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Technologies - Innovation

Engins de chantier et transports : comment le moteur à hydrogène tente de se faire une place

L'Inde a inauguré il y a deux semaines son premier train à hydrogène, rejoignant ainsi le cercle restreint des pays qui testent ou exploitent déjà cette technologie

Engins de chantier et transports : comment le moteur à hydrogène tente de se faire une place

La JCB Hydromax qu'Andy Green doit piloter les 1er et 2 août 2026 pour tenter de franchir la barre des 350 miles/h. Capture d'écran de la vidéo publiée le 31 juillet 2026 par Reuters

Le Britannique Andy Green, détenteur du record absolu de vitesse terrestre, retourne ce week-end sur les salines de Bonneville dans l'Utah, pour propulser un prototype de voiture d'un nouveau genre au-delà de la barre des 350 miles à l'heure, soit 563 km/h.

Ce point de vitesse est bien inférieur aux 1 228 km/h atteints sur un mile en 1997 par le même pilote à bord de l'engin totalement expérimental Thrust SSC. La particularité est qu'Andy Green tentera de l'atteindre à bord de la JCB Hydromax, équipée de deux moteurs thermiques à hydrogène de nouvelle génération que le constructeur espère voir s'imposer comme une alternative aux moteurs diesel dans les engins de chantier.

Le constructeur avait dévoilé le projet le 12 mai à son siège mondial, dans le Staffordshire, en présentant la JCB Hydromax, un monstre de plus de 1 600 chevaux, propulsé par deux moteurs à hydrogène développés pour ses pelleteuses. Contrairement à la plupart des prototypes de record, ces moteurs sont directement dérivés de ceux qui équipent désormais une partie des engins de chantier fabriqués et commercialisés par JCB.

Il y a un peu plus d'un an, la voiture n'était encore qu'un dessin. « Aujourd'hui, elle est devenue une réalité : elle roule et elle est testée au Royaume-Uni. L'équipe a accompli un travail remarquable pour nous amener jusqu'ici. Notre attention se porte désormais sur le véritable défi : établir un record du monde de vitesse terrestre à l'hydrogène à Bonneville », avait déclaré en juin le président de JCB, Anthony Bamford.

Une alternative au diesel

JCB est déjà détenteur du record établi en 2006 avec un autre de ses véhicules, le JCB Dieselmax, déjà piloté par Andy Green, alors âgé d'une quarantaine d'années. Au-delà de la démonstration sportive et mécanique, le constructeur entend montrer que les moteurs thermiques à hydrogène peuvent constituer une alternative au diesel pour les engins de chantier. Dans ce contexte, JCB présente les moteurs de son Hydromax comme les premiers d'une nouvelle génération, dans le cadre d'un développement qui a nécessité un investissement de 100 millions de livres sterling (135 millions de dollars).

Lors de la tentative de record dans l'Utah, chaque turbocompresseur en titane tournera à plus de 150 000 tours par minute, à une température proche de 300 °C, tout en comprimant l'équivalent d'une baignoire d'air toutes les demi-secondes, a expliqué JCB dans un communiqué publié en juin. Au cours d'une tentative de record, la JCB Hydromax consommera un peu plus de deux kilogrammes d'hydrogène et produira 18 litres d'eau à l'échappement. L'hydrogène, présent notamment dans l'eau, est considéré comme une énergie d'avenir. Mais son exploitation dans des moteurs thermiques pose d'importants défis techniques, notamment en matière d'extraction, de stockage et de transport, trois opérations coûteuses et complexes. Sa faible densité et sa forte inflammabilité compliquent également son développement à grande échelle.

JCB n'est pas le seul constructeur d'engins de chantier à avoir parié sur le moteur à hydrogène, même s'il dispose d'une certaine avance. Le Japonais Komatsu a, par exemple, lancé en 2025 des essais de validation du premier tombereau de grande capacité (92 tonnes) au monde équipé d'un moteur à combustion à hydrogène. En Corée du Sud, la ville d'Ulsan a annoncé en juin dernier qu'elle allait tester jusqu'en 2029 deux pelles hydrauliques de 14 tonnes chacune, conçues par Hyundai et équipées d'un système de stockage solide de l'hydrogène.

Concurrencer la Chine

Alors que JCB tente d'imposer le moteur à hydrogène dans les engins de chantier, le concept a déjà commencé à se faire une place dans les transports en commun. L'Inde a inauguré il y a deux semaines son premier train à hydrogène, rejoignant ainsi le cercle restreint des pays, comme l'Allemagne, le Japon, la Chine et les États-Unis, qui testent ou exploitent déjà cette technologie afin de décarboner le transport ferroviaire et de réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser l'un des plus vastes réseaux ferroviaires au monde tout en réduisant les émissions de carbone. Le train, composé de dix voitures, circule sur une ligne de 89 kilomètres entre Jind et Sonipat, dans l'État septentrional de l'Haryana. Il est propulsé par une pile à combustible à hydrogène d'une puissance de 1 200 kilowatts. Le ministère a également inauguré à Jind ce qu'il présente comme la plus grande installation ferroviaire du pays de stockage et de ravitaillement en hydrogène, d'une capacité d'environ 3 000 kilogrammes, destinée à alimenter les trains à hydrogène.

En juin, l'avionneur européen Airbus a annoncé la création d'une coentreprise avec le constructeur allemand de moteurs d'avions MTU, avec pour mission de développer un moteur électrique à pile à combustible à hydrogène destiné à la prochaine génération d'aéronefs, attendue au mieux à l'horizon 2035. Lors d'un entretien accordé à l'AFP il y a une semaine, le directeur des programmes futurs du groupe, Bruno Fichefeux, avait expliqué que l'objectif de cette démarche était aussi de « tenir tête à la Chine, qui investit massivement dans cette technologie (...) mais aussi dans l'ensemble des infrastructures liées à l'hydrogène ».

Le Britannique Andy Green, détenteur du record absolu de vitesse terrestre, retourne ce week-end sur les salines de Bonneville dans l'Utah, pour propulser un prototype de voiture d'un nouveau genre au-delà de la barre des 350 miles à l'heure, soit 563 km/h.Ce point de vitesse est bien inférieur aux 1 228 km/h atteints sur un mile en 1997 par le même pilote à bord de l'engin totalement expérimental Thrust SSC. La particularité est qu'Andy Green tentera de l'atteindre à bord de la JCB Hydromax, équipée de deux moteurs thermiques à hydrogène de nouvelle génération que le constructeur espère voir s'imposer comme une alternative aux moteurs diesel dans les engins de chantier.Le constructeur avait dévoilé le projet le 12 mai à son siège mondial, dans le Staffordshire, en présentant la JCB...
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