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Dernières Infos - Liban-Sud

Israël maintient la pression et poursuit sa destruction de Mansouri ; un enseignant tué à Baraachit

Beyrouth et Paris ont relancé une initiative à l'ONU pour prolonger le mandat de la Finul, expirant fin 2026, alors qu'Israël réaffirme vouloir maintenir son occupation jusqu'au désarmement « dans l'ensemble du Liban » du Hezbollah.

Israël maintient la pression et poursuit sa destruction de Mansouri ; un enseignant tué à Baraachit

De la fumée s'élevant du village de Mansouri, après une explosion provoquée par l'armée israélienne, le 10 septembre 2026. Photo Kawnat Haju/AFP

Après une nuit rythmée par les tirs d’artillerie israéliens, au moins une personne a été tuée au Liban-Sud par les frappes et les tirs continus de l’armée israélienne, qui poursuit dans le même temps sa destruction des villages occupés, dont Mansouri, au sud de Tyr.

Un enseignant du nom de Adib Obeid, originaire du village de Baraachit (caza de Bint Jbeil), a ainsi succombé à ses blessures ce lundi après avoir été touché par des tirs israéliens, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le défunt avait été transporté à l’hôpital après avoir été blessé lors d’une opération de ratissage menée par les troupes occupantes visant la localité, située aux abords de la « Ligne jaune », qui délimite les zones occupées par l’armée israélienne dans le sud du pays.

Selon le dernier bilan officiel du ministère de la Santé, au moins 4383 personnes ont été tuées et 12 406 autres ont été blessées par les bombardements et les tirs israéliens contre le Liban depuis la reprise de la guerre le 2 mars. Malgré le dernier « cessez-le-feu » annoncé le 29 juin au Liban, les hostilités n'ont pas cessé dans le sud du pays, visé quotidiennement par des frappes et des destructions commises par l'armée israélienne, qui occupe toujours plus de 600 km² du territoire libanais.

Dynamitages continus dans plusieurs secteurs

Rasée méthodiquement depuis plusieurs semaines, Mansouri, localité côtière coupée en deux par la « Ligne jaune », a de nouveau été dynamitée et ciblée à de multiples reprises par les tirs d’artillerie et bombardements de l'armée israélienne. Trois raids de l'aviation israélienne ont notamment ciblé le village en début de soirée, tandis que deux autres raids visé Kfartebnit et une zone située entre les localités de Bani Hayan et Qantara, du côté de Wadi Slouki, autre limite de la zone occupée.

D'autres dynamitages israéliens ont été signalés dans la zone occupée, notamment à Bint Jbeil, Majdal Zoun (Tyr), Qantara ainsi que dans une zone située entre Aadchit el-Qousseir et Taybé (Marjeyoun), tandis que des maisons ont été incendiées à Tiri (Bint Jbeil). Des travaux de terrassement ont également été signalés dans la matinée à Mansouri, alors qu'Israël dit poursuivre la consolidation de sa « zone tampon ».

L’artillerie israélienne a par ailleurs visé les localités de Nabatiyé el-Faouqa, Kfar Tebnit et Arnoun (caza de Nabatiyé), Wadi Houjeir, Touline et Qantara (Marjeyoun), Haddatha, Beit Yahoun, Srebbine, Haris (Bint Jbeil), ainsi que Majdal Zoun et Wadi Zebqine (Tyr). Des tirs d’artillerie israéliens ont également provoqué un incendie dans le lieu-dit de Seddané, aux abords de Kfarchouba (caza de Hasbaya), avant qu’une seconde explosion ne soit ensuite déclenchée par l’armée israélienne dans le même secteur, alimentant également les flammes.

À l’aube, une rare frappe d’artillerie a également touché Hebbariyé, village sunnite toujours habité dans le caza de Hasbaya, qui a aussi été visé par des tirs à l’arme automatique. Par ailleurs, les forces israéliennes ont ouvert le feu en direction de jeunes hommes près de la décharge de Chaqra (Bint Jbeil), sans faire de blessés, mais en endommageant un véhicule municipal. Plusieurs dynamitages d'habitations ou de bâtiments ont également été signalés à Bint Jbeil, Qantara et Majdal Zoun, compris dans la zone occupée, tandis que des maisons ont été incendiées à Tiri (Bint Jbeil). Enfin, des véhicules militaires israéliens ont été aperçus en train de manœuvrer aux abords de Wadi Slouki, entre les villages de Chaqra et Meis el-Jabal (Marjeyoun).

