Cette photo fournie, prise et diffusée par le service de presse de la présidence turque le 12 août 2026, montre le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) aux côtés du président palestinien Mahmoud Abbas (à droite), lors d’une cérémonie d’accueil au complexe présidentiel à Ankara. Photo via AFP
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan de « dictateur antisémite », affirmant qu'Israël agirait contre « les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région ».
Ces déclarations interviennent après des frappes mardi contre une base aérienne dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque, implicitement revendiquées par M. Netanyahu. « Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace », avait déclaré M. Netanyahu mercredi, alors que la Turquie dément toute présence sur le site.
Vendredi, la Turquie a émis un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien dans le cadre d'une enquête sur l'interception de la « Flottille pour Gaza » et la détention des militants à bord. Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés par l'armée israélienne en Méditerranée, à l'ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus avant d'être expulsés en mai.
« Israël n'est depuis longtemps guère impressionné par l'hypocrisie de la Turquie. Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l'organisation terroriste du Hamas, et oppresse son propre peuple », a déclaré le bureau de M. Netanyahu dans un communiqué. « Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région », selon la même source.
Mardi, la Syrie avait accusé Israël d'avoir frappé la base aérienne, fortement endommagée durant la guerre civile et restée hors service. Soutenant qu'une délégation officielle turque s'était rendue sur la base, Israël a averti qu'il n'accepterait pas de déploiement de troupes turques en Syrie, y voyant une « menace ». La Turquie a démenti toute présence de ses troupes « avant ou pendant l'attaque ». Ankara a prévenu jeudi qu'il continuerait « résolument » de protéger l'intégrité et la souveraineté de la Syrie. En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu'elle n'envisageait pas de riposte et qu'Ankara ne tomberait pas « dans le piège » tendu par le Premier ministre israélien.
Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Netanyahu a accusé le président turc de chercher « à étendre son agression contre Israël jusqu'en Syrie ». « Israël ne le tolérera pas », a indiqué le communiqué.

