Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Dans La Presse

Rencontres à l'étranger, exfiltration à Téhéran: le Mossad aurait tenté de placer Ahmadinejad à la tête de l'Iran

Au premier jour de l'offensive israélo-américaine sur Téhéran, les services israéliens auraient tenté d'exfiltrer l'ancien président iranien, alors assigné à résidence par le régime.

Rencontres à l'étranger, exfiltration à Téhéran: le Mossad aurait tenté de placer Ahmadinejad à la tête de l'Iran

L'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad posant lors du dépôt de sa candidature à l’élection présidentielle en Iran, le 2 juin 2024. —Photo d'archives AFP

L’ancien président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses violentes diatribes contre Israël et ses déclarations passées appelant à la disparition de l’État hébreu, se trouverait au cœur d’une opération secrète israélienne qui vise à le ramener au pouvoir en Iran, selon une enquête du New York Times. Des informations qui ont rapidement été démenties par le bureau de presse de celui qui a dirigé l’Iran entre 2005 et 2013.

L'Iran dans les accords d'Abraham

Selon les résultats de l’enquête du grand quotidien américain, l’ancien président iranien serait au coeur d’un large projet des services de renseignement israéliens visant à en faire un collaborateur du Mossad, avant d’oeuvrer à la tête d’un Iran doté d’un nouveau système de pouvoir.

Écarté du pouvoir, marginalisé et étroitement surveillé par le régime, l’ancien président avait connu, au cours des dernières années, une étonnante transformation. Il avait revu son apparence, taillé sa barbe, adopté le costume occidental et appris l’anglais. Une transformation dans ses apparences doublée d’un nouveau discours vis-à-vis d’Israël, alors qu’il aurait été jusqu’à faire part de son intention de rejoindre les accords d’Abraham s’il revenait au pouvoir, selon un de ses proches collaborateurs, s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Rien dans l’enquête ne précise le moment exact auquel les services israéliens ont entrepris de recruter Mahmoud Ahmadinejad. Selon des responsables iraniens, un contact avec le Mossad a eu lieu lors d’un voyage que l’ancien président a effectué au Guatemala en 2023. Ce voyage avait été scruté de près par les autorités iraniennes, qui avaient d'abord refusé de lui délivrer une carte d’embarquement et de l’autoriser à quitter le territoire, avant que l’ancien président ne mène une campagne de pression médiatique. Il avait ensuite pu participer à une conférence consacrée à l’environnement, sur invitation du gouvernement guatémaltèque, qui entretient des relations diplomatiques plus étroites avec Israël que la plupart des États d’Amérique latine.

Rencontres avec le Mossad

Un tournant aurait été marqué dans l’opération en 2024, avec une visite d’Ahmadinejad à Budapest, au cours de laquelle il aurait rencontré celui qui était alors directeur du Mossad, David Barnea. Officiellement, l’ancien président iranien avait été invité en Hongrie, où Viktor Orban, un fervent soutien d’Israël, était encore Premier ministre, à une conférence consacrée au changement climatique. Cette invitation avait toutefois été demandée par Tel-Aviv directement au recteur de l’université où devait avoir lieu l’événement, comme couverture pour permettre la rencontre entre l’ancien président et le chef des services de renseignement. Par la suite, les renseignements israéliens auraient financé « tous les voyages » de l’ex-chef d’Etat « afin de faciliter ses rencontres secrètes avec des agents du Mossad », selon des responsables sécuritaires américains.

Alors que l’ancien responsable, interdit à trois reprises de se présenter à la présidentielle, était assigné à résidence par les autorités qu’il a accusées à de nombreuses occasions de corruption, une opération israélienne spectaculaire aurait visé, le 28 février dernier, au premier jour de l’offensive israélo-américaine sur l’Iran, à l’exfiltrer de la maison où il est retenu. Une frappe a visé le bâtiment où se trouvaient les gardes d’Ahmadinejad, des membres d’une unité des gardiens de la révolution, dans son complexe résidentiel de Téhéran. Peu après l’attaque, une Peugeot noire est arrivée sur les lieux et l’a conduit dans un endroit sécurisé. Selon le New York Times, citant des responsables américains et israéliens au courant de l’opération, le véhicule était conduit par des agents du Mossad.

Pendant la guerre, le « projet Ahmadinejad » a dépassé la seule exfiltration de l’ancien président. Il était également prévu par l’Etat hébreu et les Etats-Unis d’armer et entraîner des groupes kurdes iraniens et de factions rebelles issues des minorités ethniques du pays, afin qu’ils s’infiltrent dans le pays via l’ouest et avancent vers Téhéran, pour tenter de renverser le régime des mollahs.

Un projet qui n’a jamais abouti.

Réapparition aux funérailles de Khamenei

L’opération militaire des groupes kurdes n’a pas été menée, et Mahmoud Ahmadinejad, « contrarié » par l’intensité de l’opération du Mossad, et « désabusé » par le plan israélien, aurait quitté l’endroit où il avait été exfiltré dans des circonstances qui restent floues. Il n’est réapparu publiquement qu’avant les funérailles de l’ex-guide suprême Ali Khamenei à Téhéran, sous étroite surveillance, alors que quatre responsables de la sécurité en Iran ont affirmé au NYT qu’il restait détenu par les services de renseignement des gardiens.

Dans un communiqué publié peu après la publication de l’enquête, le mardi 14 juillet, le bureau de Mahmoud Ahmadinejad a catégoriquement démenti ces allégations. Il les a qualifiées de « scandaleuses » et les a présentées comme une tentative destinée à nuire à sa popularité. Il a également déclaré que l’enquête du quotidien américain cherche à « exploiter les tensions politiques suscitées par les menaces militaires » et constitue un nouvel exemple de « guerre psychologique » menée contre l’opinion publique iranienne.

L’ancien président de la République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses violentes diatribes contre Israël et ses déclarations passées appelant à la disparition de l’État hébreu, se trouverait au cœur d’une opération secrète israélienne qui vise à le ramener au pouvoir en Iran, selon une enquête du New York Times. Des informations qui ont rapidement été démenties par le bureau de presse de celui qui a dirigé l’Iran entre 2005 et 2013.L'Iran dans les accords d'AbrahamSelon les résultats de l’enquête du grand quotidien américain, l’ancien président iranien serait au coeur d’un large projet des services de renseignement israéliens visant à en faire un collaborateur du Mossad, avant d’oeuvrer à la tête d’un Iran doté d’un nouveau système de pouvoir.Écarté du...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut