Le chef de la diplomatie syrienne, Assaad el-Chaibani, lors d'une conférence de presse, le 30 décembre 2024 à Damas. Photo AFP
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad Chaïbani, a déclaré, en marge d’un déplacement au Pakistan, que la Turquie « est un partenaire essentiel » dans la reconstruction de la Syrie. Ses déclarations ont été largement reprises par les médias de la région.
Interrogé par des journalistes sur l’accord signé par la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite pour une défense commune, M. Chaïbani a affirmé que la Syrie « étudie » la possibilité – ou pas – de s’y joindre. Les trois grands pays sunnites avaient signé un pacte de défense mutuelle à La Mecque le 7 août dernier. Inspiré du modèle de l’OTAN, il stipule qu’une attaque contre l’un des trois doit être considérée comme une agression contre les autres. Aucun autre pays ne s’est encore joint à ce pacte, qui a été considéré par les observateurs comme une réaction à l’axe chiite dominé par l’Iran, aujourd’hui en guerre contre les États-Unis.
Concernant la relation avec Israël, le ministre syrien a souligné qu’il est « très tôt » pour discuter d’un quelconque accord stratégique, affirmant que la priorité est de mettre un terme aux agressions israéliennes sur le sol syrien. Le ministre a insisté sur le fait que la Syrie « est un pays souverain », ajoutant que l'État hébreu « n’a aucun droit d’imposer à Damas quels devraient être ses alliances et ses partenariats ».
L’aviation israélienne a bombardé mardi un aéroport hors service dans le nord-ouest syrien. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé avoir lancé un message autant à la Syrie qu’à la Turquie, accusant cette dernière de vouloir créer des bases en Syrie. Autant les Syriens que les Turcs ont démenti toute velléité d’une présence turque en territoire syrien, sachant que la Turquie est un allié proche du nouveau pouvoir de Damas, en place depuis décembre 2024.
Interrogé sur d’éventuels contacts avec l’Iran, M. Chaïbani a estimé que « ce pays devrait, au préalable, reconnaître le tort qu’il a fait au peuple syrien sous le régime de Bachar el-Assad ». L’Iran avait été l’un des principaux soutiens du président syrien déchu, responsable de massacres à l’encontre de son peuple suite au soulèvement qui a commencé en 2011, et s’est transformé en guerre civile.

