Un pétrolier en cours de chargement à la raffinerie et au terminal pétrolier de Ras Tanura, appartenant à Saudi Aramco, en Arabie saoudite, le 21 mai 2018. Photo d'archives REUTERS/Ahmed Jadallah
Les rebelles houthis, qui contrôlent une partie du Yémen, ont menacé jeudi de prendre pour cible les installations pétrolières saoudiennes après l'attaque de l'aéroport de Sanaa par le gouvernement yéménite soutenu par Riyad. « Toutes les installations pétrolières saoudiennes (...) sont des cibles pour nos missiles et nos drones si (Riyad) s'implique dans une agression de grande ampleur contre notre pays et se lance dans une escalade », a averti le dirigeant du groupe pro-iranien Abdel Malek al-Houthi, lors d'une intervention télévisée.
Lundi, les houthis avaient tiré des missiles et des drones contre l'aéroport international d'Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite, en riposte à une attaque du gouvernement yéménite, appuyé par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, contre l'aéroport de la capitale Sanaa, aux mains des rebelles. Il s'agissait des premières attaques réciproques entre les deux camps après plusieurs années de trêve au Yémen.
Jeudi, Abdel Malek al-Houthi a aussi menacé de s'en prendre à l'aéroport de Riyad : « l'équation est aéroport pour aéroport, port pour port, blocus pour blocus », a-t-il dit. En tirant sur l'aéroport de Sanaa, le gouvernement cherchait à empêcher l'atterrissage d'un avion iranien transportant une délégation houthie de retour de Téhéran, où elle avait assisté la semaine dernière aux funérailles de l'ancien guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.
L'espace aérien yéménite reste contrôlé par la coalition, obligeant les compagnies aériennes à obtenir son autorisation préalable pour atterrir. Les houthis semblent toutefois avoir remis en cause cet arrangement en organisant des vols directs entre l'Iran et Sanaa, suscitant la colère des autorités et de leur allié saoudien. Mardi, les rebelles ont affirmé avoir abattu un drone de reconnaissance du royaume voisin.
Cette reprise des hostilités menace la trêve négociée par l'ONU en 2022, dans une guerre qui a fait depuis plus d'une décennie des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans l'une des pires crises humanitaires au monde.

