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Dernières Infos - guerre au liban 2026

Israël continue de ravager le Liban-Sud et menace également la banlieue sud de Beyrouth

Le Hezbollah a revendiqué une attaque contre Tibériade à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière, dans le nord d'Israël.

Israël continue de ravager le Liban-Sud et menace également la banlieue sud de Beyrouth

Les habitants de la banlieue sud fuient en masse après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné des frappes dans cette région de la capitale, le 1er juin 2026. Photo Mohamed Azakir / Reuters

Au lendemain de l’ordre donné aux habitants du Liban-Sud de fuir les zones situées au sud du fleuve Zahrani, à 40 km de la frontière avec le nord d’Israël, l’armée israélienne a multiplié les menaces et les bombardements contre de nombreuses localités de cette partie du Liban qu’elle occupe déjà en partie depuis la reprise de la guerre contre le Hezbollah, le 2 mars.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Israël Katz, ont de leur côté annoncé dans un communiqué conjoint avoir « ordonné à l’armée israélienne de frapper » ce qu’ils ont qualifié de « cibles terroristes du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth » ». S’en est suivi un ordre d’évacuation émis par l’armée israélienne à l’adresse des habitants de la banlieue sud de Beyrouth. « Si le Hezbollah continue de tirer des projectiles de missiles vers les villes et villages d’Israël, l’armée israélienne répondra en ciblant des objectifs dans la banlieue sud », a-t-elle indiqué. Une source proche du Hezbollah a toutefois indiqué à l'AFP que le parti chiite ne cessera pas de bombarder le nord d'Israël.

Cette décision israélienne de reprendre les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth se profilait déjà depuis le week-end et la prise du château de Beaufort par l’armée israélienne au Liban-Sud, alors que les négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv pour aboutir à une réelle cessation des hostilités se sont poursuivies vendredi dernier à Washington, sans réelle avancée. La guerre qui a repris le 2 mars entre Israël et le Hezbollah a déjà fait plus de 3 400 morts, tandis que les dégâts se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, selon une estimation partielle établie par le ministère des Finances le 21 mai. Dans une déclaration publiée lundi matin, le président Joseph Aoun a déclaré que le Liban fait face à une agression israélienne « féroce » et « condamnable. »

Liste de cibles

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est entretenu avec Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à propos des négociations en cours, a indiqué dimanche soir un responsable américain, affirmant que c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier. Israël Katz, a lui assuré dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux qu'il n'y aurait « pas de calme » à Beyrouth sans arrêt des attaques du Hezbollah, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban. Le principal négociateur iranien et président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf a accusé Israël de commettre des « crimes de guerre » au Liban.

Selon une source militaire citée par le quotidien israélien Maariv, l’armée israélienne a préparé une liste de cibles et attend le feu vert final avant de lancer les bombardements. Les cibles potentielles sont réparties en trois catégories principales : les hauts responsables du Hezbollah — dont son secrétaire général, Naïm Kassem —, les infrastructures de commandement et de contrôle, ainsi que les dépôts d’armes. Les menaces israéliennes ont provoqué un nouvel exode des habitants de la banlieue sud, tandis que l’armée libanaise s’est déployée aux abords de la zone pour canaliser la circulation. Les écoles ont fermé et l’Université libanaise a dit reporter les examens prévus sur ses campus de Hadath et Saïda.

Pendant ce temps, les habitants du Liban-Sud n’ont connu aucun répit. Trois ordres d’évacuation concernant 16 villages ont été lancés par l’armée israélienne du matin jusqu’au milieu de l’après-midi. Le premier englobait sept villages du caza de Saïda, à savoir Aaqbiyé, Zrariyé, Marwaniyé, Snaybir, Najjariyé, Addoussiyé (bombardée à quatre reprises en quelques minutes) et Kherbet Bassal ; le deuxième visait deux villages du caza de Jezzine, Mleikh et Kfar Houna ; enfin, le troisième concernait cinq localités du caza de Nabatiyé — Houmine al-Fawqa, Arab Salim, Roumine, Aazzé et Jebaa — ainsi que deux localités du caza de Saïda, Bnaafoul et Arké.

