Mati Staniszewski, cofondateur et PDG d’ElevenLabs, intervenant lors d’un panel avec Andrew Reed, associé chez Sequoia, à AI Ascent 2026, à San Francisco, le 20 avril 2026. Capture d’écran d’une vidéo YouTube publiée par la chaîne Sequoia Capital.
La start-up londonienne spécialisée dans les voix générées par l’IA, ElevenLabs, a fait son entrée parmi les laboratoires d’IA les plus valorisés au monde après une vente d’actions qui a doublé sa valorisation, à 22 milliards de dollars, rapporte le Financial Times, dont la branche de capital-risque FT Ventures est au capital de la société.
Les investisseurs existants et les employés de l’entreprise, qui développe des logiciels capables de générer des voix réalistes, ont vendu pour 300 millions de dollars d’actions dans le cadre d’une opération secondaire menée par Wellington et T. Rowe Price, indique le FT. Le quotidien ajoute que cette transaction, qui valorise ElevenLabs à 22 milliards de dollars, place l’entreprise parmi les dix laboratoires d’IA les plus valorisés hors de Chine, selon une analyse du FT basée sur des données de Dealroom, alors que les transactions dans le secteur de l’IA connaissent une forte accélération sur les marchés privés.
Cette nouvelle valorisation représente le double de celle de son dernier financement primaire, en février, lorsque la société avait levé 500 millions de dollars auprès de fonds de capital-risque de la Silicon Valley, notamment Sequoia Capital, Andreessen Horowitz et Iconiq, en plus de FT Ventures.
La transaction place ElevenLabs à un niveau de valorisation comparable à celui de la française Mistral, qui a levé en septembre 3 milliards d’euros dans le cadre du plus important financement privé jamais réalisé dans la tech européenne, pour une valorisation de 21 milliards d’euros (24 milliards de dollars).
Mati Staniszewski, directeur général d’ElevenLabs, a déclaré au FT que cette opération secondaire avait permis à l’entreprise d’attirer des « investisseurs institutionnels de long terme », notamment Goldman Sachs et le fonds souverain singapourien GIC, tout en l’aidant dans la bataille acharnée pour recruter et retenir les chercheurs en IA.
La direction d’ElevenLabs a également vendu une « petite quantité » d’actions détenues par les employés, a précisé Staniszewski, après avoir reçu « tant d’offres de rachat au fil des années », poursuit le FT. Il a refusé de préciser s’il avait lui-même vendu des actions dans le cadre de cette opération.
« Nous voulons entrer en bourse »
« Nous voulons construire sur le long terme (...) Nous aimerions être prêts à entrer en Bourse dans les deux ou deux ans et demi à venir. La question de savoir si nous le ferons dépend de tellement d’autres facteurs », a-t-il déclaré.
Présente dans 20 pays, ElevenLabs a été fondée par Staniszewski et son compatriote polonais Piotr Dąbkowski en 2022, alors que l’entreprise était valorisée à 9 millions de dollars. Le géant des composants électroniques Nvidia en est devenu un investisseur stratégique en 2025. Deutsche Telekom et KPN, les gouvernements ukrainien et grec, ainsi que les groupes de fintech Stripe, Revolut et Klarna figurent parmi ses gros clients.
Ce financement secondaire intervient ainsi après la sortie de la quatrième génération du modèle d’ElevenLabs. Selon Staniszewski, celui-ci apporte une « amélioration majeure », notamment pour les conversations longues.
Contrairement à de nombreuses entreprises de logiciels d’IA, ElevenLabs développe ses propres modèles et les entraîne sur sa propre infrastructure informatique, plutôt que de s’appuyer sur les technologies d’OpenAI, Google ou Anthropic et sur les systèmes de cloud computing de Microsoft ou Amazon, rapporte enfin le FT. L’entreprise travaille avec des hyperscalers pour mettre ces modèles à la disposition de ses clients dans le monde entier.
