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Technologies - Innovation

Près de 654 km/h : le JCB Hydromax bat le record de vitesse d’un moteur à hydrogène


Enregistrée dans le désert de sel de Bonneville, la performance de l’Hydromax pulvérise le précédent record homologué par la Fédération internationale de l’automobile (FIA) pour un véhicule à moteur à​ combustion interne à hydrogène, établi par BMW en 2004​​



Près de 654 km/h : le JCB Hydromax bat le record de vitesse d’un moteur à hydrogène

La JCB Hydromax élancée lors de sa tentative d’établir un nouveau record homologué par la FIA à Bonneville, le 11 août 2026. Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube VideoFromSpace et éditée par L’Orient-Le Jour

Le constructeur d’engins de chantier britannique JCB a officialisé le 11 août 2026 le record de vitesse de son véhicule expérimental Hydromax, équipé de deux moteurs à hydrogène, un élément qui entre dans la composition de l’eau et qui pourrait s’imposer dans certains usages comme une alternative sérieuse aux hydrocarbures si certains défis techniques majeurs sont franchis.

En enregistrant une vitesse moyenne de 406,32 miles par heure, soit 653,91 km/h, sur deux essais – 400,623 mph lors du premier et 412,135 mph lors du second –, conformément aux standards de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), l’Hydromax, avec ses près de 10 mètres d’aérodynamisme brut, est devenu le véhicule à hydrogène le plus rapide de l’histoire, toutes technologies confondues. Une performance qui pulvérise le précédent record homologué par la FIA pour un véhicule à moteur à combustion interne à hydrogène : 185,5 mph (près de 299 km/h), établi par la BMW H2R en 2004. À l’époque, la célèbre marque allemande investissait déjà beaucoup de temps et d’argent dans le développement de véhicules à hydrogène, notamment avec la Hydrogen 7, dévoilée en 2006, mais qui ne dépassera jamais le stade d’une production très limitée.

Les équipes de JCB, basé à Foston, au Royaume-Uni, étaient arrivées fin juillet à Bonneville, dont la topographie en a fait l’un des terrains de jeu privilégiés des constructeurs de véhicules terrestres avides de records de vitesse. L’Hydromax y avait déjà franchi la barre des 368,347 mph (592,80 km/h) lors de la célèbre Bonneville Speed Week, organisée par la Southern California Timing Association (SCTA), établissant un premier record.

« Bonneville est le berceau spirituel du record du monde de vitesse terrestre, et le JCB Hydromax vient d’inscrire son nom dans cette histoire. La voiture a été formidable : stable, solide et rapide », a commenté Andy Green, aux commandes du bolide.

Nouvelle usine au Texas

Loin d’en être à son coup d’essai, cet ancien pilote de chasse britannique est l’homme le plus rapide sur terre. En 1997, aux commandes du ThrustSSC, il a atteint 763,035 mph (1 227,986 km/h), devenant le premier – et toujours le seul – homme à avoir franchi le mur du son au volant d’un véhicule terrestre. Il pilotait également le JCB Dieselmax lorsque celui-ci a établi, à Bonneville en août 2006, le record du monde FIA de vitesse pour un véhicule diesel, avec 350,092 mph (563,27 km/h), un record qui tient toujours.

Pour JCB, qui ambitionne de commercialiser à grande échelle des engins de chantier équipés de moteurs à hydrogène, le record établi dans le désert de sel de Bonneville, dans l’Utah, constitue un ambitieux pari sur l’avenir réussi, à l’approche de l’ouverture de sa nouvelle usine à San Antonio, au Texas. Un investissement de 500 millions de dollars qui doit permettre d’employer 1 500 personnes pour fabriquer des machines destinées au marché américain.

Le record a été établi avec deux moteurs à hydrogène conçus par JCB à partir de ses moteurs de série destinés aux engins de chantier, développant ensemble 1 600 chevaux et fabriqués dans son usine de Foston, dans le Derbyshire, au Royaume-Uni. Selon JCB, ces mêmes moteurs équipent désormais des engins sortant de ses chaînes de production britanniques, dans le cadre d’un programme hydrogène dans lequel l’entreprise a investi 100 millions de livres sterling. « C’est précisément l’objectif du JCB Hydromax : montrer que l’hydrogène fonctionne, et qu’il fonctionne dès aujourd’hui au plus haut niveau, avec zéro émission », a déclaré le président de JCB, Anthony Bamford. En réalité, un moteur à combustion d’hydrogène ne rejette pas de CO2 mais peut générer des oxydes d’azote.

Le directeur de l’ingénierie de JCB, Ryan Ballard, qui dirige le projet, a pour sa part salué le travail de ses équipes : « Ce record appartient à l’équipe d’ingénieurs qui a pris un moteur à hydrogène d’engin de chantier et en a fait le plus rapide de sa catégorie sur terre » (les deux moteurs développent une puissance combinée de 1 600 chevaux, NDLR). Le président de la FIA, Mohammad ben Sulayem, a de son côté qualifié la performance d’« étape véritablement historique pour le sport automobile », estimant qu’elle montre « comment innovation, performance, vitesse et durabilité peuvent aller de pair ».

Regain d’intérêt

Ce record marque par la même occasion l’histoire d’une technologie dont les prémices remontent au début du XIXe siècle, mais qui n’a, plus de deux cents ans plus tard, toujours pas réussi à s’imposer à grande échelle. La combustion directe de l’hydrogène connaît toutefois un regain d’intérêt, notamment pour les véhicules de chantier, les transports lourds et certaines applications de production d’électricité. JCB a d’ailleurs commencé à commercialiser en 2026 un groupe électrogène fonctionnant avec son moteur à combustion d’hydrogène.

Dans le secteur automobile, Toyota figure parmi les constructeurs qui continuent de miser sur la combustion directe de l’hydrogène, notamment en compétition. BMW a choisi une autre voie et prépare son passage au marché grand public avec l’iX5 Hydrogen, dont la production en série est prévue en 2028. Développé avec Toyota, le véhicule repose sur une technologie différente : l’hydrogène n’y est pas brûlé dans un moteur, mais utilisé dans une pile à combustible pour produire l’électricité qui alimente le véhicule.

Mais les principaux obstacles au déploiement à grande échelle de l’hydrogène restent son stockage, son prix élevé et le rendement énergétique de l’ensemble de la chaîne, selon plusieurs sources spécialisées consultées par L’Orient-Le Jour. Un véritable problème de la poule et de l’œuf : les industriels hésitent à investir massivement tant qu’ils ne sont pas certains de la viabilité économique de la filière, alors que celle-ci ne pourra véritablement faire ses preuves et réduire ses coûts qu’à condition d’être déployée à plus grande échelle.

Le constructeur d’engins de chantier britannique JCB a officialisé le 11 août 2026 le record de vitesse de son véhicule expérimental Hydromax, équipé de deux moteurs à hydrogène, un élément qui entre dans la composition de l’eau et qui pourrait s’imposer dans certains usages comme une alternative sérieuse aux hydrocarbures si certains défis techniques majeurs sont franchis.En enregistrant une vitesse moyenne de 406,32 miles par heure, soit 653,91 km/h, sur deux essais – 400,623 mph lors du premier et 412,135 mph lors du second –, conformément aux standards de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), l’Hydromax, avec ses près de 10 mètres d’aérodynamisme brut, est devenu le véhicule à hydrogène le plus rapide de l’histoire, toutes technologies confondues. Une performance qui pulvérise le...
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