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Politique - Liban

Issa transmet un message américain au Hezbollah : Livrez les armes... pour négocier

Le président Aoun affirme que les pourparlers avec Tel-Aviv ne sont « ni rapides, ni faciles », mais affirme qu'elles sont « la seule issue possible ».

Issa transmet un message américain au Hezbollah : Livrez les armes... pour négocier

L'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa et le mufti de la République, Abdellatif Deriane, à Dar el-Fatwa. Photo ANI

C'est une position assez tranchée, mais dans le même temps une perche. Mercredi, l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a fustigé le manque d'avancées dans le chantier du désarmement du Hezbollah, affirmant que les frappes israéliennes se poursuivront tant que la milice n'aura pas remis ses armes. Une position alignée sur celle d'Israël, qui affirme que la fin de la guerre et le retrait des zones occupées doivent être conditionnés à la reprise, par l'État libanais, du monopole des armes. « Le parti ne veut rien faire, alors pourquoi demander à Israël de tout faire ? », a-t-il ainsi demandé depuis Dar el-Fatwa, après un entretien avec le mufti de la République, Abdellatif Deriane.

Si l'ambassadeur a également démenti toute négociation entre les États-Unis et le Hezbollah, il a toutefois pavé la voie : « Une négociation (entre Washington et le Hezbollah) ne pourrait avoir lieu que si le Hezbollah avait quelque chose à présenter » aux États-Unis, a glissé le diplomate. Une position nuancée après les propos tenus par Tom Barrack, qui l'avait précédé en tant qu'émissaire à Beyrouth. Celui-ci avait estimé, avant de rétropédaler, que les négociations patinaient car le parti et son parrain, l'Iran, ne participaient pas aux pourparlers. Mahmoud Comati, chef adjoint du conseil politique du parti, avait également affirmé la semaine dernière que le Hezbollah est « ouvert » à un dialogue avec les États-Unis.

Depuis Dar el-Fatwa, l'ambassadeur américain d'origine libanaise a également imputé au Hezbollah la responsabilité du statu quo, à l'heure où Israël s'acharne sur la colline de Ali Taher (près de Nabatiyé, qui abriterait un site militaire stratégique du Hezbollah) au Liban-Sud. « Aucun accord pour mettre fin aux agressions israéliennes n’a encore pu être conclu, car le Hezbollah n’a pas remis ses armes », a-t-il affirmé. Concernant les affrontements de Ali Taher, qui risquent de déraper, Michel Issa a assuré ne pas savoir personnellement ce qui s’y déroule et quelle sera l’évolution de la situation sur le terrain. « Nous verrons dans les prochains jours », s’est-il contenté de dire.

Évoquant dans ce cadre le gel des négociations entre le Liban et Israël sous égide américaine, le diplomate a assuré qu'elles « ne sont pas arrêtées », sans pour autant évoquer la tenue d'un nouveau cycle bientôt. Il a toutefois différencié « les négociations techniques, comme celles de Rome, qui ne nécessitent pas de dates fixées à l’avance, mais se déroulent dès qu’un problème ponctuel doit être réglé », et « les négociations liées à la souveraineté qui sont fixées à l’avance, afin de permettre aux participants d’ajuster leur calendrier en conséquence ». Il a toutefois indiqué que l'expansion des zones pilotes (où l'armée doit se déployer pour démanteler les infrastructures du Hezbollah, en échange d'un retrait israélien) dépend de la complétion du travail de la troupe dans les premières zones sélectionnées (à savoir Froun, Zaoutar el-Gharbiyé et Srifa). « Tout ce qui est inscrit sur papier met du temps à être réalisé sur le terrain », a-t-il regretté. Et d'ajouter : « Dès que la première zone pilote est achevée, la deuxième, la troisième et la quatrième iront plus vite. Le général américain Joseph Clearfield est venu au Liban (à la mi-août). Il coordonne avec les Libanais et les Israéliens sur l’évolution de la situation ».

Michel Issa a par ailleurs affirmé au mufti Deriane, plus haute instance sunnite du Liban, que les États-Unis se tiennent aux côtés du Liban et souhaitent contribuer à sa souveraineté. « J'ai assuré au mufti que les États-Unis se tiennent aux côtés du peuple libanais et souhaitent que le Liban soit un pays sûr et indépendant », a-t-il souligné.

Nous partageons les mêmes objectifs

Le Liban a été entraîné début mars dans le conflit opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis, après que le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran. Israël a riposté par d’intenses bombardements sur le Liban, qui ont fait plus de 4 300 morts, et y occupe depuis une « zone tampon » de plus de 600 km2. Fin juin, quelques jours après l’entrée en vigueur d’un nouveau cessez-le-feu, le Liban et Israël ont conclu, sous parrainage américain, un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans la région. Le Hezbollah s’oppose à ces négociations directes entre Israël et le Liban, dont un huitième cycle doit se tenir à Rome en septembre.

C'est dans ce cadre que le président de la République, Joseph Aoun, a déclaré mercredi avoir pris la décision d’engager des négociations avec Israël « afin d’éviter les ravages et tragédies de la guerre. » « Il est vrai que ces négociations ne sont ni faciles ni rapides et qu’elles se heurtent à des obstacles et à des difficultés, mais elles restent de loin préférables à la guerre », a-t-il souligné au palais de Baabda, devant une délégation du Conseil général maronite. « Nous partageons les mêmes objectifs : libérer le Sud, déployer l’armée jusqu’à la frontière, récupérer les prisonniers, permettre le retour des habitants et procéder à la reconstruction. Comme cela s’est avéré, ces objectifs ne peuvent pas être atteints par la guerre. Il ne reste donc d’autre choix que la négociation », a ajouté le chef de l’État.

C'est une position assez tranchée, mais dans le même temps une perche. Mercredi, l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a fustigé le manque d'avancées dans le chantier du désarmement du Hezbollah, affirmant que les frappes israéliennes se poursuivront tant que la milice n'aura pas remis ses armes. Une position alignée sur celle d'Israël, qui affirme que la fin de la guerre et le retrait des zones occupées doivent être conditionnés à la reprise, par l'État libanais, du monopole des armes. « Le parti ne veut rien faire, alors pourquoi demander à Israël de tout faire ? », a-t-il ainsi demandé depuis Dar el-Fatwa, après un entretien avec le mufti de la République, Abdellatif Deriane.Si l'ambassadeur a également démenti toute négociation entre les États-Unis et le Hezbollah, il a...
commentaires (12)

Pour résumer en quelques mots l'action d'israel au liban, israel cherche à punir le Liban d'être le Liban, l'antithèse d'Israël.

MeK

16 h 25, le 27 août 2026

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Commentaires (12)

  • Pour résumer en quelques mots l'action d'israel au liban, israel cherche à punir le Liban d'être le Liban, l'antithèse d'Israël.

    MeK

    16 h 25, le 27 août 2026

  • AVEC PERMISSION : L'armée israélienne accuse le Hezbollah d'avoir lancé deux « drones piégés » sur ses forces à Ali Taher | Direct - BIZARRE accusation par ceux qui detruisent tout sur leur passage ! Fallait leur lancer des BONBONS ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 35, le 27 août 2026

  • Comme si Israel pouvait et voulait désarmer le Hb ! Israel sait exterminer des populations, dynamiter et raser des villages et faire table rase du vert et du sec, comme on dit en arabe. La solution israélienne, c'est Gaza qui est l'extermination pure et simple de tout un peuple. Welcome to the israélo-americana Pax !

    MeK

    14 h 34, le 27 août 2026

  • L état libanais ne peut pas desarmer le HEZB. La situation est inextricable. Le seul espoir est la chute du régime des mollahs en IRAN.

    HABIBI FRANCAIS

    12 h 51, le 27 août 2026

  • Le Président a beau nous marteler quotidiennement que l'A-C est la meilleure solution, il a du mal à nous en convaincre quand on voit toutes les destructions qu'Israël commet sur le terrain sous couvert de l'A-C sans qu'ils n'arrivent à désarmer la milice car les moyens utilisés ne sont pas les bons. Israel doit commencer par se retirer et le gouvernement chercher une solution politique comme dans tous les pays où une milice a été désarmée. Ça ne sa fait pas sous occupation avec une armée étrangère qui ne cherche qu'à détruire nos vies, nos villes et nos villages. Israel DEHORS !

    MeK

    11 h 58, le 27 août 2026

  • Évidement que le dépôt des armes du parti vendu est une condition irréfutable avant qu’aucune négociation sur son sort ne soit prise. Il le sait mieux que personne et insiste à garder ses armes pour pouvoir reprendre le pouvoir et dominer notre pays dans la terreur comme il l’a déjà fait après tous les cessez-le-feu qu’il prenait pour une victoire divine alors que notre pays était détruit par ses soins. Qu’on arrête de dire que c’est la volonté des E.U et d’Israel, c’est surtout une volonté libanaise qui ne veut plus être sous les bottes des mollahs forts de leur proxy armés pour nous asservir

    Sissi zayyat

    10 h 41, le 27 août 2026

  • Négocier avec les EU, la milice ne veut que ça, car son rôle unique est de remplacer l’Etat. Même avec le syrien chareh, la tactique est la même, elle est prête à parler avec le diable pour garder son rôle destructeur. Elle compte sur le pragmatisme politique. Nos officiels doivent bien le savoir, et leur seule chance c’est de montrer qu’ils peuvent limiter l’influence du hezbollah, en procédant au désarmement, à commencer par certaines régions plus faciles. Sinon le hezbollah aura gain de cause à la fin. Ou bien alors le voisin applatira le sud…et le nord ! Courage messieurs, allez -y.

    NG

    07 h 04, le 27 août 2026

  • Si le désarmement précédait la négociation que resterait-il à négocier ?

    Kamel EL YAFI

    22 h 25, le 26 août 2026

  • Par contre les rouleurs dans une berlingue capotee, roullee, eux sont bien connus, Faut bien qu'il klaxonnent de temps en temps dans arguments credibles, verifables.

    Zampano

    22 h 02, le 26 août 2026

  • Ces ambassadeurs libano-américains se suivent et se ressemblent et semblent tous être les porte-parole d'israël. faudrait savoir pour qui ils roulent et qui ils roulent ... On sait qui ils roulent mais pour qui ils roulent, ça reste un peu confus ...

    MeK

    17 h 38, le 26 août 2026

  • Si Israel venait à évacuer le Liban, sans que le Hezb ne soit désarmé et éliminé en tant que force militaire, ils le présenteront comme une autre victoire divine, ce qui serait une vrai catastrophe pour l'avenir du Liban.

    Charles Sebbag

    16 h 10, le 26 août 2026

  • Si simple que ca ! Messieurs nos gouvernants... Le pire est a attendre.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 10, le 26 août 2026

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