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Nos lecteurs ont la parole

L’inversion des valeurs

À lire la presse internationale, dans ses langues et ses sensibilités multiples, à écouter les grands médias qui façonnent les consciences autant qu’ils prétendent informer, une question me hante : le blanc est-il devenu noir et le noir blanc ?

Le monde aurait-il perdu jusqu’au sens élémentaire de la justice, au point que rendre un droit à son propriétaire soit désormais perçu comme une provocation, voire comme une faute ?

Vivons-nous une époque où le mal se pare des habits du bien, où l’hypocrisie se présente comme sincérité, où le mensonge s’érige en vérité, où l’ignorance se proclame sagesse et où l’escroc devient respectable ?

Comment en sommes-nous arrivés là ?

À quel moment le crime organisé a-t-il cessé d’être une honte pour devenir une méthode

admise ?

À quel moment tuer des enfants, ensevelir des familles sous les décombres, déraciner des peuples et détruire leurs maisons est-il devenu un acte que l’on justifie au nom de la sécurité, de la stratégie ou de l’ordre ?

À quel moment le mépris des décisions des tribunaux internationaux est-il devenu une banalité tolérée ?

Plus grave encore : quand la destruction des cultures, l’effacement des mémoires collectives et le recul de la civilisation vers une forme de barbarie sont-ils devenus des spectacles que l’on commente avec froideur, parfois même avec approbation ?

Nous regardons. Nous entendons. Les larmes coulent sur les joues, le sang abreuve la terre, les cris montent vers le ciel. Et pourtant, la réponse du monde est trop souvent le silence.

Or le silence face à l’injustice n’est jamais neutre. Celui qui possède encore une part d’humanité et choisit de se taire devient, qu’il le veuille ou non, complice de ce qui advient.

Dès lors, une autre question s’impose : les peuples libres, s’ils le voulaient vraiment, ne

pourraient-ils pas imposer un arrêt à ces massacres ?

La conscience universelle est-elle devenue impuissante, ou simplement fatiguée ? Où allons-nous ?

Quel monde préparons-nous aux générations futures ? Leur

laisserons-nous un héritage de dignité, ou un champ de ruines morales ?

On enseigne aux croyants de s’en remettre à Dieu. C’est une force. Mais cela suffit-il ? Nos anciens disaient : « Attache ton chameau, puis remets-toi à Dieu. »

La foi n’abolit ni la raison ni le devoir d’agir. Malgré l’obscurité qui semble s’épaissir, je demeure de ceux qui espèrent. Car les nuages les plus sombres portent aussi la promesse de leur dissipation.

Les tempêtes, même les plus violentes, finissent toujours par céder au retour du ciel clair. Et peut-être qu’au cœur même de ce chaos, se prépare déjà la possibilité d’un renouveau.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

À lire la presse internationale, dans ses langues et ses sensibilités multiples, à écouter les grands médias qui façonnent les consciences autant qu’ils prétendent informer, une question me hante : le blanc est-il devenu noir et le noir blanc ?Le monde aurait-il perdu jusqu’au sens élémentaire de la justice, au point que rendre un droit à son propriétaire soit désormais perçu comme une provocation, voire comme une faute ?Vivons-nous une époque où le mal se pare des habits du bien, où l’hypocrisie se présente comme sincérité, où le mensonge s’érige en vérité, où l’ignorance se proclame sagesse et où l’escroc devient respectable ?Comment en sommes-nous arrivés là ?À quel moment le crime organisé a-t-il cessé d’être une honte pour devenir une méthode admise ?À quel moment tuer des enfants,...
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