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Dernières Infos - Guerre Au Moyen-Orient

Au port pétrolier de Yanbu, Paris veut s'affirmer comme partenaire de sécurité de Riyad


Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi (à droite), montre son téléphone à Tala Alrahbi, ambassadrice d'Oman auprès des États-Unis, et au ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhan, lors d'une réunion multilatérale du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 22 septembre 2026. Photo Brendan SMIALOWSKI / AFP

En annonçant le déploiement de moyens militaires pour protéger le port pétrolier saoudien de Yanbu, dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, la France vient appuyer Riyad, diversifiant ainsi ses liens dans la région, au moment où le royaume s'interroge sur le soutien américain.

Annoncé en pleine campagne pour la présidentielle, l'engagement français a toutefois irrité les principaux partis d'opposition. « C'est un geste politique assez fort envers Riyad, dans le contexte du récent approfondissement du partenariat franco-saoudien » signé en 2024, et après la visite fin août à Paris du prince héritier Mohammed Ben Salmane, analyse Emma Soubrier, directrice de la plateforme de recherche PRISME Initiative sur la sécurité au Moyen-Orient.

Le président Emmanuel Macron, a annoncé jeudi l'envoi de « moyens militaires (...) des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger » le site de Yanbu, sur la mer Rouge, crucial pour exporter les hydrocarbures saoudiennes en contournant le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran. L'annonce « répond à une demande saoudienne », selon Camille Lons, spécialiste du Golfe au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), et Paris n'est pas la seule capitale européenne à venir en aide à Ryad, en proie aux attaques de l'Iran depuis l'est, et du mouvement pro-iranien houthi depuis le Yémen. « Le président cherche vraisemblablement à montrer que la France peut être un partenaire de sécurité concret, à un moment où les États-Unis apparaissent plus hésitants ou imprévisibles », relève Mme Soubrier. « Les Saoudiens sont extrêmement déçus du manque de soutien américain parce qu'ils ont des attentes beaucoup plus importantes » vis-à-vis de Washington que de Paris, renchérit Mme Lons.

Au Moyen-Orient, « les Etats-Unis resteront l'acteur dominant mais les capitales cherchent à diversifier leurs partenariat », rappelle Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv.

« Affiner les besoins »

« Le Pakistan et la Turquie pourraient fournir des moyens de défense supplémentaires », souligne aussi Andreas Krieg, du Kings College de Londres, alors que Riyad a noué début août un accord de défense avec Islamabad et Ankara. Les Britanniques ont de leur côté annoncé que des avions ravitailleurs viendront en appui des chasseurs saoudiens protégeant le ciel.

La nature exacte du soutien français n'est pas connu. « Nous entretenons un dialogue étroit avec le partenaire saoudien, afin d'affiner avec lui les besoins et les moyens nécessaires à la protection des installations et des infrastructures critiques », a déclaré à l'AFP l'état-major français des armées. « Il ne s'agit pas là d'une simple mise en scène diplomatique. L'Arabie saoudite dispose de systèmes de défense aérienne sophistiqués, mais elle doit protéger une multitude de cibles face à des attaques répétées de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones. Les stocks d'intercepteurs, la couverture radar et les équipages sont tous mis à rude épreuve », observe Andreas Krieg.

« Le déploiement de systèmes français supplémentaires autour de Yanbu permet à Riyad (...) de libérer des moyens saoudiens pour la défense de la capitale, de Jeddah, des bases militaires et d'autres infrastructures », explique-t-il à l'AFP. Pour Paris et Londres, « la logique reste la même: renforcer la capacité de l'Arabie saoudite à se défendre sans pour autant participer à une campagne offensive au Yémen », selon lui.

Prix à la pompe

Pour la France, l'intérêt est aussi de capitaliser sur la « crédibilité » acquise dans la région par le soutien « rapide » apporté aux Emirats Arabes Unis face aux attaques iraniennes en début d'année, affirme Camille Lons. Paris avait notamment annoncé en mars que des avions Rafale basés aux Emirats avaient mené des « opérations de sécurisation du ciel » au-dessus de bases françaises au Moyen-Orient.

Alors que « le partenariat est très fort » avec les Emirats, « c'est aussi un besoin côté français de diversifier un peu nos relations dans le Golfe, et notamment avec l'Arabie saoudite, pour éviter de mettre tous nos oeufs dans le panier émirati », explique Mme Lons. L'annonce du président Macron entend aussi « contribuer à préserver les flux énergétiques mondiaux, à limiter la pression sur les prix » à la pompe, dont souffrent aussi les automobilistes français, rappelle Emma Soubrier.

Mais, en pleine campagne présidentielle, elle a irrité dans l'opposition. « Il ne faut pas envoyer de militaires » français, a réagi vendredi le vice-président du parti d'extrême droite Rassemblement national, Sébastien Chenu. « C'est prendre un certain nombre de risques que nous ne voulons pas prendre », a-t-il fait valoir. « Pas question de devenir belligérant. Donc l'Assemblée doit voter sur le sujet », a de son côté déclaré le chef de La France Insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon sur X.

En annonçant le déploiement de moyens militaires pour protéger le port pétrolier saoudien de Yanbu, dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, la France vient appuyer Riyad, diversifiant ainsi ses liens dans la région, au moment où le royaume s'interroge sur le soutien américain. Annoncé en pleine campagne pour la présidentielle, l'engagement français a toutefois irrité les principaux partis d'opposition. « C'est un geste politique assez fort envers Riyad, dans le contexte du récent approfondissement du partenariat franco-saoudien » signé en 2024, et après la visite fin août à Paris du prince héritier Mohammed Ben Salmane, analyse Emma Soubrier, directrice de la plateforme de recherche PRISME Initiative sur la sécurité au Moyen-Orient. Le président Emmanuel Macron, a annoncé jeudi l'envoi de...