Un policier se tient à l’entrée du commissariat de la police municipale de Carcassonne, dans le sud de la France, le 9 septembre 2026. Photo d'illustration Ed JONES / AFP
Au moins huit Turcs, dont certains sont soupçonnés d'appartenir à l'organisation criminelle turque Daltonlar, ont été mis en examen et écroués en France récemment dans le cadre d'une enquête pour trafic d'armes, a appris l'AFP mardi de sources proches du dossier.
Douze personnes, suspectées d'être membres des Daltonlar, ont été arrêtées jeudi et vendredi en France, a indiqué à l'AFP une source proche, confirmant une information de BFM. Lors d'une opération policière, 150 armes à feu ont été saisies dans une camionnette dans l'Ain, a-t-elle ajouté. L'organisation Daltonlar, soit « les Dalton », comme la bande dessinée, est impliquée, selon les autorités turques, dans des extorsions de fonds, des rackets, des assassinats, des trafics de stupéfiants ou de cigarettes.
Selon une deuxième source proche du dossier, confirmant Le Parisien, sept hommes membres de la communauté turque ont été mis en examen lundi à Paris pour trafic d'armes et association de malfaiteurs, puis placés en détention provisoire. Un premier Turc avait été interpellé le 24 août, puis mis en examen et écroué le 28. Selon Le Parisien, il avait été interpellé à Paris alors qu'il transportait des sacs contenant une trentaine de pistolets, des contrefaçons de Glock vendues entre 1.300 et 2.800 euros l'unité. Ceci porte donc à huit le nombre de mises en examen connues pour le moment dans cette enquête menée par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), qui s'est refusé à tout commentaire.
Les enquêteurs s'intéressent à un trafic d'armes pouvant s'étendre en Espagne, en Italie, en Belgique notamment, et pouvant ou ayant pu bénéficier à des organisations comme la DZ Mafia pour le narcotrafic ou la guérilla kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Selon la deuxième source proche du dossier, certaines armes ont été utilisées lors d'une tentative d'assassinat à Marseille qui serait liée à la DZ Mafia. Sollicité par l'AFP, l'avocat du premier Turc mis en examen, Me Louis-Joseph Ricard, a simplement indiqué que son client avait « gardé le silence ».
Me Mikaël Benillouche, qui défend un Kurde mis en examen et écroué lundi, a expliqué que ce dernier avait pris conscience de la « gravité des faits commis, lors de sa garde à vue ». Selon lui, son client, résidant à Garges-lès-Gonnesse (Val-d'Oise), ne faisait pas partie des Dalton, mais il a commencé à cacher des armes pour rendre service à des membres de sa communauté. Alors qu'il voulait arrêter, il a ensuite été passé à tabac et a dû également vendre des armes.
Les Dalton sont présentés par la presse turque comme « une organisation criminelle de nouvelle génération », qui recrute des jeunes membres (moins de 25 ans) et utilise activement les réseaux sociaux. En 2025, un tribunal d'Istanbul avait condamné deux dirigeants des Dalton, ainsi que 258 autres personnes, à de lourdes peines de prison, selon l'agence étatique Anadolu.