Une station-service affiche le prix du gazole à 2,349 euros le litre à Rome, le 24 septembre 2026. Photo Andreas Solaro/AFP
Les cours du pétrole montent lundi, la diplomatie iranienne ayant fait savoir qu'aucune nouvelle discussion n'était prévue avec les Etats-Unis, contrairement à ce qu'avait laissé entendre Donald Trump dimanche.
Vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, prenait 3,30% à 107,76 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, gagnait 3,39% à 95,54 dollars.
« La délégation iranienne présente à New York (dans le cadre de l'Assemblée générale de l'ONU, NDLR) ne prévoit pas de négociations avec les Etats-Unis », a écrit lundi l'agence gouvernementale iranienne Irna, citant une source proche de la délégation iranienne.
Donald Trump avait déclaré dimanche qu'il s'attendait à une reprise prochaine des discussions avec l'Iran, après avoir rejeté un plan de Téhéran visant à rouvrir sous sept jours le détroit d'Ormuz.
« Ils veulent conclure un accord, mais ce n'est pas l'accord que je veux conclure », a affirmé M. Trump, estimant que les Iraniens avaient « surestimé leurs cartes en mains ».
« Le face-à-face et l'absence de calendrier fiable » font monter les prix du brut, a expliqué Tamas Varga, analyste chez PVM.
Les incertitudes sur les volumes transitant par le détroit d'Ormuz alimentent aussi la volatilité des cours.
Le président américain a affirmé auprès d'Axios que plus de 20 millions de barils avaient franchi le détroit vendredi soir, soit autant voire plus que les niveaux quotidiens moyens d'avant la guerre. Le média américain indique aussi qu'un responsable du ministère de la Défense a évoqué 22 millions de barils exportés vendredi soir.
« Les sources indépendantes n'ont pas confirmé ces chiffres », a souligné Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
« Les attaques incessantes des Houthis contre les terminaux d'exportation et les infrastructures saoudiens » soutiennent aussi les prix, notamment le cours du Brent pour novembre, a précisé M. Varga.
Le Brent, référence internationale, est davantage exposé au risque logistique maritime que le WTI, qui s'échange surtout à l'intérieur des terres américaines.
L'approche de l'échéance du Brent pour novembre (qui expire mercredi) pousse les acheteurs devant sécuriser leurs livraisons à payer davantage. Le prix du Brent pour livraison en décembre est nettement moins élevé, autour de 100 dollars le baril.
La faiblesse relative du cours du WTI découlerait aussi « des anticipations de baisses des cadences des raffineries américaines, en cas d'instauration d'une interdiction des exportations de gazole », qui limiterait la demande américaine de brut, évoque l'analyste de PVM.
Le président américain a évoqué cette possibilité pour répondre aux prix très élevés du gazole aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat.
Au Royaume-Uni, le gazole a d'ailleurs atteint un record lundi, à 199,18 pence le litre, selon l'association d'automobilistes RAC.