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Économie - Électricité

Saddi lance un audit sur les navires-centrales et l’importation de fuel entre 2012 et 2021

Ces barges, louées à une entreprise turque, avaient été déployées au Liban pour pallier provisoirement le déficit de production, le temps que de nouvelles centrales soient construites — ce qui n’a jamais eu lieu.

Saddi lance un audit sur les navires-centrales et l’importation de fuel entre 2012 et 2021

Le navires-centrales Orhan Bey, relié à Jiyé en le 27 mai 2017. Photo d'archives Sebastien BRUVIERr & Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour

Le ministre de l’Énergie Joe Saddi a annoncé vendredi au cours d’une conférence de presse le lancement d’un audit technique, financier et juridique au sujet du marché des navires-centrales de production d’électricité, ainsi que sur les marchés d’importation de fuel pour leur fonctionnement. L’audit englobe toute la période de déploiement, qui s’étend de 2012 à 2021, sachant que les derniers contrats de location au centre de polémiques récurrente sur leur viabilité ont été signés en 2017 avant d’être prolongés, selon les précisions données par le ministre à L’Orient-Le Jour.

Pendant la conférence de presse, tenue en présence du directeur général d’Électricité du Liban Kamal Hayek, et de la directrice générale des investissements par intérim Fadia Hayek, le ministre a plus précisément annoncé le lancement de l’appel d’offres qui permettra de sélectionner un cabinet pour mener l’audit. L’ouverture des plis est programmée pour le 15 octobre.

Il a ajouté avoir pris cette initiative « pour éloigner le dossier des dissensions politiques et en vue de faire la lumière sur le sort des fonds publics du Trésor et du peuple libanais ». Assurant que cet audit ne sera pas le dernier, M. Saddi a affirmé vendredi « qu’il est du droit des Libanais de savoir comment ces fonds ont été dépensés et s’il y a eu gaspillage ou corruption dans cette affaire, parce que l’État que nous aspirons à bâtir sera fondé sur les principes de transparence, la bonne gouvernance, la gestion rationnelle et la reddition des comptes ».

Les navires-centrales turcs avaient été déployés au Liban dès 2012, sous le mandat du député et président du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil au ministère de l’Énergie, un portefeuille qui est longtemps resté dans l’escarcelle de la formation aouniste avant de passer dans celle de ses adversaires chrétiens des Forces libanaises, après la formation du gouvernement de Nawaf Salam début 2025.

Trois barges avaient ainsi été déployées au Liban, dont deux pendant près de dix ans : le Fatmagül Sultan à Zouk, pour une puissance installée d’environ 200 MW ; l’Orhan Bey à Jiyeh, pour une capacité similaire ; enfin l’Esra Sultan, troisième navire arrivé en 2018, qui disposait d’une capacité technique supérieure d’environ 235 MW, mais dont environ 200 MW avaient été mis à la disposition du Liban. Il aurait été déployé gratuitement, un point que l'audit cherchera à confirmer.

Un tarif « toujours supérieur à EDL »

Les contrats de location signés avec la société turque Karadeniz – représentée au Liban par sa filiale Karpowership – ont souvent fait l’objet de soupçons de gaspillage ou de corruption, dont le CPL s’est naturellement défendu.

En réponse à une question, le ministre de l’Énergie est revenu sur une comparaison effectuée par M. Bassil en vue de justifier son choix des navires-centrales : ce dernier avait souvent argué que le kilowatt produit par les barges ne dépassait pas 14 cents, alors que le tarif d’EDL était de 27 cents, et celui des générateurs privés de 55. « Le tarif des navires-centrales n’était pas de 14 cents comme il le prétendait, mais était variable et toujours plus cher qu’EDL », a affirmé M. Saddi, précisant que les documents d’EDL l’attestent.

Le ministre de l'Énergie Joe Saddi, au centre, durant la conférence de presse pour le lancement de l'audit sur les navires-centrales d'électricité (2012-2017), le 21 août 2026. Il est entouré sur la photo du directeur général d’EDL, Kamal Hayek, et de la directrice générale des investissements par interim, Fadia Hayek. Photo ANI
Le ministre de l'Énergie Joe Saddi, au centre, durant la conférence de presse pour le lancement de l'audit sur les navires-centrales d'électricité (2012-2017), le 21 août 2026. Il est entouré sur la photo du directeur général d’EDL, Kamal Hayek, et de la directrice générale des investissements par interim, Fadia Hayek. Photo ANI

« En 2014, le kilowatt de l’électricité produite dans les navires coûtait 19,71 cents, contre 17,02 pour Deir Ammar et Zahrani, nos deux plus grandes centrales. En 2015, le tarif était de 13 cents pour les navires contre 10,51 pour Deir Ammar et 11,1 pour Zahrani. De plus, le coût de location de ces navires-centrales sur trois ans était supérieur à celui de leur achat », a ajouté le ministre. Pour lui, « quand M. Bassil compare le coût de production au tarif, cela revient à comparer ‘‘le prix du tissu au prix du costume’’, car le tarif inclut les coûts de production, de transport, de distribution et les pertes ».

« Si nous avions supposé à l’époque que le prix du kilowatt dans les navires-centrales était de 14 cents, le tarif d’EDL s’élevait à 9 cents. Or, pour augmenter la production de 20 % – car telle était la capacité des navires-centrales –, nous avons fait subir à EDL des pertes se chiffrant en millions de dollars, qui provenaient en réalité des poches des Libanais et des fonds des déposants. » Il a conclu : « Je ne reviendrai plus sur ce dossier, qui est désormais entre les mains de la police judiciaire. »


Le ministre de l’Énergie Joe Saddi a annoncé vendredi au cours d’une conférence de presse le lancement d’un audit technique, financier et juridique au sujet du marché des navires-centrales de production d’électricité, ainsi que sur les marchés d’importation de fuel pour leur fonctionnement. L’audit englobe toute la période de déploiement, qui s’étend de 2012 à 2021, sachant que les derniers contrats de location au centre de polémiques récurrente sur leur viabilité ont été signés en 2017 avant d’être prolongés, selon les précisions données par le ministre à L’Orient-Le Jour.Pendant la conférence de presse, tenue en présence du directeur général d’Électricité du Liban Kamal Hayek, et de la directrice générale des investissements par intérim Fadia Hayek, le ministre a plus précisément...
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