Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Ne jamais oublier

Avec la commémoration du 4-Août, le devoir de mémoire s’impose à nous.

Se souvenir, tant que toute la lumière n’aura pas été faite et que les responsables n’auront pas répondu de leurs actes.

Les immeubles se sont relevés. La plupart des maisons ont été reconstruites.

Beyrouth se relève sans cesse. Entre une crise et une autre, Beyrouth s’efforce de revêtir les couleurs de la vie, même lorsque ses cicatrices demeurent béantes.

Car on peut rebâtir une ville, mais on ne rebâtit pas une vie.

Les plus profondes blessures ne transparaissent pas dans les façades, mais dans les cœurs.

Elles habitent les familles qui pleurent encore un être cher, celles qui vivent avec l’absence d’un parent, d’un enfant, d’un conjoint, d’un frère, d’une sœur ou d’un ami. Elles accompagnent aussi celles et ceux dont la vie a basculé en quelques secondes et qui portent aujourd’hui un handicap ou des séquelles qui leur rappellent chaque jour cette tragédie.

Comment refermer les cicatrices lorsqu’il n’y a ni vérité, ni justice, ni responsabilité ?

Nous ne pouvons oublier non plus ces immenses élans de solidarité qui ont traversé le Liban et le monde. Au milieu des décombres, des milliers de mains se sont tendues. Des bénévoles, des secouristes, des voisins et des inconnus se sont mobilisés pour porter secours, déblayer les rues, reconstruire des maisons et redonner un peu d’espérance.

La diaspora libanaise, une fois de plus, s’est levée avec générosité et solidarité pour soutenir son pays meurtri.

Dans les heures les plus sombres, cette mobilisation a rappelé que l’entraide, la compassion et la solidarité peuvent encore faire naître la lumière.

Le nouveau gouvernement a hérité d’un pays profondément fragilisé. Il fait face à une succession de crises et à des défis immenses qui exigent des décisions difficiles et des priorités nombreuses.

Mais aucune urgence, aussi grande soit-elle, ne devrait reléguer au second plan la quête de vérité et de justice.

Un pays peut gérer plusieurs urgences à la fois. La vérité et la justice pour les victimes du 4-Août ne peuvent plus attendre.

Car, pendant que le Liban tente de se relever, des centaines de familles attendent encore. Elles attendent que toute la lumière soit faite, que les responsabilités soient établies et que justice soit enfin rendue. C’est à cette condition seulement que leur deuil pourra commencer à trouver un chemin vers l’apaisement.

Le Liban ne pourra véritablement guérir que lorsque la vérité éclatera et que les responsables auront à répondre de leurs actes. La justice permettra alors aux cicatrices de commencer à se refermer.

La mémoire est un devoir, la vérité est un droit et la justice est une nécessité.

Le 4-Août ne doit jamais être oublié.

Nicole ABDUL-MASSIH

MontréalLes textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Avec la commémoration du 4-Août, le devoir de mémoire s’impose à nous.Se souvenir, tant que toute la lumière n’aura pas été faite et que les responsables n’auront pas répondu de leurs actes.Les immeubles se sont relevés. La plupart des maisons ont été reconstruites.Beyrouth se relève sans cesse. Entre une crise et une autre, Beyrouth s’efforce de revêtir les couleurs de la vie, même lorsque ses cicatrices demeurent béantes.Car on peut rebâtir une ville, mais on ne rebâtit pas une vie.Les plus profondes blessures ne transparaissent pas dans les façades, mais dans les cœurs.Elles habitent les familles qui pleurent encore un être cher, celles qui vivent avec l’absence d’un parent, d’un enfant, d’un conjoint, d’un frère, d’une sœur ou d’un ami. Elles accompagnent aussi celles et ceux dont la vie a...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut