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Dernières Infos - Turquie

Opération anti-LGBT+ : nouvelles arrestations après une manifestation


Des manifestants lors d’un rassemblement contre l’arrestation de militants LGBTQ à Izmir, le 14 septembre 2026. Photo Murat Kocabas / AFP

Des dizaines de personnes protestant contre un coup de filet anti-LGBT+ en cours en Turquie ont été interpellées mardi à Istanbul, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

Les manifestants réunis devant le palais de justice de Caglayan, sur la rive européenne d'Istanbul, ont été encerclés puis interpellés par la police turque après avoir refusé de se disperser. « Vive la lutte pour la liberté », « Malgré la haine, vive la vie », « Libérez immédiatement les détenus ! » ont scandé les manifestants, qui tenaient une banderole où on pouvait lire « Etre LGBT+ et s'organiser n'est pas un crime ».

« Je suis très en colère, frustrée et déçue (...) Ce que nous voyons aujourd'hui est profondément inquiétant », a déploré Zeynep, une manifestante de 44 ans, refusant de donner son nom complet. « Alors que tant de crimes graves restent impunis, le gouvernement mène désormais des opérations contre les militants LGBT+. Ces personnes n'ont commis aucun autre crime que d'être celles qu'elles sont et défendre leurs droits ou ceux des autres », a-t-elle ajouté à l'AFP.

Le parti prokurde DEM, essentiel dans le processus de paix entre Ankara et les combattants kurdes du PKK, a dénoncé le coup de filet anti LGBT+. « Le langage de la paix ne peut aller de pair avec la répression », a écrit le DEM sur le réseau social X, affirmant que « (parler) de paix d'un côté tout en restreignant l'espace démocratique de l'autre ne sera ni convaincant, ni de nature à inspirer confiance ». Des dizaines de personnes ont été arrêtées dimanche par la police turque dans des bars gay et aux domiciles de militants LGBT+, pour « obscénité », « aide à la prostitution » ou « liens financiers avec l'étranger ».

De nombreux comptes de réseaux sociaux de défenseurs des droits humains et de médias ont en outre été bloqués, dans le cadre d'opérations appelées « Ma famille est en sécurité ». Le ministre turc de la Justice, Akin Gürlek, a promis de poursuivre cette campagne, restant sourd aux inquiétudes notamment de l'Union européenne. Le chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan, qui a proclamé en 2026 « la Décennie de la famille », prend régulièrement pour cible les LGBT+ qu'il qualifie de « pervers » et auxquels il impute la chute drastique de la natalité.

Selon le DEM, « après les restrictions d'accès imposées hier aux comptes des réseaux sociaux (...) la détention (...) de nombreuses autres personnes aggrave la situation ». Intermédiaire entre le gouvernement turc et Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le DEM est régulièrement accusé par d'autres partis d'opposition de ménager le pouvoir pour ne pas compromettre le processus de paix, qui vise à mettre fin à plus de quatre décennies de guérilla. L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l'homophobie y est répandue jusqu'au sommet de l'Etat.

Des dizaines de personnes protestant contre un coup de filet anti-LGBT+ en cours en Turquie ont été interpellées mardi à Istanbul, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.Les manifestants réunis devant le palais de justice de Caglayan, sur la rive européenne d'Istanbul, ont été encerclés puis interpellés par la police turque après avoir refusé de se disperser. « Vive la lutte pour la liberté », « Malgré la haine, vive la vie », « Libérez immédiatement les détenus ! » ont scandé les manifestants, qui tenaient une banderole où on pouvait lire « Etre LGBT+ et s'organiser n'est pas un crime ».« Je suis très en colère, frustrée et déçue (...) Ce que nous voyons aujourd'hui est profondément inquiétant », a déploré Zeynep, une manifestante de 44 ans, refusant de donner son nom...