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Politique - Focus

Derrière l’affaire Saddi, le mécontentement (mesuré) des FL contre le gouvernement

Selon les informations de « L’OLJ », la démission du ministre de l’Énergie est une option à l’étude.

Derrière l’affaire Saddi, le mécontentement (mesuré) des FL contre le gouvernement

Le chef du gouvernement, Nawaf Salam, et le ministre de l'Energie, Joe Saddi, au Sérail, le 25 février 2026. Photo tirée du compte X de la présidence du Conseil.

Après les Affaires étrangères, l’Énergie. Un nouveau bras de fer vient d’éclater entre le pouvoir en place – en particulier le Premier ministre, Nawaf Salam – et les Forces libanaises, à la tête de ces deux ministères. Dans un contexte de grogne populaire de plus en plus audible contre la gestion du secteur de l’électricité, cette nouvelle mésentente a suscité des interrogations sur l’ampleur du soutien du parti chrétien au cabinet dans lequel il détient quatre portefeuilles. Mais si, pour les FL, toutes les options – y compris celle d’une démission du ministre de l’Énergie, Joe Saddi – sont sur la table, les limites de la démarche semblent tracées d’avance, à l’heure où le cabinet bénéficie toujours d’un important soutien régional.

Depuis la fin du débat de politique générale à la Chambre, des informations de presse circulent au sujet d’un éventuel changement au ministère de l’Énergie. Surtout que Joe Saddi a fait l’objet de plusieurs critiques lors de ce débat. Il était aussi, naturellement, au centre de la diatribe à laquelle s’était livré le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lui-même l’un des prédécesseurs de M. Saddi, et dont le parti détenait ce portefeuille entre 2008 et 2025. L’Orient-Le Jour a toutefois appris que ce ne sont pas uniquement les débats engagés à l’hémicycle qui ont alimenté les spéculations autour d’un départ de M. Saddi. Selon une source gouvernementale, le ministre a vu d’un mauvais œil les discussions récemment engagées autour d’une éventuelle réduction de la part de son ministère dans le budget 2027. « Il n’est pas normal de consacrer une très grande partie du budget de l’État au ministère du Développement social et de négliger sciemment celui de l’Énergie, tout en faisant assumer au ministre la responsabilité de l’échec », commente un cadre FL sous couvert d’anonymat.

Quid donc de la prochaine étape pour les FL ? « Toutes les options sont sur la table », appuie un cadre du parti chrétien sous couvert d’anonymat. Selon lui, cela dépendra « de la réponse du Conseil des ministres aux demandes formulées par le ministre afin d’aller de l’avant avec son plan de relance du secteur ».

Des ténors du parti ont pris fait et cause pour Joe Saddi, excluant toutefois qu’il démissionne.
« Après Ankara et Doha, le ministre de l’Énergie se rend à New York et Washington la semaine prochaine en quête d’un soutien à même de faire progresser le secteur de l’énergie », a écrit Nazih Matta, député FL, sur X dimanche. Les FL continueront de soutenir le gouvernement, malgré leurs remarques formulées la semaine dernière à la Chambre. C’est dans ce cadre que s’inscrivent également des déclarations de Fadi Karam, autre député du parti, dans un entretien accordé lundi à l’agence al-Markaziya. « Il est clair que nous sommes contre certaines décisions gouvernementales. Mais c’est l’identité souverainiste du gouvernement qui nous pousse à y rester, cette équipe ayant pris de courageuses décisions souverainistes », a-t-il dit. « Samir Geagea ne veut pas couper tous les ponts avec le pouvoir. Il se contente, à ce stade, de lui lancer des coups de semonce », commente un proche des FL.

Pour le moment donc, le gouvernement peut toujours compter sur M. Geagea et sa formation parmi ses soutiens. Mais cela n’est pas sans limites. Réaffirmant leur appui aux « démarches réformatrices » de M. Saddi, les FL ont tenu à rappeler, dans un communiqué publié lundi, que « le manquement du gouvernement à ses responsabilités (pour donner un élan au secteur de l’énergie) est intolérable et ne peut être prolongé ».

Plusieurs observateurs estiment que derrière cette position bien dosée du plus large parti chrétien, se cachent des calculs politiques locaux et régionaux. D’abord parce que le gouvernement bénéficie, du moins jusqu’à présent, d’une large couverture qui s’étend des États-Unis à l’Arabie saoudite, principal soutien arabe du Premier ministre et allié des FL. Des sources politiques concordantes rappellent d’ailleurs que c’est Riyad, à travers son émissaire spécial pour le Liban, Yazid ben Farhane, qui avait contribué à redonner un nouvel élan au cabinet Salam, après avoir tué dans l’œuf les appels à sa démission. « L’Arabie saoudite soutient le duo Joseph Aoun-Nawaf Salam. Et il ne faut pas perdre de vue que ces derniers avaient été parmi les choix des FL », souligne un député anti-Hezbollah, sous couvert d’anonymat.

Joe Raggi, « une ligne rouge »

La polémique Saddi est intervenue après celle portant sur son collègue des Affaires étrangères, Joe Raggi, dans la foulée de sa décision (mars 2026) de considérer l’ambassadeur iranien désigné à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, persona non grata. Une démarche que la présidence de la République n’aurait pas vue d’un bon œil. Dans ce cadre, Samir Geagea a accusé début septembre le chef de l’État Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam de mettre à l’écart son protégé lors des déplacements officiels. « Joe Raggi est une ligne rouge à ne pas franchir. Et il n’est pas question de son limogeage ou de sa démission », affirme un cadre du parti. « On parle depuis des mois d’une volonté de démettre M. Raggi de ses fonctions. Mais Nawaf Salam l’a inclus dans la délégation libanaise à New York (pour l’Assemblée générale des Nations unies) », réagit une source gouvernementale haut placée. Une position qui ne satisfait pas le Hezbollah, dont le chef de la diplomatie est une bête noire. « Il y a une grosse faille dans l’action du ministre Raggi et nous n’avons aucun problème à le voir remplacé », déclare Youssef Zein, porte-parole du parti-milice.



Après les Affaires étrangères, l’Énergie. Un nouveau bras de fer vient d’éclater entre le pouvoir en place – en particulier le Premier ministre, Nawaf Salam – et les Forces libanaises, à la tête de ces deux ministères. Dans un contexte de grogne populaire de plus en plus audible contre la gestion du secteur de l’électricité, cette nouvelle mésentente a suscité des interrogations sur l’ampleur du soutien du parti chrétien au cabinet dans lequel il détient quatre portefeuilles. Mais si, pour les FL, toutes les options – y compris celle d’une démission du ministre de l’Énergie, Joe Saddi – sont sur la table, les limites de la démarche semblent tracées d’avance, à l’heure où le cabinet bénéficie toujours d’un important soutien régional. Depuis la fin du débat de politique générale à la...
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