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Incertitude ouatée


Chaque épisode guerrier ramène dans sa besace son bouquet de fanfaronnades typiques de ces chefs d’État qui pensent qu’en fronçant les sourcils et en tirant la gueule en permanence, ils pourront longtemps impressionner la piétaille. Au-delà du drame des victimes et des dégâts dans les biens, ce sont leurs hâbleries qui marquent les pauvres d’esprit et font de la bêtise un éternel recommencement.

Tout compte fait, les gesticulations quotidiennes du Trumpinambour vont bien nous manquer, maintenant qu’il a largement atteint le crépuscule du sexe en fêtant ses 80 balais et signé avec les Gardiens hirsutes son torchon-cadre bâclé. Une coquille vide où ne figure aucun des objectifs initiaux de cette guerre débile. Mais ça sera quand même les vacances dans les chaumières, où il s’invitait tous les soirs aux infos télé. On l’écoutait cinq minutes, on avait l’impression d’avoir perdu une journée entière. Le pire pendant qu’il déblatérait, ce n’était pas quand les journalistes à la Maison-Blanche regardaient leur montre, mais quand ils se mettaient à la secouer pour s’assurer qu’elle ne s’était pas arrêtée.

Comme tout chef de guerre qui se respecte, il leur servait bien sûr ses rodomontades habituelles : sa formidable armada de première puissance mondiale, les Iraniens qui se sont étalés après avoir été déculottés de leur aviation, de leur marine et de quelques lanceurs de missiles. Bref, le niveau zéro de la communication, le néant, le rien total. Il se gardait bien de dire évidemment que la dernière victoire américaine remonte à une trentaine d’années au Koweït, bien calée entre les dérouillées subies au Vietnam et en Afghanistan ; et surtout qu’une puissance mondiale qui a systématiquement la trouille de se battre au sol devient une impuissance de sous-préfecture.

Ne reste plus maintenant qu’à connaître la suite de son crêpage de touffe avec le Benjamin Nataniais, qu’il traîne au bout de sa laisse depuis le début du conflit. Cette pantalonnade vient en tout cas confirmer le parcours raté de ces demi-dieux politiques flamboyants, qui ont commencé droits dans leurs bottes et ont fini maladroits dans leurs pantoufles.

Rien ne change non plus du côté des disjonctés de l’islam à Téhéran, dont la sourate se dilate à vue d’œil depuis qu’ils chantent victoire entre les grottes et les dunes d’un pays transformé en ragoût lunaire. Si le Trumpette est notoirement imprévisible, ceux-là en revanche se dévoilent comme dans un livre ouvert : ils gagnent les guerres non pas en raison de victoires engrangées sur le terrain, mais parce que leurs ennemis sont incapables de les anéantir. Une nuance à déguster finement. En somme, ils se sont pris une rouste mémorable au début du conflit, leurs routes ont été défoncées, leurs ponts pulvérisés, leurs structures militaires transformées en patinoire, les Américains et les Hébreux ont enfoncé leur espace aérien sur des dizaines de milliers de kilomètres... Mais ils ont quand même gagné parce que les sous-fifres qui les chapeautent respirent encore. Ceux-là mêmes qui ont succédé aux subalternes, qui ont succédé aux subordonnés, qui ont succédé aux chefs canal historique, tous évaporés.

Bien entendu, personne n’envisage de mettre un bémol à l’excitation collective entourant cette aventure guignolesque, ce qui laisse prévoir une période d’incertitude ouatée pour les 60 jours qui suivront la cérémonie de signature. Être incertain, c’est dégueulasse ! Mais il y a pire : c’est quand on est certain d’être incertain…

gabynasr@lorientlejour.com

Chaque épisode guerrier ramène dans sa besace son bouquet de fanfaronnades typiques de ces chefs d’État qui pensent qu’en fronçant les sourcils et en tirant la gueule en permanence, ils pourront longtemps impressionner la piétaille. Au-delà du drame des victimes et des dégâts dans les biens, ce sont leurs hâbleries qui marquent les pauvres d’esprit et font de la bêtise un éternel recommencement.Tout compte fait, les gesticulations quotidiennes du Trumpinambour vont bien nous manquer, maintenant qu’il a largement atteint le crépuscule du sexe en fêtant ses 80 balais et signé avec les Gardiens hirsutes son torchon-cadre bâclé. Une coquille vide où ne figure aucun des objectifs initiaux de cette guerre débile. Mais ça sera quand même les vacances dans les chaumières, où il s’invitait tous les soirs aux infos...
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