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Moyen-Orient - Dans La Presse

L’Iran aurait traqué des téléphones américains au Moyen-Orient durant la guerre

Un rapport du Mobile Surveillance Monitor consulté d’abord par le « Financial Times » laisse entrevoir des failles sécuritaires mettant les soldats américains en danger.

L’Iran aurait traqué des téléphones américains au Moyen-Orient durant la guerre

Le président américain Donald Trump pose pour une selfie avec un soldat lors d'un dîner pour Thanksgiving au cours d'une visite surprise à la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, le 28 novembre 2019. Photo d'archives Olivier Douliery/AFP/Getty Images

Depuis des décennies, une guerre de l’ombre se joue entre l’Iran et ses adversaires à base de cyberattaques. Cette guerre s’est poursuivie pendant le conflit armé lancé par les frappes israélo-américaines contre la République islamique le 28 février dernier, et dont le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril est au bord de l’effondrement. Selon un rapport du Mobile Surveillance Monitor consulté par le Financial Times, puis par le New York Times, l’Iran aurait utilisé des réseaux de télécommunications locaux à travers le Moyen-Orient pour localiser des soldats et contractuels américains. Or des hôtels abritant des troupes américaines en Irak ou encore à Bahreïn ont été ciblés lors de la confrontation, bien qu’il reste incertain que les sources de renseignement utilisées par l’Iran au cours de ces frappes proviennent de ces opérations de piratage.

Les tentatives de traçage ont commencé dès février, avant même le début de l’offensive, et ont continué dans les premiers jours de la guerre, repérées comme des requêtes SS7 faites en masse sur les réseaux de communication locaux. Ces demandes exploitent une vulnérabilité inhérente aux infrastructures anciennes, permettant à toute personne avec un accès légitime au réseau d’obtenir une localisation approximative des téléphones utilisant celui-ci.

Les opérateurs iraniens ayant des accords avec les réseaux étrangers pour assurer l’itinérance de leurs usagers, sont ainsi considérés comme légitimes pour accéder à ces données. Le fait que ces requêtes aient été faites par vagues indiquerait cependant une campagne coordonnée, selon les experts. Derrière elle se cache l’ombre de Téhéran, alors qu’au moins quelques tentatives de piratage bloquées sont liées à un opérateur iranien. Le département américain de la Sécurité intérieure a même identifié le pays comme parmi les principaux à utiliser les requêtes SS7 pour cibler les abonnés américains, a affirmé au FT le sénateur démocrate Ron Wyden, de l’Oregon.

Des vulnérabilités connues

L’utilisation de l’itinérance par les soldats américains dans la région représenterait donc un danger pour leur sécurité. Mais des affiliés de l’Iran auraient également acheté des bases de données publicitaires pour tracer des téléphones au Kurdistan irakien. Si le Commandement central américain (CENTCOM) pour la région a affirmé devant le Congrès en avril avoir reçu « plusieurs rapports faisant état de menaces liées à l’exploitation par des adversaires de données de localisation commerciales afin de cibler ou de surveiller le personnel américain sur le théâtre d’opérations », il a déclaré avoir pris des mesures de protection sans précédent. Selon le Financial Times, un responsable américain a ajouté que « toute affirmation suggérant que le traçage des données aurait joué un rôle significatif dans les attaques... est en contradiction avec les faits ».

Reste que des logiciels existent dans le commerce pour faire de la publicité ciblée, sachant que les fabricants de smartphones attribuent des identifiants publicitaires à chaque appareil. Une autre vulnérabilité dénoncée par certains élus américains et bien connue de Washington, qui l’utilise à des fins de surveillance. Si aucun cas spécifique de ciblage iranien de troupes américaines ne peut être relié à ces moyens de traçage, ces informations pourraient relancer un débat au sein de la communauté sécuritaire aux États-Unis, alors que le ministère de la Défense avait déjà relevé en 2024 un échec à combler cette brèche dans les téléphones fournis par l’armée à son personnel.

Depuis des décennies, une guerre de l’ombre se joue entre l’Iran et ses adversaires à base de cyberattaques. Cette guerre s’est poursuivie pendant le conflit armé lancé par les frappes israélo-américaines contre la République islamique le 28 février dernier, et dont le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril est au bord de l’effondrement. Selon un rapport du Mobile Surveillance Monitor consulté par le Financial Times, puis par le New York Times, l’Iran aurait utilisé des réseaux de télécommunications locaux à travers le Moyen-Orient pour localiser des soldats et contractuels américains. Or des hôtels abritant des troupes américaines en Irak ou encore à Bahreïn ont été ciblés lors de la confrontation, bien qu’il reste incertain que les sources de renseignement utilisées par l’Iran au cours de ces...
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