Des militants de gauche israéliens brandissent des pancartes à Tel-Aviv le 6 juillet 2026, lors d'un rassemblement réclamant la libération du docteur palestinien de Gaza Hussam Abu Safiya, détenu par les forces israéliennes depuis décembre 2024. Photo illustration Ilia YEFIMOVICH/AFP
Une cinquantaine de personnes, dont des médecins, syndicalistes et militants pro-palestiniens, se sont rassemblées jeudi à Paris, devant le ministère des Affaires étrangères, pour réclamer la libération d'un pédiatre gazaoui détenu par Israël, dont la vie est selon eux « menacée », a constaté une journaliste de l'AFP. « Libérez le Dr Abou Safiya », ont crié les participants, parmi lesquels l'urgentiste Patrick Pelloux et le député LFI Jérôme Legavre. Venus à l'appel du Syndicat national des médecins hospitaliers Force ouvrière (SNMH-FO) et du Syndicat national des pédiatres hospitaliers (SNPEH), certains portaient des keffiehs ou agitaient des drapeaux palestiniens. Le Dr Abou Safiya, « arrêté pour avoir refusé de quitter son hôpital » en pleine guerre, « c'est un symbole de la résistance du peuple palestinien », a commenté auprès de l'AFP l'anesthésiste-réanimateur Cyrille Venet, ancien secrétaire général du SNMH-FO.
Hussam Abu Safiya, médecin qui a dénoncé le siège de son hôpital par l'armée israélienne, est en détention depuis décembre 2024, accusé par Israël d'être un membre du Hamas, le mouvement responsable d'une attaque sans précédent contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Sa libération est réclamée par plusieurs institutions internationales, dont l'OMS et Amnesty International. « Il y a 10-15 jours, M. Safiya « a vu son avocat et lui a dit +je sens que je vais mourir », a repris M. Venet, en précisant que, toujours selon son avocat, « il est très affaibli ».
Les manifestants réclament, selon lui, « l'envoi d'une délégation médicale, tamponnée par le Quai d'orsay comme non-militante », pour vérifier « son état de santé » et éviter « que sa détention arbitraire se transforme en condamnation à mort ». Patrick Pelloux a émis le souhait de « faire du Dr Abou Safiya un Français, lui donner la nationalité ».
Le pédiatre de 52 ans s'est fait connaître en témoignant sur les réseaux sociaux du sort des malades, blessés et déplacés au sein de son hôpital. Il avait refusé d'évacuer son établissement situé à Beit Lahia, malgré les avertissements de l'armée israélienne. Le 27 décembre 2024, les forces israéliennes ont pris d'assaut l'hôpital, le qualifiant de « centre terroriste » du Hamas, arrêtant des dizaines de soignants.
Quatre experts indépendants mandatés par les Nations Unies ont récemment dénoncé la « détention arbitraire (...) sans inculpation ni procès » de M. Abou Safiya, « reflétant le ciblage systématique par Israël du personnel de santé palestinien. » Une commission d'enquête indépendante de l'ONU a aussi exprimé « sa profonde inquiétude face à des informations crédibles » selon lesquelles il serait « victime de mauvais traitements graves et répétés ». La semaine dernière, la mission diplomatique d'Israël à Genève a elle estimé que le médecin était « légalement détenu » et démenti que sa vie était menacée.