Les bombardements ne se sont pas limités à ces villages. Un bâtiment a été visé par l’aviation israélienne à Harouf, dans le caza de Nabatiyé. Sarafand (Tyr), Yater et Kafra (Bint Jbeil), ainsi que Touline (Marjeyoun), ont également été touchés par des frappes menées par drones, par l’artillerie ou par l’aviation de l'armée israélienne.

Frappe près d'un hôpital à Tyr

Le bilan humain s'est encore alourdi, avec au moins quatre morts à Kfar, un à Arabsalim, deux autres à Nabatiyé el-Faouqa et deux de plus à Choukine ; tous dans le caza de Nabatiyé, la nuit dernière et lundi après-midi. En début de soirée lundi, l’armée israélienne a mené une frappe contre un immeuble à Tyr, à proximité de l’hôpital Jabal Amel, qui a subi d’importants dégâts. Un bilan non définitif, rapporté par notre correspondant au Liban-Sud, fait état de 6 morts et 23 blessés.

Selon le décompte de notre correspondant Mountasser Abdallah, l’aviation israélienne a mené 89 frappes aériennes visant 42 localités du Liban-Sud, tandis que des drones ont visé 18 cibles réparties dans 14 localités, auxquelles s’ajoutent des bombardements intensifs touchant 18 localités et la destruction de plusieurs habitations dans trois autres localités.

L’armée israélienne a également annoncé la mort d’un autre soldat au Liban-Sud, le 26e depuis la reprise de la guerre, lui aussi tué par un drone explosif du Hezbollah. Elle aussi indiqué avoir mené une frappe dans la région de Nabatiyé, au cours de laquelle elle affirme avoir éliminé Mohammad Mousa Mteirek, présenté comme un commandant d’une unité du Hezbollah. Selon le communiqué, Mteirek aurait été chargé de la planification et de l’exécution de « centaines de tirs de roquettes et de drones visant des civils israéliens ainsi que des soldats opérant » dans la région du château de Beaufort, au Liban-Sud.

Le parti-milice a de son côté revendiqué de nouvelles attaques lundi, après en avoir mené 21 la veille contre des rassemblements et des positions militaires situés dans les territoires libanais occupés ainsi qu’à l’intérieur d’Israël — dont l’interception d’un drone Hermes 450 à l’aide d’un missile. Le Hezbollah a notamment indiqué, dans un communiqué, être en train de continuer à combattre l’armée israélienne sur le site de la forteresse de Beaufort au Liban-Sud, dont l’État hébreu revendique la prise depuis le week-end. Le groupe chiite a aussi déclaré avoir visé dans la nuit de dimanche à lundi des infrastructures appartenant à l’armée israélienne à Tibériade, dans le nord d’Israël, à l’aide d’une salve de roquettes au milieu de la nuit.

Enfin, les restes d’un missile qui a explosé dans le ciel de Rachaya hier soir ont été retrouvés dans la zone de Samah, à proximité des habitations, rapporte notre correspondante à la Békaa, Sarah Abdallah.

Au lendemain de l’ordre donné aux habitants du Liban-Sud de fuir les zones situées au sud du fleuve Zahrani, à 40 km de la frontière avec le nord d’Israël, l’armée israélienne a multiplié les menaces et les bombardements contre de nombreuses localités de cette partie du Liban qu’elle occupe déjà en partie depuis la reprise de la guerre contre le Hezbollah, le 2 mars. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Israël Katz, ont de leur côté annoncé dans un communiqué conjoint avoir « ordonné à l’armée israélienne de frapper » ce qu’ils ont qualifié de « cibles terroristes du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth » ». S’en est suivi un ordre d’évacuation émis par l’armée israélienne à l’adresse des habitants de la banlieue sud de Beyrouth. « Si le Hezbollah...