Cette journée fait toujours aussi mal
Comme elle le faisait il y a six ans
La plus grande preuve
C’est que le temps semble s’être arrêté
Que les années ont passé
Sans jamais réussir à apaiser notre douleur
La pensée de toutes les vies perdues
Me serre encore le cœur
Des vies qui, quelques instants avant,
Étaient simplement en train de vivre
Des personnes avec leurs rêves, leurs habitudes, leurs histoires
Qui ne savaient pas que cette journée serait la dernière
Même si la justice nous était enfin rendue
Même après mille ans
Fiat justitia
Rien ne pourrait réparer ce qui a été brisé
Comment rester silencieux
Alors que nous continuons
à nous effondrer
Un peu plus chaque jour
Dans ce pays qui porte encore ses blessures ?
Nos âmes survivent et souffrent, mais à quel prix ?
Jusqu’à quand devrons-nous porter le poids de cette douleur ?
Depuis le 4 août 2020
Chaque 4 août est devenu
une cicatrice
Dont on change le pansement chaque année
Un geste répété
Une douleur renouvelée
Une blessure jamais refermée
Car certaines blessures ne guérissent pas
Elles apprennent seulement à vivre en nous
Et celle-ci vivra en nous à jamais.
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