Le président américain Donald Trump arrive pour prendre la parole devant la 81e Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 22 septembre 2026. Photo TIMOTHY A. CLARY / AFP
L’info du jour
Dans un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président américain a dit mardi qu'il devrait décider entre « anéantir » l'Iran ou passer un « accord » avec Téhéran. « Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » législatives prévues aux États-Unis en novembre, a immédiatement ajouté le président américain. Or parallèlement, le porte-parole des gardiens de la révolution, Hossein Mohebi, a déclaré au cours d'un entretien exclusif à l'AFP à Téhéran que son pays avait « durci » ses conditions pour mettre fin à la guerre avec les États-Unis. « Nous avions convenu de ces conditions avec les Américains, mais ils ont rompu l'accord », a affirmé M. Mohebi, en référence à une feuille de route signée par les deux pays le 17 juin mais qui n'a pas empêché une reprise des hostilités. « Nous avons donc durci nos conditions en conséquence », a ajouté le porte-parole, assurant que « les États-Unis n'ont d'autre choix que d'accepter nos conditions ».
Pourquoi c'est important
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran continuent d’avoir des répercussions à l’échelle régionale et internationale. Le bras de fer entre les deux camps intervient alors que les tensions affectent déjà deux passages maritimes stratégiques : le détroit d’Ormuz, où l’Iran perturbe fortement le trafic pétrolier et gazier, et celui de Bab el-Mandeb, où les combats au Yémen et les attaques des houthis affectent les flux entre la mer Rouge et l’océan Indien. Ces perturbations touchent directement les exportations d’hydrocarbures et les routes commerciales reliant l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient, faisant de l’issue des affrontements un enjeu qui dépasse largement la région.
Ce sur quoi il faut garder un œil
Le Premier ministre Nawaf Salam a poursuivi mardi sa tournée diplomatique aux États-Unis en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à l'heure où la diplomatie libanaise se démène pour préparer une alternative à la Force intérimaire de l'ONU au Liban-Sud (Finul), dont le mandat expire le 31 décembre 2026, sur fond de bombardements et dynamitages israéliens continus dans le Sud occupé. M. Salam, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, ainsi que le représentant permanent du Liban auprès des Nations unies, l’ambassadeur Ahmad Arafa, ont participé à l’ouverture du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York. En marge de l'Assemblée, M. Raggi s’est entretenu avec le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin. Au cours de l’entretien, le cardinal Parolin a fait part de « l’intérêt majeur du Saint-Siège pour le Liban », soulignant « la nécessité pour le pays du Cèdre de retrouver sa stabilité ». Il a réaffirmé « le soutien indéfectible du Vatican au Liban » ainsi que sa pleine disponibilité à contribuer à consolider cette stabilité.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a menacé de vider Gaza-ville de tous ses habitants si le Hamas enlevait à nouveau des citoyens israéliens, comme il l'a fait lors des attaques du 7 octobre 2023. « Si ne serait-ce qu'un soldat ou un civil israélien est enlevé, Gaza-ville sera évacuée de son million d'habitants, a déclaré Israël Katz. C'est la langue que comprennent les organisations terroristes jihadistes à Gaza comme au Liban, et c'est aussi une langue que nous parlons : évacuer la population, détruire les infrastructures et prendre le territoire ».
Dans le reste de l’actualité
- Les houthis ont accusé l’Arabie saoudite d’avoir mené des frappes meurtrières contre le port de Mokha, affirmant que celles-ci avaient tué six civils, dont deux enfants et une femme. Ils ont également fait état de la mort d’une femme et de son enfant dans d’autres frappes dans le nord-ouest du Yémen, ainsi que de neuf détenus tués dans une prison. Les houthis continuent par ailleurs de revendiquer des attaques contre des infrastructures militaires et énergétiques saoudiennes. De son côté, Riyad communique peu sur ces attaques, mais a diffusé mardi une alerte appelant les habitants de la province de Najran à se mettre à l’abri. Le roi d'Arabie Mohammad Ben Salmane (MBS), qui s'exprime rarement en public, a qualifié mardi les houthis du Yémen de « milice terroriste », les accusant d'avoir pris pour cible La Mecque.
- Les attaques israéliennes se sont poursuivies mardi dans plusieurs secteurs du Liban-Sud, avec des tirs d’artillerie, des frappes et des dynamitages notamment à Mansouri, Meis el-Jabal, Khiam et Zaoutar el-Charqiyé. Le ministre de la Justice Adel Nassar s’est rendu à Nabatiyé pour évaluer la possibilité de rouvrir le Palais de justice, fermé depuis la reprise de la guerre en mars. Sur le plan politique, le président Joseph Aoun a appelé au « dialogue [qui] construit la confiance » et à cesser de « se servir les uns des autres de soutiens extérieurs au Liban », tandis que le ministre de l’Information Paul Morcos a assuré que les efforts officiels se poursuivaient auprès des instances internationales pour « libérer les territoires libanais ».
- Un passeur présumé et 13 Syriens entrés illégalement en territoire libanais ont été arrêtés dans l’arrière-pays de Tannourine, sur les hauteurs de Batroun au Liban-Nord, par les Forces de sécurité intérieure. Le chauffeur du véhicule, un Libanais d’une vingtaine d’années, a tenté de percuter le véhicule de police et de prendre la fuite, sans succès. Le trafic de personnes de la Syrie vers le Liban se poursuit, facilité par une frontière poreuse et mal délimitée entre les deux pays.
- Le Comité des enseignants contractuels de l’Université libanaise a organisé mardi un sit-in sur le campus Rafic Hariri à Hadath pour réclamer l’adoption définitive de leur dossier de titularisation à plein temps. Ce dossier est retardé pour des considérations d'équilibre confessionnel, le nombre de candidats chiites à la titularisation étant bien plus important que ceux des autres communautés. « Il est temps de trancher… Plus de report désormais. Il n’est plus acceptable que le dossier de titularisation reste prisonnier des atermoiements et des tergiversations », a déclaré le Dr Élie Latouf, qui a donné lecture du communiqué du comité. Celui-ci réclame l’adoption du dossier lors de la prochaine séance du Conseil des ministres et la publication des noms au Journal officiel.



Trump dit avoir le choix entre « anéantir » l'Iran ou passer un « accord »