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Nos lecteurs ont la parole

Violeurs et prédateurs poussent comme des champignons...

Mais que se passe-t-il donc ? Violeurs et prédateurs courent les rues, pullulent.

Mais pourquoi ? On est tenté de réitérer la question un million de fois.

Les hommes seraient-ils à ce point frustrés pour se jeter sur femmes, adolescentes et enfants tous azimuts ?

Et plus récemment sur des nourrissons ?

Il y a un siècle, la sexualité était un sujet, voire une activité taboue. Une flopée d’interdits pesait de tout son poids sur hommes et femmes. La religion et la société ont longtemps imposé un carcan moral très strict qui touchait aussi les hommes.

Les choses ont changé, ne serait-ce que depuis la révolution de Mai-68.

S’il n’y a pas de corrélation directe et prouvée statistiquement entre mai 68 et une augmentation des viols, toutefois, cette période de libération des mœurs a profondément modifié la perception des violences sexuelles. Elle est souvent perçue comme le début d’une ère d’émancipation… « Jouir sans entraves » était alors le leitmotiv de l’époque. Historiens et militants féministes soulignent que cette révolution a d’abord profité aux hommes, entraînant parfois une banalisation de comportements aujourd’hui qualifiés d’agressions ou de harcèlement.

De plus, à ce jour, d’autres tabous surgissant chez les hommes prennent place aux antipodes de la morale d’antan : vieillissement et andropause. La sexualité masculine déclinant avec l’âge est inacceptable, elle remettrait en cause la masculinité. Viril, performant et puissant, tel est le postulat qui s’impose à la gent masculine aujourd’hui.

Alors, tant qu’à faire, nos compagnons de route n’y sont pas allés de main morte.

Et les voilà qui usent de tous les moyens pour être à la hauteur, en recourant, entre autres, au harcèlement, aux attouchements et, enfin, au viol.

Mais encore, à l’heure actuelle, les hommes sensibles qui recherchent affection et romantisme peuvent craindre d’être perçus comme moins virils !

Mais quid des agressions à l’égard des enfants ?

Les spécialistes de l’enfance conviennent que la pédocriminalité ne répond pas à une pulsion incontrôlable, mais à un choix délibéré nourri par la désinhibition, l’absence d’empathie et une perversion du lien… L’adulte utilise le lien affectif ou d’autorité pour soumettre l’enfant à ses propres intérêts.

Un autre postulat est devenu vérité presque absolue : un agresseur aurait été lui-même agressé au cours de son enfance. Nous faisons face à un cercle plus que vicieux que nous aurions du mal à endiguer.

Nouvelles victimes : les nourrissons… Dans un quart des situations, les premiers viols ou agressions sexuelles commencent entre la naissance et l’âge de cinq ans. Selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes, 614 enfants de 0 à 2 ans ont été accueillis pour des faits de violences sexuelles en France en 2024. Ce n’est que la part visible d’une triste et abjecte réalité.

Oui, cela existe. Sans compter les quelque 160 000 mineurs victimes de violences sexuelles chaque année en France.

« Insoutenables » et « impensables », les violences sexuelles sur les nourrissons restent un phénomène tabou qui demeure largement sous les radars en France, en dépit des cris d’alerte de professionnels de terrain. La victime la plus jeune identifiée par l’Office mineurs avait seulement quelques semaines ! En août 2025, une infirmière et son ex-compagnon ont été mis en examen pour agressions sexuelles sur des nourrissons à l’hôpital de Montreuil. C’est à croire que les femmes s’y mettent à leur tour !

Un enfant âgé de 0 à 2 ans représente, pour les pédocriminels attirés par les nourrissons, la victime parfaite : il ne dénoncera pas les faits, ne s’en souviendra pas, ce n’est donc pas si grave !

Des préjugés qui ne tiennent pas la route

Les pulsions sexuelles masculines sont incontrôlables : les hommes auraient des besoins sexuels irrépressibles. C’est le stéréotype le plus partagé par les hommes et encore davantage par les femmes ! Cet argument permet aux hommes de justifier leurs comportements sexuels insistants, voire agressifs, sous couvert de besoins physiologiques vitaux, auxquels il faut absolument répondre. Il fait porter la responsabilité aux femmes qui se doivent d’éviter d’être attirantes pour ne pas attiser les désirs impérieux des hommes. D’autre part, il laisse entendre aux femmes qu’il est plus prudent de se soumettre que de risquer que l’homme ne perde le contrôle !

