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Israël-Hezbollah : le suicide reprogrammé…

Il est question, depuis quelques jours, d’une nouvelle offensive israélienne au Liban-Sud, destinée principalement à la prise de la colline de Ali Taher, un site stratégique tenu par le Hezbollah au sud-est de Nabatiyé et qui commande l’accès aux importantes bases de la milice chiite situées plus au nord, aux confins de la région de Jezzine. Élections

israéliennes obligent, Benjamin Netanyahu, qui joue gros cette fois-ci, peut-être plus gros que jamais, va très probablement mettre le paquet pour réussir au plus vite son coup, le scrutin qui décidera de son sort étant prévu dans deux mois.

Que faire pour éviter l’apocalypse ? Supplier le Hezbollah d’abandonner l’affaire en remettant tous ces sites à l’armée libanaise, comme le réclament Israël, les États-Unis, tout ce qui compte sur la planète et, incidemment, une bonne partie des Libanais ?

Ou faut-il que le monde entier soit dans son tort du simple fait que l’Innommable, autrement dit Israël, fait partie des démarcheurs ?

En tout état de cause, il est à craindre, hélas, que ces suppliques ne soient vaines, comme toujours, pour la simple raison que le Hezbollah, on l’a dit et redit, est quantité négligeable. Son patron, ses députés, ses médias, ses membres encartés, sa base populaire, tout cela n’est qu’une armée d’automates commandée à distance. Mais l’est-elle encore vraiment, surtout depuis la disparition de Hassan Nasrallah ? Les gardiens de la révolution ne sont-ils pas aujourd’hui présents sur le terrain, ne dirigent-ils pas les opérations directement ?

En réalité, même du temps de Nasrallah, le pouvoir de décision échappait manifestement aux Libanais. Peu de temps avant le déclenchement de la guerre de juillet 2006 à la suite d’une prise d’otages menée par le Hezb de l’autre côté de la frontière, l’ancien secrétaire général du parti donnait des assurances à ses interlocuteurs autour de la table du dialogue national : l’été, leur dit-il, sera prometteur. Les touristes et les expatriés viendront en masse. La prospérité sera au rendez-vous. Au lieu de cette prospérité, le Liban a eu à déplorer la perte de près de 1 200 personnes, l’essentiel de ses ponts routiers et fluviaux et des destructions chiffrées à plusieurs milliards. Plus d’un mois plus tard, à la fin de cette séquence, Hassan Nasrallah dégainait à la télévision son célèbre « si j’avais su… », tout en célébrant sa « victoire divine » !

L’opinion, dans sa majorité, n’a cependant pas pris toute la mesure de ces propos, car des rumeurs non vérifiées mais persistantes circulaient depuis le 12 juillet dans des cercles restreints, selon lesquelles Nasrallah n’aurait été informé de l’opération qui a déclenché la guerre que 15 minutes avant son début.

En réalité, si les appels à la raison adressés au Hezbollah sont inutiles, ce n’est pas seulement du fait que la décision lui échappe. Après tout, même l’Iran doit savoir qu’au regard des moyens que l’État hébreu a engagés et est encore prêt à engager, une victoire contre lui au Liban-Sud est impossible. On peut supposer que si l’objectif de Téhéran était d’obtenir une victoire contre Israël, il se rallierait lui-même aux appels à la raison. Mais, justement, et c’est là où le bât blesse, son but n’est nullement de gagner, il est tout simplement d’occuper le plus de temps possible l’armée israélienne, et derrière elle la diplomatie américaine, pour tenter d’améliorer un tant soit peu ses conditions de négociation avec Washington. Voilà à quoi serviront les futures vies libanaises à emporter. Et autour des cadavres danseront une fois de plus les caciques du Hezbollah pour les annexer post-mortem à leur cause. Ainsi, même le suicide peut être une bonne affaire !

Et l’État libanais dans tout cela ? Que devra-t-il faire pour tenter d’éviter ce qui apparaît comme inévitable ? L’armée libanaise a sans doute raison d’être prudente, dès lors que le chantage à la guerre civile commande tout le reste. Mais elle reste cependant en deçà de ce que l’on est en droit d’attendre d’elle. Surtout, l’État doit savoir qu’il a entre les mains une arme redoutable qui a déjà fait ses preuves face à l’Iran et à son supplétif libanais : ce sont les négociations directes avec Israël. L’animosité dont fait preuve le Hezbollah à l’égard de ces négociations est la preuve vivante de leur efficacité et, si l’on ose dire, de leur authentique « libanité ». Parce que, justement, ce processus est la négation de l’usage que fait Téhéran du pays du Cèdre. Peu importe que les discussions traversent actuellement une zone de turbulences. La crispation israélienne est certes déplorable mais prévisible du fait de la proximité des élections. Après le scrutin, avec ou sans Netanyahu, de nouveaux horizons pourront être ouverts, indépendamment des caprices du dialogue

irano-américain. L’espoir d’un avenir meilleur pour le Liban est tout entier là, dans cet « indépendamment »…

Il est question, depuis quelques jours, d’une nouvelle offensive israélienne au Liban-Sud, destinée principalement à la prise de la colline de Ali Taher, un site stratégique tenu par le Hezbollah au sud-est de Nabatiyé et qui commande l’accès aux importantes bases de la milice chiite situées plus au nord, aux confins de la région de Jezzine. Élections israéliennes obligent, Benjamin Netanyahu, qui joue gros cette fois-ci, peut-être plus gros que jamais, va très probablement mettre le paquet pour réussir au plus vite son coup, le scrutin qui décidera de son sort étant prévu dans deux mois.Que faire pour éviter l’apocalypse ? Supplier le Hezbollah d’abandonner l’affaire en remettant tous ces sites à l’armée libanaise, comme le réclament Israël, les États-Unis, tout ce qui compte sur la planète et,...
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