Des pneus en flammes dans le centre-ville de Beyrouth, lors d'un sit-in d'anciens militaires, le 9 septembre 2026. Photo Téa Ziadé / L'Orient-Le Jour
L’info du jour
Sans qu'un grand mouvement de contestation ne voie encore le jour, une grogne populaire semble couver au Liban et plusieurs secteurs ont annoncé grève et manifestations pour faire entendre leurs revendications sociales, sur fond de hausse importante des prix des carburants ces dernières semaines. Les fonctionnaires libanais observent ainsi, mercredi et jeudi, deux jours de grève et confirment la fermeture des administrations publiques tous les vendredis, pour réclamer une hausse de leurs indemnités de transport. «Tous les employés des administrations officielles et municipalités » sont appelés à observer cet appel à la grève. Des conducteurs de camionnettes ont, eux, fermé la route de Dahr el-Baïdar, qui relie Beyrouth à la vallée de la Békaa, pour critiquer la hausse des prix des carburants, alors que les fédérations et syndicats des transports routiers au Liban tiennent une réunion extraordinaire sur la question.
Pourquoi c'est important :
La hausse des prix des carburants, qui se répercute sur les prix des biens de consommation et de première nécessité, a lieu alors que les Libanais sont déjà épuisés par les guerres successives et la crise socio-économique. Le gouvernement, qui planche actuellement sur le projet de budget 2027 et a mis sur pied un « groupe de travail ministériel », tente de trouver des solutions, mais qui ne pourraient être que « limitées au niveau du budget ». Une situation qui fait craindre une future explosion sociale.
Ce sur quoi il faut garder un oeil :
Le Forum libano-syrien de l'investissement s'est ouvert à Beyrouth ce matin, en présence de nombreux hauts responsables et ministres syriens arrivés hier soir au Liban. Cet événement marque une étape de plus dans le rapprochement entre les deux pays depuis le renversement en décembre 2024 de la dictature de Bachar el-Assad. Lors d'un dîner avec les participants au forum mardi soir, le vice-Premier ministre libanais, Tarek Mitri, en charge du dossier des relations avec Damas, a souligné que ces dernières ont atteint « des niveaux avancés », et réitéré l'importance de les développer « sur des bases respectant la souveraineté des deux pays et leurs intérêts communs » et appelé à passer à une « coopération institutionnelle plus régulière dans les domaines économique et commercial, ainsi que dans l’énergie, les transports, l’agriculture, la santé, l’éducation et le tourisme. » Mercredi, le ministre syrien de l’Économie et de l’Industrie, Mohammad Nidal el-Chaar, a appelé à faire de l'économie un « espace de stabilité » entre Beyrouth et Damas, tandis que son homologue libanais, Amer Bsat, a invité à « réfléchir à la manière de transformer la géographie, qui est une réalité imposée, en une opportunité. »
Le président libanais, Joseph Aoun, qui a reçu la délégation avant l'ouverture du Forum, avait affirmé « accorder une grande importance à la proposition d’une intégration économique dans la région. »
Dans un entretien depuis New York, mardi soir, le président syrien, Ahmad el-Chareh, avait rapidement évoqué les relations avec le Liban, soulignant que Damas ne veut pas jouer un rôle pour désarmer le Hezbollah mais plutôt pour aider les autorités libanaises à se renforcer, afin de pouvoir récupérer le monopole des armes.
Dans le reste de l’actualité
- L'Assemblée générale de l'ONU doit poursuivre ses travaux dans la journée, avec notamment des discours très attendus d'Ahmad el-Chareh et du président iranien Massoud Pezeshkian, au lendemain de discussions indirectes entre Washington et Téhéran à New York et de nouvelles menaces de Donald Trump.
- Dans son discours devant l'AG, mardi soir, le président français, Emmanuel Macron avait déclaré que « seul un Liban pleinement souverain » pourra désarmer le Hezbollah et rétablir la sécurité.
- Les attaques israéliennes se poursuivent au Liban-Sud, avec notamment des tirs renouvelés sur la vallée de Zebqine, visée en continu ces derniers jours, des frappes aériennes sur Mansouri et des dynamitages à Khiam, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah.
- Le Conseil supérieur de la magistrature au Liban a approuvé, à l'unanimité, les permutations judiciaires, soit des nominations pour une soixantaines de postes vacantes à travers le pays.
- Quatre-vingt Syriens sont rentrés dans leur pays ce matin, dans le cadre des « retours volontaires » organisés depuis le Liban, en coordination avec le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU.



