Un portrait du président syrien Bachar el-Assad déchiré dans la ville d'Alep, au nord de la Syrie, le 30 novembre 2024. Photo Omar Haj Kadour/AFP
Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Ahmad Rami el-Hajj, a reçu une correspondance de la justice française demandant aux autorités libanaises l’arrestation de trois officiers de l’ancien régime syrien, soupçonnés de se trouver au Liban, rapporte jeudi l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Cette information a été confirmée à L'Orient-Le Jour par une source judiciaire.
Reste désormais à savoir quelle suite les autorités libanaises donneront à cette demande. Selon la source judiciaire contactée par L’Orient-Le Jour, la première étape consiste à « vérifier la présence » des personnes recherchées sur le territoire libanais ainsi que « le fondement de la demande » transmise par la France. La source précise que la requête française vise leur remise aux autorités françaises et non l’ouverture de poursuites au Liban. « La demande est de les livrer, pas de les poursuivre au Liban », explique-t-elle. Si les trois anciens officiers sont retrouvés au Liban et qu’une demande est également adressée par les autorités syriennes, Beyrouth devra alors trancher à quel État les remettre. Interrogée sur une éventuelle priorité accordée à la Syrie, du fait de la nationalité syrienne des officiers recherchés, la source judiciaire souligne que « le Liban a une convention avec la Syrie et pas avec la France » , tout en précisant qu’« il n’y a pas d’obligation » de remettre les officiers à Damas.
En novembre 2025, le quotidien saoudien al-Chark al-Awsat révélait que la justice libanaise avait reçu une demande officielle de la France sollicitant son aide pour localiser et arrêter d’anciens responsables du régime syrien soupçonnés de se trouver sur le territoire libanais. Une source judiciaire libanaise de haut rang avait alors indiqué au journal que la demande avait été adressée au procureur général près la Cour de cassation de l’époque, le juge Jamal Hajjar. Elle visait notamment l’ancien directeur de la Direction du renseignement de l’armée de l’air syrienne, Jamil el-Hassan, l’ancien chef du Bureau de sécurité nationale syrien, Ali Mamlouk, ainsi que l’ancien chef de la branche d’enquête des services de renseignement de l’armée de l’air, Abdelsalam Mahmoud.
Le dossier transmis par la France demandait aux autorités libanaises de vérifier si ces responsables se trouvaient dans le pays et, le cas échéant, de procéder à leur arrestation afin de permettre leur transfert vers la France. Le juge Hajjar avait alors chargé la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) de mener les investigations nécessaires.
Cette procédure s’inscrit dans le cadre d’une enquête visant l’ancien président syrien déchu Bachar el-Assad et plusieurs membres de son régime, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment dans des affaires liées à la mort de ressortissants français.
Le Liban avait déjà reçu un avis d’Interpol lui demandant d’exécuter un mandat d’arrêt américain visant Jamil el-Hassan et Ali Mamlouk.

