La mosquée Mohammad el-Amine, vue depuis la rue Gouraud, dans le centre-ville de Beyrouth, le 24 juin 2026. Photo d’illustration Philippe Hage Boutros / L’Orient-Le Jour
La reprise, le 2 mars dernier, de la guerre entre le Hezbollah et Israël va faire perdre au Liban 3,571 milliards de dollars en revenus générés par le tourisme et la consommation interne en 2026, a affirmé la Banque mondiale dans son dernier rapport semestriel sur le pays, publié vendredi dernier, dans lequel l’institution tablait sur une baisse de 6,4 % du PIB.
Le montant estimé des pertes figure, lui, dans le focus spécial du Lebanon Economic Monitor, où l’organisation souligne que la contraction de l’économie attendue sera plus importante que celle enregistrée en 2024, année marquée par la précédente escalade militaire entre les deux mêmes belligérants, dans le sillage du front de soutien ouvert et enclenché par le Hezbollah à la frontière avec le nord d’Israël au lendemain du 7 octobre 2023.
La BM ne fournit cependant pas de nouvelles estimations des dégâts liés aux destructions causées par l’armée israélienne au Liban-Sud et dans les autres parties du pays qu’elle a bombardées ces derniers mois.
Pour produire ses chiffres, la BM a comparé l’économie réelle de 2026 avec une estimation de ce qu’elle aurait été si le conflit n’avait pas repris, en utilisant une méthodologie déjà éprouvée en 2024. Elle ajoute que, sans guerre, le Liban aurait pu s’attendre à voir son PIB croître de 4,2 % en 2026.
Pour le tourisme, elle a estimé le nombre de visiteurs qui seraient venus en l'absence de guerre et les dépenses qu’ils auraient générées ; pour la consommation, elle s’est notamment appuyée sur les données de luminosité nocturne pour mesurer la perte d’activité.
Dépenses des expatriés
Les revenus du tourisme représentent la plus importante partie des pertes, avec 3,001 milliards de dollars de recettes touristiques perdues. Sur ce total, 1,837 milliard correspondent aux recettes liées aux voyages et 1,164 milliard aux dépenses qui auraient été effectuées par les expatriés libanais en l’absence de conflit. « Les recettes liées aux services de voyage sont susceptibles de sous-estimer les dépenses touristiques réelles. Cela s’explique par la prévalence des transactions en espèces dans l’économie et le fait que certains expatriés libanais, notamment ceux ayant quitté récemment le pays, soient considérés à tort comme des résidents », précisent les auteurs du rapport dans leur démonstration.
La BM estime enfin les pertes lié à la consommation interne à 569,6 millions de dollars, un montant « calculé en additionnant les pertes de consommation enregistrées au Liban-Sud (140,2 millions), à Nabatiyé (186,4 millions) et dans la banlieue sud de Beyrouth (243,0 millions) », soit les trois zones principalement bombardées par Israël, souvent sans discrimination.
L'organisation reconnaît cependant que ce « calcul ne tient pas compte d’une baisse plus générale de la consommation liée à la dégradation du moral des ménages et des acteurs économiques » ni du fait que « les déplacements de population vers d’autres gouvernorats d’accueil pourraient avoir entraîné une hausse de la consommation dans ces régions, notamment en raison des dépenses humanitaires engagées par les autorités ». « L’analyse part du principe que ces deux effets opposés sur la consommation s’annulent mutuellement », conclut-elle.



Hors cout de la reconstruction. Hors aides directes au réfugiés, Hors subventions du ministère de la santé au Sud, Hors indemnités aux familles des chouhada. Merci Hezballah d'avoir conduit le pays à la ruine ! Merci à son ingratitude. Il faut faire ressortir tout ce que le hezballah et amal coutent au Liban
15 h 01, le 27 août 2026