Une personne tenant un portait de l'ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, tué en septembre 2024 lors de frappes israéliennes massives dans la banlieue sud de Beyrouth, le 27 septembre 2026. Photo Mohammad YASSINE/L'Orient-Le Jour
« Nous l'avons suivi pendant très longtemps...Nous connaissions ses appartements, le domicile de sa femme, ses lieux de repli d'urgence et les endroits où il se cachait ». Un colonel israélien a rapporté de nouveaux détails sur la planification de l'élimination de l'ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, tué le 27 septembre 2024 dans une série de frappes massives sur la banlieue sud de Beyrouth, dans un article publié dimanche par le Jerusalem Post.
L'officier qui dirigeait la banque de cibles de l'armée israélienne au sein de l'unité Nahalat Binyamin de l'armée de l'air a rapporté que l'ancien secrétaire général, à certaines périodes, « ne vivait pas du tout sous terre ». « Il séjournait parfois dans un appartement-terrasse au huitième étage d'un immeuble résidentiel de la banlieue sud de Beyrouth, où un ascenseur spécial lui permettait de rejoindre rapidement un espace protégé », raconte-t-il. « Il vivait peut-être dans un bunker sur le principe, mais en pratique, il n'était pas sous terre en permanence. » Selon lui, ceux qui « planifiaient son élimination » disposaient de « plans adaptés à chaque bâtiment et à chaque bunker » où il était susceptible de se trouver. « Dans n'importe quel bunker où il entrait, nous l'aurions tué », assure l’officier. « Le jour de l'opération, Hassan Nasrallah avait des options mieux protégées. Il a pourtant choisi de se rendre au complexe où son histoire s'est achevée », poursuit-il.
L'officier explique encore qu'après avoir estimé qu'il faudrait environ six heures aux secouristes pour atteindre les « personnes piégées » sur un site détruit avec une telle ampleur, et compte tenu du manque d'organisation au Liban, il a alors été décidé d'empêcher quiconque de s'approcher du lieu pendant « douze heures ». « Nous voulions être sûrs que Nasrallah mourrait, sinon de la frappe directe, du moins d'hémorragie ou d'asphyxie par manque d'oxygène. » Il a indiqué que l'armée israélienne avait frappé le premier puis le deuxième bulldozer qui avaient été dépêchés sur les lieux. « Le troisième bulldozer n'est jamais venu », a-t-il dit.
En décembre 2025, un article du Ynet avait révélé que le renseignement israélien a effectué un « travail de fourmi pendant des années » afin de tuer l'ex-dirigeant du Hezbollah. Le Haaretz, dans un article publié en janvier 2026, avait rapporté de son côté que l'élimination de Hassan Nasrallah avait coûté 34 milliards de dollars. Ce jour-là, des avions de chasse israéliens ont décollé de la base aérienne de Hatzerim dans l'après-midi, armés d'au moins 83 tonnes de bombes, qu'ils ont ensuite larguées sur un ensemble de six immeubles dans le quartier de Haret Hreik de la banlieue sud de Beyrouth, où se trouvait le dirigeant chiite, avait rapporté le média.
L'assassinat a marqué les premiers jours d'une vaste offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban, qui sera interrompue par un cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024. Entre-temps, l'armée israélienne parviendra à tuer avec un procédé similaire le successeur désigné de Hassan Nasrallah, Hachem Safieddine, le 3 octobre 2024. C'est finalement le cheikh Naïm Kassem qui a pris les rênes du parti chiite fin octobre 2024.