Un incendie provoqué par des bombardements israéliens dans la région de Kfarchouba, au Liban-Sud. Photo relayée par notre correspondant Mountasser Abdallah
La ministre libanaise de l'Environnement, Tamara Elzein, a dénoncé lundi la « poursuite de la destruction environnementale » au Liban-Sud, due aux multiples bombardements de l'armée israélienne dans la région, dont le recours aux obus au phosphore, un produit hautement inflammable. Des attaques qui ont ravagé 16 000 hectares de terrains selon la ministre.
« Les bombardements au phosphore s'ajoutent aux incendies de grande ampleur qui ont ravagé les terrains agricoles, les bois et les forêts, ainsi qu'aux opérations de terrassement et d'arrachage d'arbres qui ont détruit la végétation et modifié les caractéristiques du sol. De plus, l'ennemi a épandu de l'herbicide à base de glyphosate dans de vastes zones. Nous sommes confrontés à de multiples formes d'agression israéliennes, étroitement liées entre elles, contre l'environnement et les ressources naturelles du Liban-Sud », a dénoncé la ministre dans un communiqué.
« Plus de 16 000 hectares de terres agricoles, de bois et de forêts au Liban ont été ravagés par les flammes entre octobre 2023 et août 2026 à la suite des attaques israéliennes, tandis que plus de 2 000 hectares ont été affectés par l’herbicide glyphosate », a ajouté Mme Elzein. « Ces chiffres ne reflètent pas l’ampleur totale des dégâts environnementaux, qui comprennent également le terrassement, l'arrachage des arbres, la destruction du couvert végétal et les impacts sur les sols, les habitats naturels et le secteur agricole », a-t-elle déploré.
La ministre a dénoncé « une violation des règles régissant l'emploi des armes lors des conflits armés », ainsi qu'une « attaque contre les ressources nationales et contre les droits du peuple libanais ». « Le ministère de l’Environnement poursuivra ses efforts pour établir l’étendue des dégâts infligés au Sud », a déclaré Tamara Elzein qui a promis de « veiller à la protection de l’environnement et la réhabilitation des zones touchées ».
L’utilisation des bombes au phosphore blanc par Israël au Liban-Sud est documentée depuis le conflit de 2024, ainsi que lors de guerres antérieures. L'armée israélienne a souvent recours à ce produit lors de ses frappes, en plus de déclencher volontairement des incendies dans certains secteurs, ou de procéder à des terrassements et des démolitions.
Dans un document publié en août 2025, Amnesty International rappelle que les bombes au phosphore blanc sont « des armes dites conventionnelles aux propriétés multiples, pouvant être utilisées pour créer des écrans de fumée afin de masquer les mouvements de troupes, marquer des cibles en vue d’une attaque, éclairer un champ de bataille ou encore suivre la trajectoire d’un projectile ». Le texte n’omet pas de rappeler que leur usage militaire « est autorisé mais strictement encadré ».