Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah s'adressant à la presse à Bint Jbeil, au Liban-Sud, le 27 novembre 2024, après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Photo Anwar Amro/AFP
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a déclaré lundi qu’« un cessez-le-feu total constituerait le prélude au retrait des troupes israéliennes de l’ensemble du territoire libanais », rapporte Reuters. Il a ajouté : « Nous soutenons un cessez-le-feu total sur l’ensemble du territoire libanais. » Plus tôt, une source proche du parti chiite avait affirmé à l'AFP que Hezbollah ne cessera pas de bombarder le nord d'Israël.
Entre temps, le président américain Donald Trump a discuté avec le Premier ministre israélien et a assuré qu'Israël ainsi que le Hezbollah lui avaient promis l'apaisement au Liban et affirmé par ailleurs que les négociations continuaient bel et bien avec Téhéran. Le président américain a écrit sur son réseau Truth Social que Benjamin Netanyahu s'était engagé, lors d'un entretien téléphonique « très productif », à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, alors qu'Israël a menacé d'attaquer la banlieue sud de la capitale libanaise. « Il n'y aura pas de troupes à Beyrouth et toutes les troupes qui étaient en route pour Beyrouth ont déjà fait demi-tour », a-t-il affirmé. Donald Trump a aussi annoncé avoir eu un « très bon » échange avec le Hezbollah via des intermédiaires, en ajoutant que la formation pro-iranienne allait « cesser totalement le feu ». « Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël », a écrit le président américain.
Dimanche, un responsable américain avait indiqué que les Etats-Unis avaient proposé un plan aux termes duquel « le Hezbollah devait mettre fin à toutes ses attaques contre Israël. En contrepartie, Israël s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth ». « Le Hezbollah ne s'engagera pas à cesser de bombarder le nord » d'Israël, a affirmé cette source qui a requis l'anonymat. « Pourquoi cesser ces frappes qui font mal à Israël alors qu'il bombarde le Liban ? ».
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, avait lui déclaré dimanche à l’administration Trump que le Hezbollah est prêt à un cessez-le-feu total et immédiat avec Israël et s’est engagé à en garantir la mise en œuvre, selon Ali Hamdan, principal conseiller de Berry, cité par le média américain Axios. Cependant, selon une source informée, des responsables américains auraient indiqué à M. Berry qu’ils ne pensent pas que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu accepterait cette option. « La proposition que nous avons reçue était : pas d’attaques du Hezbollah contre le nord d’Israël et, en retour, Israël ne bombarde pas Beyrouth, puis le cessez-le-feu s’étend progressivement à d’autres zones », a expliqué M. Hamdan. « La réponse de M. Berry a été : pourquoi un cessez-le-feu partiel ? Faisons un cessez-le-feu total. » Un responsable israélien a confirmé que le Hezbollah avait exprimé sa disponibilité pour un cessez-le-feu complet sans exiger un retrait immédiat israélien.
Les États-Unis ont exhorté Israël pendant plusieurs semaines à ne pas frapper Beyrouth dans le cadre d’une désescalade plus large, mais un responsable américain a laissé entendre dimanche que cette position pourrait évoluer. « Les États-Unis ne s’attendent pas à ce qu’Israël absorbe des attaques continues contre ses civils menées par une organisation terroriste », a-t-il déclaré à Axios.
Lundi, Benjamin Netanyahu a publié un communiqué conjoint avec son ministre de la Défense Israël Katz menaçant de bombarder des cibles du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth « à la suite de violations répétées du cessez-le-feu ». L’armée israélienne a ensuite appelé les habitants de la banlieue sud de Beyrouth à évacuer pour leur sécurité. « Si le Hezbollah continue de tirer sur nos villes et nos communautés, l’armée israélienne répondra en frappant des cibles terroristes dans la banlieue sud de Beyrouth », a indiqué l’armée.

