Le ministre libanais des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny, lors d’une conférence de presse avec son homologue syrien, Yarub Badr, au siège du ministère à Damas, le 25 août 2026. Photo Agence officielle syrienne SANA
Le Liban et la Syrie ont défini les grandes lignes d’un projet de liaison ferroviaire entre les deux pays, qui pourrait à terme ouvrir la voie à un axe reliant le Liban à la Syrie, à l’Irak, aux pays du Golfe et à la Turquie. L'annonce a été faite mardi à l'issue d'une réunion à Damas entre le ministre syrien des Transports Yarub Badr, et son homologue libanais Fayez Rassamny.
Les deux ministres ont notamment discuté du développement des transports et de la logistique, du renforcement de la coopération bilatérale et de l’accroissement des échanges commerciaux, sur la base d’objectifs communs et d’un calendrier précis, selon l’agence officielle syrienne SANA.
À l’issue de la réunion, Fayez Rassamny a indiqué que les deux parties avaient posé les grandes lignes d’un projet de liaison ferroviaire entre le Liban et la Syrie et qu’un comité spécialisé serait chargé d’en étudier les aspects techniques. Le projet pourrait permettre à terme la mise en place d’un axe ferroviaire reliant le Liban à la Syrie, puis au reste de la région. Les discussions ont notamment porté sur la réactivation du transport ferroviaire entre les deux pays via Abboudiyé, dans le nord du Liban, et sur son raccordement au réseau syrien dans la province voisine de Homs.
Des voies à réhabiliter
Les deux ministres ont également examiné l’état des voies ferrées et identifié les tronçons nécessitant des travaux de réhabilitation. Les modalités de régulation du trafic ferroviaire, les procédures douanières et sécuritaires ainsi que la coordination entre les administrations concernées ont également été abordées, afin de définir les étapes nécessaires à une remise en service progressive de la ligne.
M. Rassamny a souligné que le rétablissement de la liaison ferroviaire nécessitera au préalable des travaux préparatoires et des études techniques conjointes pour déterminer les tracés, les points de raccordement et les modalités de passage. Il a insisté sur la nécessité pour Beyrouth et Damas d’établir un plan commun avant de passer à la phase suivante.
De son côté, Yarub Badr a estimé que la coopération entre les deux pays pourrait contribuer à attirer des bailleurs de fonds et à obtenir les financements nécessaires aux projets communs. Le ministre syrien a précisé que les travaux se poursuivaient pour réhabiliter les routes, les postes-frontières et les ponts endommagés le long de la frontière. La majorité d'entre eux, dont les ouvrages principaux de Masnaa, Abboudiyé et Arida avaient été lourdement endommagés par les frappes israéliennes pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2024.
Arida pourrait rouvrir dans les prochaines semaines
Fayez Rassamny a pour sa part fait de la réhabilitation des postes-frontières, des routes et des ponts une priorité pour faciliter les échanges. Il a annoncé que le poste-frontière de Arida devrait reprendre ses activités dans les prochaines semaines, ce qui permettrait d’alléger la pression sur les autres points de passage.
En mai dernier, lors d’une visite au port de Tripoli, M. Rassamny avait déjà donné le coup d’envoi d’une première étape officielle vers une éventuelle réhabilitation des quelque 40 kilomètres de voie ferrée reliant le deuxième port du Liban au poste-frontière de Abboudiyé. Il avait signé le cahier des charges d’un appel d’offres permettant à l’Office des chemins de fer et des transports en commun (OCFTC) de sélectionner une entreprise chargée de réaliser une étude de faisabilité du projet. Le chemin de fer au Liban remonte à plus de 130 ans. La ligne Beyrouth-Damas avait été inaugurée le 3 août 1895. Le réseau ferroviaire libanais a ensuite progressivement cessé de fonctionner pendant la guerre civile (1975-1990), tandis que des constructions illégales ont depuis empiété sur une partie des voies.

