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Politique - Repère

Enjeux, déclarations, participants : ce qu'il faut savoir sur le « Forum libano-syrien d'investissement » à Beyrouth

« Un Liban économiquement stable est dans l'intérêt de la Syrie », a déclaré le ministre syrien de l'Économie. Quatre débats sur l'économie et les investissements mercredi.

Enjeux, déclarations, participants : ce qu'il faut savoir sur le « Forum libano-syrien d'investissement » à Beyrouth

Le poste-frontière de Masnaa, à la frontière entre le Liban et la Syrie, le 8 décembre 2024. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Transformer la « proximité géographique » entre le Liban et la Syrie en « une opportunité » : tel est l'objectif, dans les mots du ministre libanais de l'Économie et du Commerce, Amer Bsat, du « Forum libano-syrien d'investissement 2026 », un événement inédit qui s'est ouvert mercredi à Beyrouth, en présence de plusieurs dizaines de représentants syriens. Le Forum, dont le coup d'envoi a été donné dans la matinée à l'hôtel Phoenicia, est en effet le premier du genre à réunir des responsables politiques et des investisseurs libanais et syriens depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, en décembre 2024.

Que peut-on attendre de cet événement ? Qu'ont déclaré les principaux intervenants ? Et qui y participe ? On vous explique.

Ce qu’ils ont dit

Lors de la cérémonie d’ouverture, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de rétablir des bases nouvelles pour les relations entre Beyrouth et Damas, après des décennies marquées par les tensions et la tutelle syrienne sur le Liban.

  • « Les relations entre le Liban et la Syrie ont été marquées par de nombreux liens et expériences partagées », a déclaré Amer Bsat, soulignant « la nécessité de tirer les leçons de ces expériences ». « Le Liban et la Syrie ont l’opportunité d’établir des relations nouvelles, plus claires et plus équilibrées », a-t-il ajouté.
  • Le ministre syrien de l’Économie, Mohammad Nidal el-Chaar, a de son côté affirmé que la coopération entre les deux pays « ne signifie pas que l’un ou l’autre doive renoncer à ses caractéristiques », soulignant qu’« un Liban économiquement stable est également dans l’intérêt de la Syrie ». « La Syrie et le Liban n’ont pas besoin de se redécouvrir, mais de redéfinir leurs relations économiques sur des bases plus claires et plus équilibrées, dans le respect total de la souveraineté des deux pays, de leur indépendance décisionnelle et de leurs intérêts nationaux », a-t-il dit.


Plus tôt dans la journée, le président Joseph Aoun avait reçu une délégation ministérielle syrienne. Il avait alors souligné l’importance de « l’intégration économique régionale », estimant que « des capacités » pouvaient être mobilisées « grâce à des relations équilibrées et au respect mutuel ». La « situation géographique unique » du Liban et de la Syrie, a-t-il affirmé, permet aux deux pays de « compter l’un sur l’autre lors des périodes de tension dans la région ».

Les principaux enjeux

L’organisation de ce Forum intervient trois mois après la création d’une « Commission supérieure libano-syrienne conjointe » et alors que Beyrouth et Damas affichent leur volonté d’ouvrir une « nouvelle page » dans leurs relations, après la chute du régime Assad.

