Le président intérimaire syrien Ahmed el-Chareh (au centre) assiste à une réunion avec son ministre des Affaires étrangères Asaad Shaibani (deuxième à droite) et Mazloum Abdi (troisième à gauche), le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, au Palais du Peuple à Damas, le 25 août 2026. Photo Bakr ALkasem / AFP
Les Unités de protection de la femme kurdes en Syrie (YPJ) ont indiqué jeudi avoir discuté avec le ministère de l'Intérieur de l'intégration de leurs combattantes au sein des forces gouvernementales. Cette annonce intervient deux jours après que le chef des combattants kurdes en Syrie, Mazloum Abdi, a annoncé la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont font partie les YPJ, conformément à un accord avec Damas.
Dans un communiqué, les YPJ ont indiqué que leur direction avait rencontré mercredi une délégation du ministère de l'Intérieur. « La possibilité d'intégrer les Unités de protection de la femme, en tant que force spéciale et organisée, au sein du ministère de l'Intérieur a été confirmée », ont-elles précisé. Les discussions se poursuivront « afin d'achever le processus d'intégration », dans le cadre de l'accord signé en janvier entre M. Abdi et le président Ahmad al-Chareh.
Après le déclenchement du conflit en Syrie en 2011, les combattants kurdes, parmi lesquels des femmes, avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Ils avaient reçu le soutien de la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis. Les combattantes ont ensuite assumé des responsabilités administratives et sécuritaires dans les camps d'Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie, où ont été détenus pendant des années des proches de jihadistes présumés. Les combattants kurdes doivent être eux intégrés à l'armée syrienne qui n'accepte actuellement pas de femmes dans ses rangs.
Une source militaire kurde, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a indiqué à l'AFP que 1 500 combattantes seraient intégrées à une force relevant du ministère de l'Intérieur. Des responsables kurdes avaient indiqué qu'au plus fort du conflit, les femmes représentaient environ un tiers des forces kurdes.
Mardi, M. Abdi avait annoncé la fin de la mission des FDS et « leur dissolution en tant que force militaire indépendante », après « l'achèvement du processus d'intégration ». Les FDS constituaient de fait l'armée de l'administration mise en place par les Kurdes dans le nord et le nord-est de la Syrie après avoir pris le contrôle de territoires en combattant l'EI.
Après le renversement du président Bachar el-Assad en décembre 2024, son successeur Ahmad el-Chareh s'est attelé à réunifier le pays morcelé par la guerre et à démanteler les groupes armés.