Enfin, la route reliant le village de Qaqaïyet el-Jisr, au nord du fleuve Litani, à Froun, au sud du cours d'eau, a été rouverte ce lundi à la circulation après l’achèvement des travaux de revêtement menés par les municipalités locales. Ces travaux devraient permettre un retour à la normale du trafic après les perturbations causées par les multiples frappes israéliennes, ayant détruit le pont et endommagé le reste de cette route reliant le caza de Nabatiyé à celui de Bint Jbeil.

Paris et Beyrouth poussent pour un maintien de la Finul

Dans ce contexte, le Liban et la France continuent d'œuvrer au maintien de la Finul au Liban-Sud au-delà de l’expiration de son mandat, prévue le 31 décembre 2026, rapporte le Financial Times. Dans une lettre adressée début septembre aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU, et consultée par le quotidien britannique, Beyrouth juge « prématuré » de mettre fin à la mission et réclame la prolongation du « dispositif actuel pour une période limitée ». La France et une majorité des membres du Conseil soutiendraient cette demande, malgré l’opposition d’Israël. Les États-Unis, qui avaient poussé l'an dernier pour mettre fin au mandat de la Finul en décembre 2026, auraient « reconnu très tard » que certaines des tâches actuellement assurées par les Casques bleus devraient être » maintenues sous une forme ou une autre », selon une source citée par le journal.

Cette initiative diplomatique intervient alors que les efforts pour mettre sur pied une force internationale destinée à succéder à la Finul sont dans l’impasse. Plusieurs scénarios demeurent à l'étude, parmi lesquels une « mission onusienne réduite » ou le « déploiement de militaires français, américains ou européens », indique le FT. Paris cherche à mobiliser des soutiens autour d’un dispositif centré sur l’appui et la formation de l’armée libanaise en vue de la future conférence devant se tenir à Paris pour mobiliser des fonds pour renforcer les forces armées libanaises, initialement prévue en mars 2026, avant d’être reportée à cause de la reprise de la guerre.

Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar et le directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Raëd Abdallah, se sont rendus ce lundi au Pakistan pour y rencontrer le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir. Les discussions ont notamment porté sur la participation du Pakistan à la conférence préparatoire de soutien aux forces armées libanaises, qui doit se tenir cette semaine à Paris. Le chef de l’armée pakistanaise a réaffirmé « l’engagement de son pays à renforcer les relations bilatérales avec le Liban », exprimant son souhait de « développer la coopération dans les domaines d’intérêt commun ».

Le général Rodolphe Haykal, commandant en chef de l’armée libanaise, s’était déjà rendu au Pakistan à l’invitation de son homologue pakistanais en juin.

De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a de nouveau répété qu'Israël n'avait nullement l'intention de se retirer du Liban-Sud occupé, tant que le Hezbollah n'aura pas été désarmé sur l'ensemble du territoire. « Nous ne bougerons pas de la zone de sécurité, et l’armée israélienne ne se retirera pas et ne se redéploiera pas tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé dans l’ensemble du Liban », a-t-il dit, dans des propos rapportés par la presse israélienne.

Ce dernier a également clamé dans ces mêmes déclarations que l'aire des territoires libanais occupés dans le sud du pays s'étendait désormais à « 700 km² », après la prise de contrôle de Ali Taher, point le plus septentrional de la « zone tampon ». « Après l’élimination des combattants et la destruction des tunnels du Hezbollah sur la crête d’Ali Taher, l’armée israélienne se prépare opérationnellement à contrôler la crête et à empêcher toute tentative du Hezbollah de s’y réinstaller. Quiconque s’en approchera sera éliminé », a-t-il affirmé.

Après une nuit rythmée par les tirs d’artillerie israéliens, au moins une personne a été tuée au Liban-Sud par les frappes et les tirs continus de l’armée israélienne, qui poursuit dans le même temps sa destruction des villages occupés, dont Mansouri, au sud de Tyr.Un enseignant du nom de Adib Obeid, originaire du village de Baraachit (caza de Bint Jbeil), a ainsi succombé à ses blessures ce lundi après avoir été touché par des tirs israéliens, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le défunt avait été transporté à l’hôpital après avoir été blessé lors d’une opération de ratissage menée par les troupes occupantes visant la localité, située aux abords de la « Ligne jaune », qui délimite les zones occupées par l’armée israélienne dans le sud du pays.Selon le dernier...