Or, les pulsions sexuelles masculines ne sont absolument pas incontrôlables. Le viol n’est pas le résultat d’une pulsion.

Les femmes disent non pour se faire désirer, ou pour ne pas passer pour des filles faciles… Un autre cliché très répandu. Résultat : certains hommes insistent, voire forcent, malgré un refus. Or le consentement est impératif à tout moment, même si certaines pratiques sexuelles ont déjà commencé. Un « non » n’est absolument pas négociable.

Le postulat du « devoir conjugal » ?

Il aura fallu attendre janvier 2026 pour que la loi française mette fin à cet héritage juridique très flou véhiculant l’idée que l’on devrait à l’autre des relations sexuelles dans le cadre du mariage. Qui l’eût cru ?

J’étais convaincue de l’obsolescence de ce « devoir » dont l’idée sous-jacente est que la femme appartient à l’homme et qu’elle doit être toujours disponible… Donc, ce mythe du « devoir conjugal » nie l’existence du viol conjugal.

Pourtant, il est reconnu comme un crime dans la grande majorité des pays d’Europe.

Le Parlement européen insiste pour qu’une définition commune du viol soit adoptée, basée explicitement sur l’absence de consentement libre, endéans ou hors du mariage.

De toute façon, la majorité des viols sont commis par des proches. Le viol conjugal, l’inceste ou encore le viol commis par un responsable hiérarchique au sein du travail sont répandus dans des proportions alarmantes.

Qu’en est-il sous nos cieux cléments ?

Malgré l’existence de la loi de 2014 sur la protection des femmes et de la famille, le viol conjugal n’est toujours pas explicitement pénalisé comme un viol en tant que tel dans le Code pénal. La législation refuse toujours de criminaliser l’acte sexuel non consenti imposé par un époux.

En 2017, le Parlement libanais a voté l’abolition de la tristement célèbre clause de l’article 522 du Code pénal, permettant autrefois à un violeur d’échapper aux poursuites judiciaires s’il épousait sa victime. Une réforme majeure arrachée grâce à d’intenses campagnes menées par des ONG locales comme Abaad.

Les agressions sexuelles restent massivement sous-déclarées au Liban. Les enquêtes de terrain révèlent que près de 97 % des victimes de harcèlement ou d’abus n’osent pas porter plainte.

D’autre part, le concept traditionnel de « l’honneur familial » continue de peser sur les victimes, qui font l’objet de pression familiale et de stigmatisation. La peur du rejet social, du blâme de la victime et des représailles au sein de la communauté découragent le recours aux autorités. Et comme en Occident, la majorité des viols signalés (dont l’inceste) sont perpétrés par des personnes connues de la victime. Cela rend la dénonciation encore plus difficile au sein du système patriarcal.

Les ONG se substituent aux défaillances étatiques pour offrir protection, écoute et hébergement d’urgence : Kafa propose une ligne d’assistance téléphonique 24h/24 (1745), des centres d’écoute juridique et psychologique et une application mobile Nafas, le tout de manière sécurisée et confidentielle. Abaad gère des refuges d’urgence pour les femmes et les filles ayant subi des violences et milite activement pour le durcissement des peines, notamment contre les viols incestueux.

Tous ces efforts louables et honorables ne constituent malheureusement qu’une goutte d’eau dans l’océan. N’empêche que c’est un énorme mérite que celui de ces associations qui prennent, autant que faire se peut, la place de l’État.

Que dire de l’Europe qui n’arrive pas à juguler ce fléau alors que les pays concernés ont tous les moyens à disposition ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Mais que se passe-t-il donc ? Violeurs et prédateurs courent les rues, pullulent. Mais pourquoi ? On est tenté de réitérer la question un million de fois.Les hommes seraient-ils à ce point frustrés pour se jeter sur femmes, adolescentes et enfants tous azimuts ?Et plus récemment sur des nourrissons ?Il y a un siècle, la sexualité était un sujet, voire une activité taboue. Une flopée d’interdits pesait de tout son poids sur hommes et femmes. La religion et la société ont longtemps imposé un carcan moral très strict qui touchait aussi les hommes.Les choses ont changé, ne serait-ce que depuis la révolution de Mai-68.S’il n’y a pas de corrélation directe et prouvée statistiquement entre mai 68 et une augmentation des viols, toutefois, cette période de libération des mœurs a profondément modifié la perception...
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