  • Faciliter le commerce et les transports : Pour le Liban, la Syrie constitue un point de passage important pour les échanges avec la région du Proche-Orient et les pays du Golfe. Les échanges entre les deux pays portent notamment sur les produits agricoles, qui transitent par voie terrestre à bord de camions franchissant la frontière, notamment au niveau du poste de Masnaa, dans la Békaa. Ce point de passage constitue depuis toujours une source de difficultés pour les transporteurs. Un projet d’agrandissement et de développement de l’infrastructure est actuellement à l’étude afin de faciliter les échanges bilatéraux. Parallèlement, un projet de liaison ferroviaire entre le nord du Liban et le réseau syrien dans la province voisine de Homs est également évoqué.
  • Coopérer dans le secteur de l'énergie : L’ouverture d’un nouveau cycle de coopération avec Damas pourrait également permettre d’avancer sur le projet d’approvisionnement d’Électricité du Liban (EDL) en gaz naturel, actuellement élaboré entre le Liban, la Syrie et la Jordanie. Le projet prévoit l’importation de gaz depuis la Jordanie, qui serait ensuite acheminé vers la Syrie puis le Liban via le gazoduc arabe. D’autres projets de raccordement électrique ou liés aux hydrocarbures pourraient être envisagés.
  • Renforcer les institutions pour affaiblir le Hezbollah : Alors que le président américain Donald Trump a laissé entendre, à plusieurs reprises, que Damas pourrait aider à désarmer le Hezbollah, le président syrien Ahmad el-Chareh a souligné mardi depuis New York que la Syrie veut « aider à renforcer les institutions » libanaises, afin qu'elles puissent établir le monopole des armes. Un renforcement qui pourrait passer par d'éventuels investissements.
  • Traduire le rapprochement politique dans les faits : Le Liban et la Syrie partagent une frontière de 375 kilomètres et une histoire commune marquée par de profondes tensions. La Syrie a notamment exercé une tutelle politique et militaire sur le Liban entre 1976 et 2005. Depuis le changement de régime à Damas, les relations entre les deux pays sont entrées dans un nouveau cycle. À plusieurs reprises, lors de visites officielles à Beyrouth et à Damas, leurs responsables ont affirmé leur volonté d’ouvrir une « nouvelle page » et de développer leur coopération dans des secteurs tels que l’énergie, les transports et le commerce, tout en insistant sur la souveraineté et l’indépendance de chacun. Cette volonté intervient dans un contexte régional particulièrement mouvant, marqué notamment par la guerre entre l’Iran et les États-Unis et par le conflit avec Israël, qui occupe des territoires au Liban et en Syrie.


Quatre débats au programme

Ces différents enjeux sont reflétés dans les thèmes des quatre grands débats du Forum, qui réuniront des responsables libanais et syriens ainsi que des experts des deux pays. Une première session a été consacrée au « Liban et à la Syrie dans le nouveau paysage économique du Moyen-Orient », tandis que la deuxième rencontre prévue doit porter sur le financement de « l’économie de demain : investissements, capitaux et rétablissement de la confiance ». La troisième session est intitulée « Reconstruction et développement durable », tandis que la quatrième abordera « le Liban et la Syrie, porte d’entrée vers les marchés régionaux : transports, ports, investissement et défis ».

Qui participe au Forum ?

Parmi les participants, on compte du côté libanais, outre Amer Bsat, le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, la ministre du Tourisme, Laura Khazen Lahoud, le ministre de l'Agriculture, Nizar Hani, le ministre d'Etat pour la Technologie et l'Intelligence artificielle, Kamal Chehadé, la directrice du comité libano-syrien pour les affaires, Layla Samman, le directeur général du port de Beyrouth, Marwan el-Nafi, le président de l'Association des investisseurs libanais, Jacques Sarraf, le Chef des organismes économiques, Mohammad Choucair, le président de l'Agence nationale de promotion des investissements (IDAL) Majed Mneimné, et Ahmad Hachimiyé, qui représente les autorités libanaises.

La délégation syrienne comprend, entre autres, le ministre de l'Économie, Mohammad Nidal Chaar, le chargé d'affaires de l'ambassade syrienne à Beyrouth, Iyad Hazah, le ministre du Tourisme, Mazen Salhani, le ministre de la Santé, Mosaab el-Ali, de l'Agriculture, Bassel Soueidane, des Transports, Yohrob Bader, et le vice-ministre de la Planification et de l'Excellence institutionnelle, Ibrahim Adhane.

Transformer la « proximité géographique » entre le Liban et la Syrie en « une opportunité » : tel est l'objectif, dans les mots du ministre libanais de l'Économie et du Commerce, Amer Bsat, du « Forum libano-syrien d'investissement 2026 », un événement inédit qui s'est ouvert mercredi à Beyrouth, en présence de plusieurs dizaines de représentants syriens. Le Forum, dont le coup d'envoi a été donné dans la matinée à l'hôtel Phoenicia, est en effet le premier du genre à réunir des responsables politiques et des investisseurs libanais et syriens depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, en décembre 2024. Que peut-on attendre de cet événement ? Qu'ont déclaré les principaux intervenants ? Et qui y participe ? On vous explique. Ce qu’ils ont ditLors de la cérémonie...
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