « l’offre d’une mort programmée », deux mois après l’adoption par l'Assemblée nationale d’une loi sur l’aide à mourir.



