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Politique - Focus

Délégation émiratie au Liban : l’absence remarquée de Nawaf Salam

Le Premier ministre était le seul pôle du pouvoir à ne pas s’entretenir avec les hommes d’affaires lors de leur tournée à Beyrouth. Une fausse polémique ?

Délégation émiratie au Liban : l’absence remarquée de Nawaf Salam

Le Premier ministre, Nawaf Salam, à Tyr (Liban-Sud), le 21 août 2026. Photo tirée du compte X de la présidence du Conseil

Le Premier ministre, Nawaf Salam, a été le seul pôle du pouvoir à ne pas s’entretenir avec la délégation d’hommes d’affaires émiratis, en tournée à Beyrouth mercredi et jeudi. Une absence remarquée à l’heure où le gouvernement dit œuvrer à rétablir les ponts entre le Liban et les pays arabes après des années de froid. De quoi pousser certains observateurs à voir anguille sous roche. De leur côté, les sources proches du Sérail rejettent cette lecture et affirment que M. Salam, en déplacement en Turquie, n’a pas pu s’entretenir avec la délégation pour des raisons logistiques.

Pour certains, l’absence de Nawaf Salam pourrait être interprétée à travers un angle saoudien. Et pour cause : le chef du gouvernement est dans les bonnes grâces de Riyad depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2025. Plus récemment, le gouvernement Salam (et le pouvoir en général) a reçu un important coup de pouce franco-saoudien lors du sommet tenu lundi à l’Élysée entre le président français, Emmanuel Macron, et le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane. « La France et l’Arabie saoudite ont salué les mesures prises par le président de la République libanaise, Joseph Aoun, et par le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, pour reconstruire les institutions de l’État et étendre l’autorité de celui-ci, peut-on lire dans un communiqué conjoint. Elles ont également réaffirmé leur engagement à soutenir les Forces armées libanaises et les forces de sécurité, afin de leur permettre d’assumer pleinement leurs responsabilités nationales. »

« Nawaf Salam n’a aucun intérêt à se mettre à dos les Saoudiens en recevant, quelques jours après le sommet de l’Élysée, une délégation émiratie en pleine tension entre Riyad et Abou Dhabi dans plusieurs pays de la région, dont le Yémen et le Soudan, sans oublier la guerre en cours entre l’Iran et les États-Unis », commente un député sunnite qui a souhaité garder l’anonymat. « Il sait qu’il ne faut pas se mettre à dos les Émirats. Mais il comprend aussi qu’il est encore plus important de ne pas fâcher l’Arabie saoudite », ajoute le parlementaire. Riyad opère un come-back prudent au Liban depuis la fin de la guerre de 2024. En face, les Émirats sont plus discrets, mais plusieurs signaux indiquent qu’ils pourraient tenter d’accroître leur influence par l’intermédiaire de l’ancien Premier ministre Saad Hariri et de son courant du Futur. Ayant quitté la scène politique en 2021 en raison de la dégradation de ses relations avec Riyad, M. Hariri reste particulièrement populaire auprès des sunnites et est actuellement exilé aux Émirats arabes unis. Le mois dernier, la distribution d’aides émiraties par le courant du Futur a suscité l’attention des observateurs.

Entretiens avec Mitri et Bsat

Cette lecture ne convainc toutefois pas tout le monde. « M. Salam est sans doute conscient de l’ampleur des tensions entre Saoudiens et Émiratis. Mais cela ne constitue pas forcément une raison valable pour ne pas recevoir des hommes d’affaires », souligne Karim Bitar, politologue. « C’était une tournée principalement axée sur l’économie et les investissements », lance-t-il. C’est dans le même cadre que s’inscrit l’explication du Sérail. On y rappelle en effet que le chef du gouvernement est actuellement en déplacement en Turquie, un voyage décidé il y a plus de trois semaines, alors que le rendez-vous avec la délégation émiratie a été demandé il y a seulement quelques jours. Il a donc été difficile pour le Premier ministre de reporter son voyage, selon une source proche du Sérail. « Contrairement à ce qui a été dit récemment dans les médias, Nawaf Salam n’est pas en vacances en Turquie. C’est un déplacement personnel, mais les contacts et le travail politique n’en sont pas absents », ajoute la source, quelques semaines après la dernière visite de Nawaf Salam à Istanbul, où il s’était entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. « C’est la seule période où le Premier ministre peut se permettre de voyager, les séances du Conseil des ministres étant reportées à septembre », ajoute-t-elle.

La source tient également à souligner que les hommes d’affaires émiratis se sont entretenus avec le vice-président du Conseil, Tarek Mitri, et le ministre de l’Économie, Amer Bsat, tous deux proches de Nawaf Salam. Et d’ajouter : « Je crois que le numéro deux du gouvernement et le ministre de l’Économie sont bien placés pour s’entretenir avec des hommes d’affaires. »



Le Premier ministre, Nawaf Salam, a été le seul pôle du pouvoir à ne pas s’entretenir avec la délégation d’hommes d’affaires émiratis, en tournée à Beyrouth mercredi et jeudi. Une absence remarquée à l’heure où le gouvernement dit œuvrer à rétablir les ponts entre le Liban et les pays arabes après des années de froid. De quoi pousser certains observateurs à voir anguille sous roche. De leur côté, les sources proches du Sérail rejettent cette lecture et affirment que M. Salam, en déplacement en Turquie, n’a pas pu s’entretenir avec la délégation pour des raisons logistiques. Pour certains, l’absence de Nawaf Salam pourrait être interprétée à travers un angle saoudien. Et pour cause : le chef du gouvernement est dans les bonnes grâces de Riyad depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2025. Plus...
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