Une personne inspecte un pneu d’un véhicule électrique à prolongateur d’autonomie de la marque Xiaomi , exposé avant l’événement de lancement du véhicule, à Pékin, le 30 juillet 2026. Photo Tingshu WANG / Reuters
L’Américain Tesla, son concurrent chinois Xiaomi ainsi que neuf constructeurs chinois ont lancé vendredi des mises à jour logicielles et des rappels de véhicules dans le cadre de la plus importante campagne de rappels automobiles jamais organisée en Chine, alors que les autorités renforcent leur surveillance des systèmes d’ouverture d’urgence des portes des véhicules électriques, rapportent plusieurs médias reprenant une série d’annonces faites vendredi par le régulateur chinois ainsi que par les marques concernées.
Le média chinois spécialisé CnEVPost évoque un total de plus de 7 millions de véhicules concernés et précise que les rappels ne sont pas liés à des problèmes mécaniques, mais principalement à des questions de sécurité liées aux systèmes d’ouverture des portes et à des correctifs logiciels.Une partie non négligeable des rappels concerne des mises à jour informatiques à distance sans besoin de déplacer le véhicule chez le garagiste, le concessionnaire ou le fabricant. Outre Tesla et Xiaomi, la vague concerne aussi Geely, Chery, Leapmotor, Xpeng, Dongfeng, Arcfox (groupe BAIC), FAW, Zeekr (groupe Geely) et Lynk & Co (groupe Geely). La grande majorité des véhicules rappelés sont des modèles électriques ou hybrides.
Si les rappels ne concernent que des véhicules destinés au marché chinois, il n’est cependant pas impossible que certains d’entre eux aient été exportés, notamment via le marché dit des « voitures zéro kilomètre » : des véhicules neufs sont d’abord immatriculés en Chine, ce qui permet aux constructeurs ou aux concessionnaires de les comptabiliser comme vendus sur le marché intérieur, avant d’être exportés à l’étranger comme véhicules d’occasion alors qu’ils n’ont pratiquement jamais roulé.
Presque 6 millions pour Tesla
La vague la plus importante de rappels concerne Tesla, la marque du milliardaire Elon Musk, qui va devoir déployer des correctifs logiciels sur 2,98 millions de Model 3, Model Y, Model S et Model X fabriqués en Chine ou importés, en raison de poignées d’ouverture d’urgence des portes qui peuvent être difficiles à identifier, ce qui pourrait compliquer l’évacuation des occupants ou les opérations de secours après un accident grave accompagné d’une défaillance du système électrique. Concrètement, il s’agira d’apposer une étiquette à proximité des dispositifs mécaniques d’ouverture d’urgence des portes, afin de les rendre plus faciles à identifier. Neuf marques sur les 11 concernée vont faire le même type de modification
Tesla rappelle avec effet immédiat 2,74 millions de Model 3 et Model Y fabriqués en Chine, afin de déployer une mise à jour destinée à améliorer le système de surveillance de l’attention du conducteur lorsque la direction assistée et d’autres fonctions d’aide à la conduite sont activées. L’objectif est de réduire le risque de collision lorsque le conducteur ne réagit pas assez rapidement. Les rappels concernant les 2,98 millions d’autres véhicules commenceront à partir du 25 septembre, pour un total cumulé dépassant les 5,7 millions de véhicules.
Outre Tesla, au moins cinq marques, dont Xiaomi, Leapmotor, Xpeng, Zeekr et Lynk & Co, ont annoncé les rappels les plus importants de leur histoire respective, selon les déclarations déposées auprès de la SAMR. Le nombre de véhicules concernés pour chacune d’elles est cependant sans commune mesure avec celui de Tesla.
Xiaomi doit notamment rappeler 339 069 véhicules SU7 produits entre le 8 août 2024 et le 4 mars 2026, selon le régulateur chinois du marché. Outre l’ajout d’étiquettes, le constructeur déploiera une mise à jour logicielle à distance afin d’optimiser la logique de déverrouillage depuis la console centrale et le mécanisme d’abaissement des vitres. Leapmotor doit rappeler de son côté environ 371 000 de ses voitures et Xpeng environ 264 000. Les autres marques ayant déposé des plans auprès du régulateur procèdent à des rappels d’une ampleur nettement moindre.
Tesla et Xpeng n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de Reuters tandis que Geely a refusé de commenter. Xiaomi a indiqué ne pas disposer d’informations supplémentaires au-delà de l’avis du régulateur. Leapmotor a affirmé être attaché à la sécurité. Le constructeur a précisé que l’intervention consistait uniquement à ajouter une étiquette d’avertissement et à mettre à jour le logiciel de commande des vitres électriques, mais qu’il avait décidé de « gérer et déclarer cette opération conformément à la procédure de rappel, par sens des responsabilités envers nos utilisateurs ».
Les systèmes permettant d’ouvrir les portes à l’aide d’une clé électronique, d’un smartphone ou d’un mécanisme activé par pression font l’objet d’une attention accrue des régulateurs en Chine et aux États-Unis, en raison des craintes que les dispositifs d’ouverture puissent être difficiles d’accès en situation d’urgence.



